MEGA COLOSSUS
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Heavy Metal / Power Metal

Riptime
Fabien
Journaliste

MEGA COLOSSUS

«C'est sans doute l'un des atouts de ce ''Riptime'' que d'offrir une musique à la fois familière mais aussi truffée de détours et de gimmicks jubilatoires.»

7 titres
Heavy Metal / Power Metal
Durée: 40 mn
Sortie le 21/12/2021
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Le metal aujourd'hui se veut souvent moderne, il se désire toujours plus ou moins post-quelque chose, brutal-machincore ou grind-vikingyouplaboum, les genres se font sous-genres pour un rimmel de travers ou un délire expérimental inspiré des œuvres complètes de Charles Trenet. Au milieu de ce tourbillon d'innovations, toujours intrigantes, souvent intéressantes et parfois risibles, il est cependant des groupes qui se sentent assez peu concernés par cette inflation de subdivisions à l'infini et qui tracent leur sillon oldschool comme d'autres cultivent leur jardin.

Inconnu dans nos contrées, Mega Colossus fait pourtant partie de ces Mohicans irréductibles dont l'unique credo est d'affirmer sa foi en un heavy metal testostéroné à tendance NWOBHM. Ces adeptes de l'alternative picking n'en sont pas à leur coup d'essai et proposent mine de rien leur sixième album.

Dès lors, sans faire dans la sophistication superflue et sans chercher à dépoussiérer quoi que ce soit, ce ''Riptime'' devrait pouvoir séduire les nuques musculeuses en manque de headbanging. Le titre d'ouverture 'Razor City' donne le ton et synthétise une partie du savoir-faire du combo, ça hurle, ça cavalcade et ça fleure bon le plaisir d'être ensemble à faire un boucan de tous les diables. Les cinq lascars de Raleigh ont en effet oublié d'être manchots et servent une plâtrée métallique aux ingrédients certes répertoriés de longue date mais toujours efficaces lorsqu'ils sont utilisés correctement. On se sent chez soi entouré de gens fréquentables qui partagent la même passion de la musique qui va vite et qui fait du bruit.

Le fantôme des illustres précurseurs, plus ou moins vivaces, demeure évidemment omniprésents. Qu'il s'agisse de Judas Priest ou de la Vierge de Fer, les influences sont classieuses et les cinq bonhommes maîtrisent le hurlement et le galop avec une aisance presque naturelle. Classique, le style de Mega Colossus n'est pas pour autant simpliste, loin s'en faut. L'habileté technique des guitaristes leur permet d'offrir quelques instants de bravoure plutôt jouissifs. Dès lors 'Tinner Tanker' et ses enchevêtrements mélodiques ou encore 'Run to the Fight' avec son riff à la maiden et son break tout droit sorti de ''Master of Puppets'' séduisent immédiatement et sont autant de madeleines de Proust. C'est sans doute l'un des atouts de ce ''Riptime'' que d'offrir une musique à la fois familière mais aussi truffée de détours et de gimmicks jubilatoires.

A noter que les amateurs de soli frénétiques, et ils sont légions dans notre tribu chevelue, n'auront que l'embarras du choix ('Midnight Zone' devrait faire l'affaire). Les deux bretteurs s'en donnent en effet à cœur joie et multiplient les joutes mélodiques avec un égal bonheur. Difficile d'ailleurs d'isoler un morceau en particulier puisque chacun d'entre eux possède sa descente de manche en fusion et l'on se surprend finalement à se dire que toute cette débauche oldschool et décomplexée fait vraiment un bien fou. Comme le disait Hugo, 'l'avenir est une porte, le passé en est la clé'. Mega Colossus est, toutes proportions gardées, l'une des modestes clés de ce trousseau et peut sembler en mesure de ravir à la fois les anciens et les modernes.

A l'évidence, on ne peut que conseiller cette galette à tous ceux qui se souviennent encore de leurs premiers émois métalliques. De la mélodie si possible bruyante, de la dextérité si possible jalousée, des cris hystériques honnis par les parents ou encore des poses d'adolescents attardés, nous y sommes et ça fait du bien.