Raised On Radio
Fred H
Journaliste

RONNIE ROMERO

«Sincère et bien exécuté, « Raised In Radio » est un album de reprises globalement réussi.»

11 titres
Metal
Durée: 49 min 05 mn
Sortie le 15/04/2022
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Ces dernières années, Ronnie Romero s’est imposé comme un vocaliste intournable pour la scène metal. Le garçon s’est d’abord illustré auprès de pointures du manche telles que Ritchie Blackmore (pour Rainbow), Leo Leoni (pour CoreLeoni), Adrian Vandenberg, ou encore Michael Schenker (pour son Fest). Depuis quelques temps, le vocaliste évolue avec Tony Hernando (pour Lords Of Black) et Magnus Karlsson (pour The Ferrymen). Il y a un an, il prenait la place de Joe Lynn Turner au sein de Sunstorm alors que ledit combo avait été pourtant bâti sur mesure pour l’ex-Rainbow/Deep Purple. Jamais à court de projets, d’ici quelques semaines, avec son supergroupe Intelligent Music Project, le natif de Santiago du Chili représentera la Bulgarie au Concours Eurovision 2022.

Malgré cet agenda de ministre, le chilien - qui a toujours déclarer - à qui voulait l’entendre - qu’il serait « vraiment difficile » pour lui de ne faire partie que d'un seul groupe - se lance présentement sous son propre blase. Pour ce premier effort, Ronnie a opté pour le skeud de reprises. Baptisé « Raised On Radio », cet opus présente des covers de morceaux du Rock/Hard qui ont « signifiés quelque chose de spécial » pour lui et qui ont contribué à forger son style musical.

Aux côtés de Romero, on trouve Srdjan Brankovic (The Big Deal, Alogia) à la guitare, Javi Garcia (Nova Era) à la basse, Andy C (ex-Lords of Black) à la batterie et le quasi incontournable « homme maison Frontiers » Alessandro Del Vecchio (Edge Of Forever, Jorn, Hardline, Sunstorm, Mr. Big, Revolution Saints, etc.) aux claviers, à la production, aux mixage et mastering.

On ne revient pas sur les LARGES possibilités vocales de notre tout juste quadra (il a eu 40 balais fin novembre dernier), elles sont notoires. Que ce soit du Heavy Metal progressif et/ou mélodique, du Rock, du Hard Rock plus « classique », ou bien de l’AOR, le gars Ronald est toujours aussi impressionnant.
Parmi les onze titres sélectionnés, il y a plusieurs « classiques » déjà maintes fois revisités ('All Along The Watchtower' de Bob Dylan, 'Since I've Been Loving You' de Led Zeppelin, ou encore ('Play The Game Tonight' de Kansas). L’équipe évite l’écueil des « simples copies à la note près » et donc les comparaisons. L’incontournable de Led Zep’ se voit impeccablement traitée de façon plus lourde et très blues. Bien que revu 1000 fois, le hit de Dylan - électrisé par Jimi Hendrix - nous embarque avec bonheur.

On ressent « l'amour » du chanteur pour les chansons et les artistes choisies. D’ailleurs, avec des tessitures compatibles, cela aurait presque inconcevable (voire décevant) de ne pas trouver ici du Freddie Mercury ou du Ronnie James Dio. Rassurez-vous, les deux icônes sont bien là, ou presque. L’adorable gnome - qui popularisa le geste des « cornes » - est honoré dans une transposition vibrante et respectueuse ('Carolina County Ball'). Celui qui aimait chanter sans pied de micro se voit lui aussi merveilleusement célébrer ('I Was Born To Love You' d’abord interprétée par Freddie pour son 1er album solo « Mr. Bad Guy » en 1985 puis réenregistrée avec les trois membres survivants de Queen après le décès du frontman en 1995).

Plus surprenant (et tant mieux), Romero et compagnie ont également remanié du matos moins connu de groupes pourtant légendaires ('Backstreet Love Affair' de Survivor, 'No Smoke Without a Fire' de Bad Company). Après tout, quand on apprécie (vraiment) une formation, on connaît aussi leurs titres moins réputés.

Entouré des musiciens talentueux, notre hyperactif et prolifique chanteur se lâche (l’AOR 'Girl On The Moon' de Foreigner, 'Sin's A Good Man's Brother' de Grand Funk Railroad). Même si quelques variations par rapport au matériel de base se repèrent ici et là (l’intro revue de 'Gypsy' de Uriah Heep, l’adaptation dynamisée de 'Voices' de Russ Ballard), les mélodies existantes restent au cœur des interprétations.

Sincère et bien exécuté, « Raised In Radio » est un album de reprises globalement réussi. Du coup, cher Monsieur Ronnie Romero, en dehors et complément de vos autres projets, on aimerait bien pouvoir s’envoyer un « vrai » disque avec des compos à/pour vous. A bon entendeur.