Retribution Therapy
Enora
Journaliste

NINE SHRINES

«« Retribution », un bon album de Metalcore mais il serait bon que Nine Shrines se détache davantage de ses influences qui ont, pour le moment, plutôt tendance à l'étouffer qu'à le porter »

12 titres
Metal
Durée: 39 mn
Sortie le 26/04/2019
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Le nom Nine Shrines n'est peut être pas très familier, mais les musiciens formant le groupe, né en 2014 à Cleveland, ne vous sont probablement pas totalement inconnus puisqu'on retrouve Chris Parketny de Stranger To Wolves au chant, Evan McKeever et Andrew Baylis, respectivement de Downplay et Life On Repeat, aux guitares, Devon Voisine, également de Life On Repeat, à la basse, et Andrew Wetzel à la batterie.

C'est ‘Nimrod' qui ouvre le bal avec une excellente énergie et une ligne mélodique simple mais efficace ! La voix est sensuelle mais puissante, bien que le timbre de Chris Parketny ne soit pas particulièrement unique. Dans l'ensemble, le groupe propose une bonne entrée en matière qui ne manquera pas de vous faire agiter la tête. Le titre éponyme arrive sans plus tarder, avec des guitares tantôt frénétiques, tantôt dans une retenue lancinante. Les musiciens mobilisent ici des références plutôt classiques et très Groove Metal qui séduiront les amateurs du genre. Malgré la puissance de ‘Chain Reaction', on a l'impression d'avoir déjà entendu ce genre de chanson un bon nombre de fois, en particulier si on suit un peu la scène américaine. Et c'est probablement le plus gros défaut du groupe à ce stade : c'est très bien fait, mais c'est du déjà-vu, à quelques exceptions près. Néanmoins, les breaks sont au rendez-vous et on se laisserait porter avec grand plaisir en live ; on se montre seulement un peu plus exigeants sur album ; et ‘Ringworm' met en lumière une agressivité brute mais toujours mélodique très prometteuse !

‘Happy Happy' ramène cette impression de déjà-vu dont on avait déjà parlé après avoir écouté ‘Chain Reaction', mais l'énergie et l'engagement de Nine Shrines dans sa performance ne faiblit pas. Les guitares d'Andrew Baylis et d'Evan McKreever trouvent un équilibre et habillent avec délicatesse et nuance les morceaux. Un peu plus old school et avec des accents Horror, ‘Dead' s'inscrit plutôt dans un cheminement créatif sur lequel le groupe prend son indépendance et affirme une identité propre qu'on attend de découvrir plus en détails. Un peu de douceur ne fait pas de mal, et c'est ce que prouve la très belle et évanescente ‘Hymn', qui ne dure malheureusement qu'une minute. Etrangement menaçant, ‘Conjure' repose sur un contraste entre voix claire et désincarnée et ligne mélodique électronique et hypnotique. ‘Pretty Little Psycho' a un petit côté teenager sans être trop édulcoré, et ça marche plutôt bien sans être grandiose.

Pour notre plus grand bonheur, les musiciens de Nine Shrines nous offrent ensuite un titre plus à vif et personnel, dans la tradition du Metalcore conscient qui ne cesse de gagner en popularité depuis quelques années, avec la merveilleuse ‘Ghost'. On a enfin l'impression de saisir ce qui fait leur unicité, et cela fait du bien ! Arrive ensuite ‘Sick Like Me', qui n'a rien à voir et ne pourrait égaler le morceau du même nom du groupe In This Moment. On reste dans une atmosphère assez cohérente avec ce qui a été proposé auparavant, et le duo rythmique formé d'Andrew Wetzel à la batterie et Devon Voisine à la basse confère une assise groovy et impeccable bien que manquant parfois d'audace à l'album. Quel dommage que le groupe ait choisi de conclure sur 'Counterfeit' qui rappelle très franchement la production musicale d'un autre groupe qu'on ne nommera même pas tant la ressemblance est évidente…

« Retribution » est objectivement un bon album de Metalcore, qui respecte et honore les codes du genre dans sa tendance actuelle ; cependant, il serait bon que Nine Shrines se détache davantage de ses influences qui ont, pour le moment, plutôt tendance à l'étouffer qu'à le porter ! On gardera un oeil sur les évolutions futures de la formation car les bases semblent bonnes mais il faut que le groupe continue de grandir pour développer une identité plus forte.