IBARAKI
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Progressive Black/Death Metal

Rashomon
Julien Hamann
Journaliste

IBARAKI

«''Rashomon'' est une oeuvre remarquable de beauté !»

10 titres
Progressive Black/Death Metal
Durée: 61 mn
Sortie le 06/05/2022
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Lorsque Matt Heafy (Trivium) a annoncé qu'il allait lancer un groupe de Black Metal, j'avoue avoir été quelque peu septique, même si j'apprécie beaucoup son groupe, notamment les albums ''Ascendancy'' (2005) et le dernier en date ''In the Court of the Dragon''. En revanche, lorsque j'ai appris qu'Ihsahn (Emperor) allait contribuer au projet, je me suis dit que cela pouvait donner quelque chose d’extrêmement plaisant. En effet, Ihsahn fait partie des génies aux multiples groupes tel Devin Townsend ou Mike Patton et tout ce qu'il touche devient grandiose. Le projet aura mis dix ans à voir le jour, mais il est enfin là, pour notre plus grand plaisir.

C'est donc avec un certain enthousiasme, que j'ai visionné les extraits proposés par Ibaraku sur You Tube ces derniers mois. Le premier, 'Tamashii No Houkai', nous plonge d'entrée dans des sonorités black raffinées, de par des orchestrations soignées et un growl maîtrisé, puis Matt nous gratifie d'un sublime refrain en voix claire qui vient contraster l'ensemble. Tout cela était carrément prometteur. Puis nous avons eu droit à un deuxième clip, 'Akumu' (qui signifie cauchemar en Japonais), avec un guest prestigieux en la personne de Nergal (Behemoth). On peut se délecter de sa performance vocale qui colle parfaitement au morceau. Enfin sur 'Ronin', morceau épique de neuf minutes, Ibaraki nous expose toute sa créativité et le chanteur de Trivium nous émerveille une nouvelle fois avec son chant clair. Gerard Way (My Chemical Romance) propose lui un growl solide qui a du en surprendre plus d'un !

Place aux autres titres de l'album à présent. Dès les premières notes de 'Kagutsuchi', on sent la patte du maître Ihsahn et la belle voix claire de Matt apporte indéniablement une forme de fraîcheur, qui fait tout l'intérêt du projet. On peut ressentir la noirceur du black metal et l'énergie du metalcore pour un rendu saisissant. Ajoutez à cela un zeste de prog sur le break et vous obtenez une chanson inspirée. Après Nergal et Gerard Way, c'est Ihsahn lui même qui s'invite sur l'opus. Sur 'Susanoo No Mikoto' on se croirait presque sur une de ses œuvres solo, mais la douce voix du chanteur de Trivium vient nous confirmer que c'est bien Ibaraki que l'on écoute.

On notera de superbes orchestrations tout au long de ce délicieux opus, en particulier sur 'Ibaraki-Doji', enveloppé d'une partie prog qui aère divinement la composition. Du grand art vraiment. Un des moments fort de l'album. Le petit côté progressif du projet est également mis en avant sur 'Jigoku Dayu', avec son intro acoustique du plus bel effet, avant une explosion merveilleuse soutenue par un growl intense. Le titre 'Komorebi' s'avère lui carrément envoûtant, porté de manière brillante par un riff enivrant, puis on se laisse dériver par un passage acoustique divin qui est habilement soutenu par des orchestrations somptueuses.

''Rashomon'' est une oeuvre remarquable de beauté. L'apport d'Ihshan se ressent sur chaque chanson, toutes très réussies. Alors certes, ce n'est peut-être pas un album facile d'accès mais les fans du leader d'Emperor sauront l'apprécier à sa juste valeur et cela peut être une excellente initiation à l'univers du black metal que j'apprécie tant. Clairement, un des tous meilleurs albums de cette année 2022 !