AC/DC
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Chroniques

Power Up
United Rock Nations

AC/DC

«AC/DC nous propose un excellent album qui prouve que le groupe est encore un des plus grands faiseurs de tubes rock de la planète !»

12 titres
Hard Rock
Durée: 41 mn
Sortie le 13/11/2020
1075 vues
SONY (R)






Fred H
Journaliste




Laurent Sage
Journaliste





La Chronique de Fred H


Que de tumultes chez Ac/dc ces dernières années. Un « Rock or Bust » (2014) en demi teinte, un Phil Rudd arrêté pour possession-usage de drogue et menaces de mort à l’encontre de deux personnes, les disparitions coup sur coup en 2017 de deux frangins Young (Malcolm le guitariste/co-fondateur et George le producteur), un Brian Johnson forcé de quitter le groupe en milieu de tournée en raison d’une dangereuse perte auditive (au risque de devenir complètement sourd), son remplacement controversé derrière le micro par le sieur Axl Rose des Guns N' Roses et un bassiste Cliff Williams (pourtant fidèle depuis 1978 sur « Powerage ») qui prend sa retraite. N’en jetez plus. Tout ça sent la (triste) fin.

Et puis, mi-2018, v’là-t’y pas que Angus, son gratteux de neveu Stevie et ces messieurs Brian et Phil sont photographiés à l'extérieur des Warehouse Studios, à Vancouver. L’espoir renaît. Début 2020, des rumeurs parlent d’une sortie imminente d’un nouvel album et puis patatras cette satané pandémie de covid-19 qui chamboule tous les plans. Finalement, en cette fin d’année voilà enfin le « Power Up » tant attendu (aux coins du bois).

Alors, qu’en est-il de ce dix-septième opus du quintet australien ? La première partie du skeud est plutôt sympathique. Le Rock Hard ’n’ Roll si identifiable et les gimmicks habituels de nos briscards sont bien là. On retrouve les « ha ha haha hahaha ha » ('Through the Mists of Time'), les « oh yeah », les chœurs répétés à l’envie. Les aficionados d'Assedesse et les stadiums autour du globe vont pouvoir sautiller et chanter à pleins poumons (l’énergique 'Realize', le fédérateur 'Shot in the Dark'). Certains riffs ou mélodies s'apparentent voire ressemblent à des trucs déjà commis par le passé mais ça fait bien le boulot ('Witch's Spell').

Comme a l’accoutumée, la section rythmique demeure inébranlable. La quatre-cordes de Cliff Williams ronronne toujours. Derrière son kit, son clope au bec, Rudd frappe comme un sourd sur sa charleston et sa caisse claire. Métronomique le gars ('Rejection'). Jouer simple, taper droit, être en place, voilà l’objectif ('Kick You When You're Down'). Rien a branler de roulements à la con. Avec des compos assez courtes (3 à 4 minutes), tout ce petit monde va à l’essentiel (notamment dans les soli d’Angus). Bref, on ne change pas la formule et les structures qui fonctionnent (couplet / refrain / … solo / ...), on ne va quand même pas s’emmerder, non ? Du certifié 100% Ac/dc quoi.

La seconde moitié est bien moins kiffante. Hormis un soubresaut ('Money Shot'), le restant est plutôt très bof-bof. Le vocaliste à la casquette Gavroche fait se qu’il peut avec des intonations plus graves ('Demon Fire') ou quelques effets ('Systems Down') ici et là pour varier son célèbre chant criard mais ça ne suffit pas. Stevie remplace/clone parfaitement tonton Malcolm mais la locomotive de notre Rock ’n’ Roll train préféré manque de niaque et d’inspirations ('Wild Reputation', 'No Man's Land', 'Systems Down', 'Code Red'). Bien qu’apparemment certaines idées remontent à plus de vingt piges, l’absence du regretté et principal compositeur se fait ressentir. Le cahier des charges est respecté mais rien ne fait vraiment pas tomber le pantalon. Nos Bad Boys sont-ils trop vieux pour ces conneries ?

Vu la tournure que tout ça avait pris ces dernières années, on se dit qu’on revient de (bien) loin. Il n’y a rien de totalement déshonorant mais on reste sur sa faim. On ressort avec un sentiment partagé entre certains titres/hymnes qui vont sûrement faire bouger les foules et les morceaux bien plus dispensables. Disons que si ce « PWR/UP » devait être la dernière offrande (et c’est plus que probable) de nos légendes du rock, la sortie serait « correcte » à défaut d’être totalement inoubliable.



