DIR EN GREY
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J-Progressive Metal
Chroniques

Phalaris
Enora
Journaliste

DIR EN GREY

« Avec « Phalaris », Dir En Grey signe un excellent album à la construction soignée qui mêle les sonorités historiques du groupe à la délicatesse des productions plus récentes. »

11 titres
J-Progressive Metal
Durée: 52 mn
Sortie le 15/06/2022
117 vues
FIREWALL DIV.

En 1996, Kyo (chant), Shinya (batterie), Kaoru et Die (guitares) forment La:Sadie’s, avant de changer de nom pour Dir En Grey un an plus tard lorsqu’ils sont rejoints par Toshiya (basse). Toujours en 1997, le premier EP de la formation, « Missa », paraît. Il sera suivi de dix albums dont les incroyables « Vulgar » (2003), « The Marrow of a Bone » (2007) ou encore « Dum Spiro Spero » (2011) pour ne citer qu’eux. Quatre ans après « The Insulated World » (2018), le groupe japonais revient à la charge avec « Phalaris ».

Avec la délicatesse et la noirceur qu’on connaît à Dir En Grey, les musiciens nous plongent dans les tourments de ‘Schadenfreude’ qui s’étale sur dix minutes marquées de multiples ruptures d’ambiance qui s’appuient en grande partie sur la dextérité de Shinya à la batterie et sur l’incroyable palette vocale de Kyo. Les amateurs des débuts brutaux du groupe comme ceux de leurs albums plus tardifs trouveront de quoi se faire plaisir. Avec plus de simplicité, ‘Oboro’ s’ouvre sur une inquiétante mélodie lancinante que la voix du chanteur vient survoler comme la berceuse d’une boîte à musique infernale.

Accompagnée d’un clip, ‘The Perfume of Sins’ incarne toute la folie que Dir En Grey a voulu libérer à travers « Phalaris » en mettant presque en opposition des passages lancinants et d’autres destructeurs. ‘13’ débute sur une ligne de clavier que les riffs de guitare de Kaoru et Die viennent rapidement submerger. Bien que toujours très marqué par la patte du groupe, ce titre est le plus accessible de cet album, notamment parce que sa ligne rythmique reste relativement facile à suivre. A sa suite, ‘Utsutsu, Bouga wo Kurau’ est également construit de manière plus simple que les premiers morceaux, bien que Kyô laisse libre court à des expérimentations vocales qui témoignent encore de sa maîtrise.

Qu’il est facile d’agiter la tête sur ‘Ochita Koto no Aru Sora’ qui arrive ensuite ! La ligne de basse de Toshiya invite à une forme de transe dont le groupe a le secret depuis ses débuts alors autant se laisser emporter par ce flot passionné. C’est finalement avec ‘Mouai ni Shosu’ que les auditeurs vont renouer avec une proposition musicale plus complexe, voire carrément perchée par moments, et qui rappelle certaines des compositions plus anciennes de Dir En Grey avec de véritables cassures tant rythmiques que mélodiques.

Derrière son apparente froideur, ‘Hibiki’ se révèle être un titre plein de pudeur et de sensibilité qui donne un éclat tout particulier à l’engagement émotionnel des musiciens. ‘Eddie’ prend le contre-pied de la délicate ‘Hibiki’ et met à profit une ligne rythmique matraquée et effrénée pour s’affirmer. ‘Otogi’ est sans doute le morceau qui donne à voir de la façon la plus équilibrée l’état actuel des créations de Dir En Grey, d’autant plus que par sa construction il permet à chaque instrument de s’exprimer pleinement. Si les premières secondes de ‘Kamuy’ ont de quoi désarçonner, le reste agit comme par magie et conclut cet album avec beaucoup de pureté.

Bien que « Phalaris » ne soit pas le meilleur album du groupe, Dir En Grey signe une excellente création à la construction soignée puisqu’elle s’ouvre et se termine sur deux morceaux de près de dix minutes chacun qui donnent aux musiciens l’occasion de se dévoiler, encadrant des titres plus ramassés et impactant. Si certains détails mériteraient d’être peaufinés (conclusion de certains titres, sons des claviers, etc.), il faut souligner le côté très complet de cet opus qui mêle les sonorités historiques de Dir En Grey à la délicatesse des productions plus récentes.