Phoenix
The Effigy
Journaliste (Belgique)

CRIS LUNA

«Une visite réussie de l'univers du rock, Cris Luna frappe fort !»

12 titres
Rock
Durée: 47 mn
Sortie le 01/11/2016
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AUTOPRODUCTION
Cris Luna nous vient de la Lorraine française, originaire de Nancy, Christophe tombe amoureux de musique et son adolescence est comblée par la découverte du hard-rock, du heavy metal mais également de la new wave, du punk... Bref, de l'univers du rock tout entier, très propice dans les années 80'. Après un éloignement de la musique, Cris revient en 2012 avec un premier album « Babylon Child » sortit en auto-production, tout comme le suivant en 2014 « Maëlstrohm » produit en collaboration avec Laurent Lepageneau (Ange) . Cet album est une véritable gifle dans le monde de l'auto-production et est reconnu par la critique, tel le magazine Rock & Folk qui le désigne comme l'une des meilleurs auto-production du rock hexagonale.

Pour ce troisième album Cris garde son éclectisme mais change la donne et revient totalement à ses amours d'adolescence, à cette soif de découvrir une multitude de groupes de qualités. De Metallica à Smashing Pumpkins, de The Cure à Slayer, de Dead Can't Dance à AC/DC. Un univers entier que nous allons revisiter sur ce troisième disque, des influences multiples pour un résultat cohérent de bout en bout.

Après l'intro « Phoenix » nous rentrons de plein pieds dans une ambiance à la Iggy Pop. « Bloody Fangs » possède des guitares tranchantes, couplet rock, refrain à la mélodie plus soft et accrocheuse teintée de new wave seconde génération. « Neither here not there » est lui totalement imprégné d'ambiance et de notes new wave et est en même temps totalement rock dans sa puissance. « Lama » nous ramène dans le rock le plus pur, les couplets n'auraient pas dépareillés sur le premier Lenny Kravitz alors que les Clash auraient adopté la mélodie du refrain sans hésitation.

Un riff sur martèlement de toms donne le ton de « Love And Hate ». Des couplets plus basés sur l'ambiance et l'attitude alors que le refrain nous amène sur du up-tempo légèrement punkisant. « Heavy Metal Kid » est le clip que nous avions pu découvrir avant la sortie de l'album. Un titre qui résume l'adolescence et la dévotion au rock. « Play Me Over » avec son clin d'oeil Nirvanesque fait mouche également.

« There Will Be Love » sur roulement de caisse claire apporte une bouffée d'air frais, un titre qui se détache totalement de l'album et qui pourtant s'y inscrit impeccablement. Le mélodique « Lord Of Luna » nous laisse un sentiment de bien-être. Un choix de notes qui amène joie et sérénité. Vous pourrez avec « American Boy » avoir une touche de The Cure version rock-Luna. Un vrai voyage dans le grand univers du rock on vous a dit !

« Exit » se place en douceur, une guitare acoustique, des nappes et effets synthétiques avec une augmentation de puissance à la moitié du titre. Beau et prenant.

L'album se termine avec un retour au rock plus classique « F... Me, I'm A Banker ». Si vous n'aimez pas les banques, ce titre est pour vous !

Doit-on préciser que Cris Luna réussi un retour gagnant ? Son envie de nous faire visiter les mondes musicaux qu'il affectionne et avec lesquels il s'est forgé son âme de musicien est une réussite. Pouvoir mettre autant de touches différentes tout en gardant un album cohérent et compact n'est pas chose aisée. C'est le genre de projet qui peut très vite amener sur un album décousu. Le premier talent est donc de réussir ce challenge. Et pour le reste du talent, nous ne pouvons que vous recommander de jeter une oreille (pas trop fort, ça peut faire mal) sur ce très bon disque qui, on l'espère, ouvrira de nouvelles portes à Cris Luna.