Le trio norvégien Djevel (qui se traduit pas démon) sévit depuis 2009 et, depuis 2017, accueille derrière les fûts rien moins que Faust, célèbre en particulier pour son appartenance passée (et mouvementée) à Emperor.
« Ormer Til Armer, Maane Til Hode « - qu'on pourrait traduire par « Des vers en lieu de bras, La lune en lieu de tête » - est leur sixième album. Dès les premières notes, le ravissement gagne : c'est incontestablement du Djevel. Tout est fidèle à l'identité du groupe, si forte malgré les quelques changements de line-up advenus au fil de leur carrière. Cela confirme qu'un album de Djevel, ca se reconnait - et c'est tellement bon qu'on ne va pas bouder notre plaisir !
Le groupe revendique et réaffirme ici sa fidélité à la scène norvégienne des années 90s avec une sonorité bien éloignée de celle du black actuel. C'est brut, ca rape, et pourtant les passages très mélodiques sont légion, servis par une production impeccable qui distingue chaque instrument.
Le trio attaque violemment avec le premier titre, qui reprend le nom de l'album. Mais très vite la mélodie s'impose et nous entraîne. Elle court au fil des titres et ne s'arrêtera plus. L'album présente de longues parties instrumentales, des passages impérieusement blastés qui alternent avec des moments mélancoliques et une atmosphère froide, presque sinistre. Les riffs sont puissants et donnent à l'album un côté glacialement épique. La noirceur flotte inéluctablement sur tout l'album.
L'opus est long, il dure presque une heure, et certains des huit titres dépassent les dix minutes. Mais il est d'une cohérence remarquable tout en étant varié, et tout ce temps est nécessaire à sa construction et à son équilibre.
Djevel délivre, sur un album très dense, un magnifique black metal traditionnel, ancré dans les racines nordiques. Incontournable.