Pounding The Pavement
Thib Grap
Journaliste

ANVIL

«Anvil a tenté un renouvellement maladroit dans ''Pounding the Pavement'', pas sûr que tous les fans du groupe apprécient le tournant.»

12 titres
Heavy Metal
Durée: 46 mn
Sortie le 19/01/2018
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Faut-il vraiment présenter Anvil? Le trio canadien s'apprête à fêter ses 40 ans d'existence cette année, et évidemment c'est en musique qu'ils le font! ''Pounding The Pavement'', noble successeur de ''Anvil Is Anvil'' (2016) nous montre que même avec tant d'année au compteur, la force du heavy-métal continue de couler dans les veines du groupe.

Ce nouvel album débute par ''Bitch In The Box'', un riff de guitare assez simple suivi d'un enchaînement basique de la batterie et le tour est joué. Le morceau reste assez saccadé bien que plutôt facile dans sa réalisation. Anvil nous lance dans son nouvel univers tranquillement, sans trop forcer. Quelques éléments assez étranges viennent ponctuer çà et là le titre. C'est en effet, durant les refrains que les choeurs se font entendre, il y a un petit quelque chose avec cette sonorité. Et puis, le tout se termine par une voix robotique qui répète ''recalculating'' jusqu'à tomber en rade. Drôle d'entrée en matière dans cet opus.

Ce n'est pas le seul morceau que l'on peut trouver bizarre. ''Doing What I Want'' commence pourtant de manière classique. Un son de guitare qui nous fait penser en première écoute à un bruit de moto. Ce n'est que plus tard que l'on se rend compte qu'il s'agit en fait d'un son d'alarme. En effet, on est plutôt étonné lorsque ce sont des voix robotiques qui ponctuent la mélodie saccadée du refrain. Un mélange plutôt singulier. Visiblement les canadiens ont voulu tenter quelques chose mais ça ne fonctionne pas vraiment. C'est dommage!

Mais où est donc le speed-métal dont nous avait habitué Anvil? C'est ''Rock That Shit'' qui vient nous prouver qu'il en reste tout de même un peu. Plus rapide que les chansons précédentes, c'est encore une combinaison assez simple, mais elle fonctionne. On est sauvé, le groupe conserve un minimum de ses bases. Mais ça manque cruellement. Malgré que ce soit un des morceaux les plus rapides de cet opus, avec ''Black Smoke'' on perd certaines des notions instaurées par le trio au cours de leur carrière. Il manque encore un petit quelque chose, on n'arrive pas vraiment à s'attacher à ''Pounding The Pavement'' pour le moment.

Cependant, un OVNI fait son apparition: ''Nanook of the North'', en français ''Nanook l'Esquimaux''. C'est un titre hommage au film éponyme de 1922 réalisé par Robert Flaherty. Très intéressant dans sa construction, c'est quelque chose de bien plus différent que le reste de l'album. Ici, nous sommes sur une chanson plus calme que les autres, un riff grave et simple pour accompagner le tome basse et la voix de Steve ''Lips'' Kudlow. C'est volontairement calme pour pouvoir nous raconter la vie de Nanook, un Inuit qui, confronté au froid construit des igloos, chasse, pêche... Par ailleurs, le titre débute et se termine par la technique de chant ancestrale des esquimaux, le chant de gorge. Une véritable surprise qui ajoute un petit plus.

Un titre bonus est présent dans cet opus, et il risque de ne pas plaire à tout le monde. Le groupe n'a pas froid aux yeux et se lance dans le sujet de la politique! En outre un rythme intéressant et entraînant, ''fakes news'' et autres controverses sont énoncées tout au long de l'écoute. On sait que la politique n'est pas toujours bien accueillie au sein de la scène métal. Musicalement, le riff principal est entraînant, bien que toujours lent. La partie batterie, plus technique que les morceaux précédents est très agréable à écouter.

On l'aura compris, Anvil a tenté autre chose dans cet album. Le tout est globalement plus lent qu'à l'accoutumée et c'est bien dommage. On a l'impression de perdre un peu de ce qui a fait l'histoire du groupe: le speed-métal. Cela dit, l'album est loin d'être mauvais, mais certains essais comme l'ajout de petites touches électroniques sont de trop. Anvil a donc réalisé un renouvellement maladroit dans ''Pounding The Pavement'', pas sûr que tous les fans du groupe apprécient le tournant.

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