FUNERAL
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Funeral Doom/Death Metal

Praesentialis in Aeternum
Julie Legrand
Journaliste

FUNERAL

«Un album mélancolique sans faille : "Praesentialis in Aeternum" signe le retour des pionniers du Funeral Doom après 9 ans sans sorties !»

10 titres
Funeral Doom/Death Metal
Durée: 87 mn
Sortie le 10/12/2021
1052 vues

Les Norvégiens de Funeral sont de retour avec un tout nouvel album après neuf ans sans sorties.
Mélancolie, douleur, perte et solitude. Voici quelques-uns des thèmes principaux au programme de "Praesentialis in Aeternum". Suite à ces longues années sans production, autant vous dire que le groupe qui est parmi les pionniers du funeral doom, nous fait plaisir !

Cependant, avant de commencer, mettons-nous dans une ambiance plus adaptée. Imaginez-vous sous un ciel gris, debout, seul, alors qu’une pluie battante tombe sans discontinuer et qu’une cloche d’église résonne au loin. Un lourd sentiment de mélancolie vous submerge soudain. Vous voilà désormais prêts à entrer au cœur de cette pépite musicale que nous offre le sextet !

La première chose que nous pouvons constater c’est la richesse des morceaux : les passages varient régulièrement, oscillant entre une humeur écrasante, lugubre et des breaks de plomb vertigineux. L’atmosphère est magnifiquement travaillée, rendant le tout constamment triste, ce qui nous plonge d’autant plus dans les œuvres qui nous atteignent jusqu’au plus profond du cœur. Aussi, pour la première fois dans leur carrière musicale, non seulement les paroles sont entièrement en norvégien, mais en plus, elles ont été écrites par un collaborateur extérieur qui se trouve être un psychologue !

Les présentations générales étant faites, entrons maintenant au cœur de l’album en parlant de quelques titres :
‘Ånd’ inaugure l’album. Il s’agit tout bonnement de la meilleure introduction qui soit pour présenter l’univers de Funeral. Une ambiance sombre et pleine de tension s’instaure, avant de s’alléger pour ensuite faire entrer un jeu lourd accompagné par un chant clair. Les instruments augmentent en force tandis que le growl fait son arrivée ("Ånd" présente d’ailleurs des voix en rafale de Lars Are Nedland de chez Borknagar). Le titre suit son cours présentant des passages chargés ou martelés, mais quelques moments plus doux, purement instrumentaux, prennent également place et sont enrichis d’une touche orchestrale. Cette première production est aussi percutante que riche. Morceau terminé, nous ne pouvons avoir qu’une seule envie : continuer "Praesentialis in Aeternum".
Outre l’introduction, j’ai eu un véritable coup de cœur pour ‘Shades From These Wounds’. Bien que courte, il s’agit d’une véritable bulle de douceur. Nous écoutons un piano mélancoliquement doux et plein d’expressivité. Un violon vient s’ajouter et cet ensemble prend plus d’ampleur encore, tandis qu’une voix féminine réalise des vocalises délicates. Changement d’ambiance avec la musique qui devient soudainement grave et plus triste encore, puis le titre se termine quelques minutes plus tard. Placé vers la fin, ce bref moment musical est d’autant plus intriguant qu’il est le seul à se faire entendre dans un morceau qui lui est uniquement dédié.
Enfin, j’ai énormément apprécié ‘Materie’ qui se révèle être son exact opposé : il propose un jeu lourd, martelé, qui donne instinctivement envie de bouger la tête. L’instru, bien chargée, se fait entendre en dessous d’un chant à deux voix au côté aussi mystique que captivant. Des moments plus légers prennent cependant place grâce à une guitare accompagnée d’un piano. C’est à ce moment-là que survient un screamer vocal ô combien jouissif : un growl fort et puissant qui brise cet instant de calme afin de repartir sur une proposition énervée, dans le style auquel le groupe nous a habitué. ‘Materie’ est un morceau définitivement surprenant qui saura plaire aisément tant il est bon à écouter et à réécouter.


Je n’ai parlé que de trois œuvre mais de manière plus générale le groupe nous offre des productions riches, déchirantes, pleine d'agonie et de douleur. Nous pouvons ressentir que les musiciens ont réellement porté ces sentiments déchirants dans leur chair. L’atmosphère de l’ensemble des productions est lourde et triste. Elle est si bien travaillée qu’elle nous immerge dès le début et nous tient en haleine jusqu’à la fin.
Les titres possèdent une grande diversité rythmique et instrumentale. Des inspiration d’autres genres du metal viennent enrichir encore davantage le contenu musical, que ce soit, par exemple, un jeu brutal à la Death, ou du growl aigu comme on pourrait en entendre dans du Black. Enfin, il ne faut pas oublier que cette grande richesse musicale passe également par la présence de l’orchestre qui donne une dimension tout autre à ces productions déjà incroyables.

Je suis ravie d’avoir découvert cet opus qui, à mes yeux, est une réussite sans faille. J’espère avoir éveillé votre intérêt pour "Praesentialis in Aeternum" qui mérite qu’on l’écoute au moins une fois ! La chronique étant désormais terminée, le ciel redevient bleu, la pluie cesse, les bruits de cloche ont disparu, et vous voilà de retour dans la réalité avec un nouvel album à apprécier.