Rainier Fog
Fred H
Journaliste

ALICE IN CHAINS

«Rainier Fog est une magnifique oeuvre mélodique et mélancolique comme seul Alice In Chains peut en produire»

10 titres
Heavy Metal/Grunge
Durée: 54'13 mn
Sortie le 24/08/2018
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Cinq ans (déjà) après le plutôt très bien accueilli The Devil Put Dinosaurs Here (deuxième place du classement du Billboard US, top dix dans différents charts), Alice In Chains est de retour. Pour leur sixième effort (le troisième avec William DuVall), intitulé Rainier Fog, le quatuor a choisi d'opérer un retour aux sources. La majeure partie de l'enregistrement s'est donc faite dans le Studio X de Seattle (précédemment baptisé Bad Animals) qu'ils avaient utilisés pour l'album portant le nom du combo paru en 1995. Le reste (chants et soli de guitares) a été réalisé aux studios Henson à Los Angeles et dans les locaux du producteur Nick Raskulinecz (Foo Fighters, Stone Sour) à Nashville.

Le titre de cet opus est une référence au Mont Rainier, le plus haut sommet de l'état de Washington, d'où est originaire le groupe. A lui seul, ce morceau éponyme est une ode à cette scène (de Seattle donc) qui a lancée pléthore de formations du mouvement grunge (dont eux-mêmes) à la fin des années 80. Pour Jerry Cantrell « Cette chanson est un petit hommage à tout cela : d'où nous venons, qui nous sommes, les succès, les tragédies, les vies vécues ». Beaucoup de copains des débuts ne sont plus là... overdoses pour leur premier vocaliste Layne Staley et Andrew Wood (Mother Love Bone), suicides pour Kurt Cobain (Nirvana) et Chris Cornell (Soundgarden)... les pertes sont lourdes...IMMENSES. Le chanteur/guitariste renchérit « C'est une petite ville et nous nous connaissions tous. C'est vraiment difficile d'être le gars qui doit toujours parler de tes amis disparus. Après tout ce temps à parler de leurs morts, je veux me concentrer sur la vie et aller de l'avant car c'est tout ce que je peux contrôler. Je les regrette tous ». On le comprend, le quatuor est profondément marqué.

Dans l'ensemble, tout cela reste dans une veine très « classique » proche des précédentes livraisons de nos américains. Le chemin est connu. Qu'importe... L'entame se fait à grands coups de riffs de guitares tendus et répétés (''The One You Know'' écrite peu après la disparition de David Bowie.... c'est la joie on vous dit). Comme à l'accoutumée, les voix de Cantrell et DuVall s'entremêlent pour mieux nous prendre au lasso et nous embarquer (''Red Giant'', ''Deaf Ears Blind Eyes''). Fidèles à leurs postes, le bassiste Mike Inez et le batteur Sean Kinney participent toujours à cet ADN musical cher aux quatre garçons. On note par instant des accents presque doom metal sur le progressif ''Drone'' pour lequel Chris DeGarmo (ex-sixcordiste de Queensrÿche) a été invité à y apposer quelques subtiles notes acoustiques. Au milieu de cette noirceur demeure tout de même des moments « un peu » plus énervés (''Never Fade'' avec ses sons de grattes décalés), parfois intenses (''So Far Under''), enjoués (''Fly'') voire totalement entêtants (''Maybe''). La galette se termine sur une superbe ballade hypnotique (''All I Am'') de plus de sept minutes. Un « au revoir » sombre et tranquille.

Rainier Fog est une magnifique oeuvre mélodique et mélancolique comme seul Alice In Chains peut en produire. Malgré ce brouillard, entamez l'ascension de ce mont musical où la cime flamboie aux feux du soleil couchant. Plaisir des oreilles garanti.

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