PERIHELION
Plus d'infos sur PERIHELION
Avant-garde/Post-Black Metal

Örvény
Enora
Journaliste

PERIHELION

«« Örvény », une création sublime, aussi sensible que réfléchie »

7 titres
Avant-garde/Post-Black Metal
Durée: 38 mn
Sortie le 10/11/2017
4954 vues

Perihelion existe depuis 2001 sous le nom Neokhrome, mais je ne me concentrerais que sur la partie post-2014, année à laquelle le groupe hongrois à changé de nom. En seulement trois ans, le groupe a déjà sortir deux albums, « Örvény » est le troisième, et deux EP. Ils sont assez représentatifs d'une veine unique du Post-Black Metal et du Metal avant-garde, que j'affectionne particulièrement et que je vous propose de découvrir sans plus attendre !

Je suis tout d'abord très surprise du ton presque joyeux qui émane des premiers riffs de guitares de « Kihalt égi Folyosók », mais lorsque la voix apparaît, je comprends que Perihelion est bien plus sérieux que ce qu'il y paraît au premier abord et, un peu étrangement, j'y retrouve les émotions sombres que peuvent susciter des groupes comme Kaimokujisho ou Dordeduh, dans des styles très différents, derrière des extérieurs parfaitement lisses. Cette impression se confirme avec un passage plus calme marqué de choeurs vocaux en apesanteur. Ce titre me donne terriblement envie d'en entendre plus et « Bolyongó » répond parfaitement à cette attente. Les guitares se font plus légères et les jeux rythmiques de la batterie occupent réellement le centre du morceau. La voix gagne en puissance au fur et à mesure que la chanson avance, se couvrant parfois d'un voile rauque très doux à l'oreille. La touche Post-Black du groupe se ressent dans les moments plus sombres et lourds, mais toujours avec un côté de transe, jamais une composition frontale.

Le ton change assez radicalement avec « Fényt! » où la basse et la batterie instaure une ligne rythmique lente et sourde. Les guitares créent une sorte de voile musical qui nous enveloppe totalement et nous fait oublier ce qui nous entoure. Mais Perihelion propose rapidement une ambiance plus douce sur une mélodie apaisée et une partie au chant qui semble presque murmurée. Le titre ne cesse d'osciller entre ces deux esprits, toujours dans la maîtrise. Le titre éponyme a presque un aspect orchestral en raison des vagues sonores qui se déploient et se replient délicatement derrière la voix du chanteur, parfois doublée. Le morceau a un relief incroyable qui vous donnera des frissons tant l'intelligence et la sensibilité des musiciens sont palpables ! Renoncez à tout et laissez vous prendre dans la tornade musicale qu'est « Örvény », vous ne regretterez jamais cette expérience.

« Romokon » s'ouvre comme une cavalcade mais la voix vient bien vite calmer cette course pour revenir à un morceau presque contemplatif. Comme un chef d'orchestre, le chanteur semble impulser chaque évolution du morceau. Un passage plus énervé ravira les plus sceptiques d'entre vous ! La rythmique sur laquelle se termine le morceau évoque presque les battements d'un coeur qui s'éteignent. Le morceau « Ébredő Táj » est très mystérieux car il prend des aspects de chant antique, d'incantation secrète sur les premières notes avant de connaître un virage radical qui semble mettre en lumière quelques racines Punk dans la rythmique. Le dernier morceau, « Bardó », ressemble plus à ce qu'on peut entendre dans le Post-Black actuel, et j'y retrouve même une touche de groupes comme Black Anvil, en particulier dans la rythmique.

« Örvény » est une création sublime, aussi sensible que réfléchie dans laquelle on découvre un groupe extrêmement prometteur qui développe un univers personnel et sombre mais jamais torturé tant le divin frôle ces compositions.