La Chronique de Laurent Sage


Cette fois, ça y est, six ans après un Rock or Burst qui voyait revenir AC/DC avec de meilleures compos,le plus grand ( ou parmi les plus grands) groupe de rock du monde a lancé son opération communication puisque le nouvel album "Power Up" sort le 13 novembre. Difficile de croire que vous ayez pu passer à côté de l’info tant l’information a circulé à la vitesse de la lumière sur les réseaux sociaux dès le teaser du premier clip apparu sur page YouTube du groupe.

Après la première écoute ,fiévreuse( tant il me tardait d’écouter le nouvel opus avec la presque formation originale ( enfin tout au moins celle qui a assis la réputation du groupe) du combo ), un sourire venait poindre sur mon visage.

Il est bon de rappeler que Malcom est crédité en tant que compositeur sur tous les titres de l’album et que celui-ci a été enregistré en son hommage.Vous y retrouverez donc "la patte" Malcom tout au long des 12 titres que compose cet album. Stevie YOUNG, ex-Starfighters, neveu de Malcom a une bien lourde tâche et il s’en acquitte très bien ( on avait déjà pu le remarquer sur ‘Rock or Burst’). J’entends déjà les puristes dire que la musique ne sonne pas comme avec Malcom. C’est un parti-pris car, honnêtement, le style de jeu, l’attaque, l’esprit, tout y est.

Alors oui, AC/DC a évolué sur cet album; les choeurs sont beaucoup plus travaillés, certains riffs et rythmiques sont novatrices , les lignes de basse sont un peu plus travaillées et moins linéaires ( mais reconnaissez que le combo Cliff Williams/ Phil Rudd est un combo gagnant, une section rythmique qui emporte tout sur son passage ( et encore plus en live)). La production est fidèle à ce que l’on a pu découvrir sur les précédents albums car enregistré avec le producteur ayant officié sur "Black Ice" et "Rock or Burst" avec l’apport de Mike Fraser. Du costaud donc.

L’album a été enregistré en six semaines et la symbiose entre les membres est évidente. Quel plaisir que de revoir Phil Rudd ( qui a "soigné" ses problèmes psychologiques et a pu revenir dans le groupe suite à une discussion avec Angus lors de l’enterrement de Malcom) avec son acolyte de toujours Cliff Williams. Brian Johnson que l’on croyait évincé revient avec son style si particulier et c’est avec un grand plaisir que l’on écoute le premier morceau qui ouvre l’album "Realize". 14 secondes d’intro et ça y est, c’est parti. Ca groove, ça balance, on tape du pied; les choeurs sont énormes, les boss sont de retour. Un gimmick inhabituel à la guitare, on s’imagine déjà dans la fosse au concert.

"Rejection" fait suite, sur un tempo medium, encore une fois les choeurs apportent au morceau une touche différente, malgré une forme de classicisme, le groupe se renouvelle. "Through the Mists Of Time" oeuvre dans un registre différent, morceau vraiment différent du répertoire habituel. Peut être pas indispensable.
"Kick you When You’re Down" au tempo medium, aux choeurs simples mais puissants, des interventions à la guitare auquel Angus ne nous avait pas habitués, un futur hit sur scène.

"Demon Fire", sûrement issu des sessions de "Flick of The Switch", vous fera headbanger; Brian officie dans un registre plus grave sur quelques breaks, on retrouve un morceau "speed" à la sauce AC/DC.

"Systems Down", démarre doucement puis quand les deux guitares jouent leurs parties, il n’y a pas à dire, on est happés par le morceau. Le style AC/DC dans toute sa splendeur; la complémentarité des deux guitaristes, la section rythmique qui vous embarque, le chant caractéristique de Brian, vous êtes embarqués pour un moment de pur rock qui groove.

Je ne vais pas vous raconter tout l’album mais sachez que toute l’attente générée autour d’un nouvel ( et dernier? ) album du groupe sera comblée à 90%. Il est difficile de reproduire une "usine à hits" qui a sorti "Highway To Hell" ou "Back In Black" ( oui, "Powerage", "Let There Be Rock" sont aussi des brulôts ) mais force est de constater qu’en piochant dans des compositions issues des sessions des précédents albums ( certains morceaux font penser à des chansons issues de "Fly On The Wall", "Flick of The Switch" ou "Black Ice") , en leur insufflant quelques arrangements différents de ce que l’on a l’habitude d’entendre, le groupe nous propose un excellent album qui prouve que le groupe est encore un des plus grands faiseurs de tubes rock de la planète. Et vivement la fin de ce problème mondial que l’on puisse tous retrouver la joie de headbanger en mesure et de pouvoir crier "Angus ! Angus !".

Let There Be Rock