DEVIN TOWNSEND PROJECT
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Progressive Metal/Rock, Ambient

Order of Magnitude - Empath Live vol.1
Aldo
Journaliste

DEVIN TOWNSEND PROJECT

«L’ambiance du live te manque, t’es en recherche d’une musique qui sort des sentiers battus et qui t’apportera ton lot d’émotions ? Et ben te pose pas de questions et procure-toi ça TOUT DE SUITE !!!»

16 titres
Progressive Metal/Rock, Ambient
Durée: 109 mn
Sortie le 23/10/2020
367 vues

AVERTISSEMENT : Bien qu’amateur éclairé des travaux du gazier qui nous intéresse dans la présente chronique, votre serviteur n’est pas un expert de sa discographie et de ses œuvres. De fait, l’appréciation de ce live a été effectuée sans écoute préalable d’ « Empath ». Elle a donc le mérite de porter un œil neuf sur les chansons qui y sont issues, et jouées ici en concert.


En ces temps de COVID, de distanciation sociale, de confinement, il est heureux de pouvoir, par le biais d’albums live, retrouver l’ambiance des concerts, qui constituent un des piliers de la passion qui nous lie tous ici. A défaut de les vivre pleinement, au moins peut-on replonger ses oreilles dans l’ambiance si particulière d’un club, d’une arène ou d’un stade, pour patienter.

C’est au tour du fou génial Devin Townsend de nous faire partager un moment de scène avec le présent album. Dans la foulée de son opus « Empath », le chauve allumé à la voix de stentor avait décidé de soutenir son travail par une tournée, dont le concert ici capturé à Londres en décembre 2019 fût l’avant dernier. Celui-ci eût lieu au « Roundhouse » (la Rotonde, en anglais), un ancien dépôt de locomotives à vapeur reconverti en salle de spectacles, qui accueillit notamment les suédois d’Opeth, pour l’enregistrement de leur album « The Roundhouse Tapes ».

La musique du canadien, complexe et riche d’orchestrations, à la production ample, impose une certaine consistance dans les moyens à mettre en œuvre pour la restituer fidèlement. La logique voudrait qu’un usage de samples et autres bandes facilite la tâche et limite le nombre de musiciens et techniciens à impliquer dans le bidule.

Sauf que Devin n’a peur de rien, et aime aller taquiner ses limites. Aussi l’intégralité des morceaux est ici jouée véritablement « en direct ». L’exercice, compte tenu de la richesse des compos du canadien, est - vous en conviendrez - relativement casse-gueule. Aussi, lorsqu’on est prévenu, peut-on craindre un « appauvrissement », une sorte d’à-peu-près dans l’exécution, qui pourrait générer chez le spectateur (et en ce qui vous concerne, l’auditeur) une certaine déception.
Le fait est qu’heureusement IL N’EN EST ABSOLUMENT RIEN !!!

Ce qui frappe dès les premières notes, dès les premières mesures de cet album, c’est la richesse du son et la qualité de l’exécution. Le tout avec les clameurs du public, extrêmement bien intégrées dans la balance de l’ensemble. On est frappé par la façon dont l’enregistrement restitue l’ambiance acoustique de la salle. Au casque, c’est encore plus flagrant : on n’a qu’à fermer les yeux pour se croire VRAIMENT présent pendant le concert. Les instruments sont TOUS audibles sans que l’un prenne le pas sur l’autre, et on retrouve ce mur de son ENORME qui caractérise les enregistrements du chauve. Pas étonnant lorsqu’on dénombre pas moins de DIX musiciens sur scènes (dont l’excellent Mike Keneally, que les fans de Frank Zappa connaissent bien, et qui a de fait toute sa place dans l’univers barré du Maître).
Quant à la voix, n’en parlons pas (en fait, si, parlons-en !) : Townsend est impérial, tant dans les passages mettant en avant sa voix de ténor, que les moments un tantinet plus « métalliques » durant lesquels la hargne prend le dessus. Ceci étant dit, cela ne se fait pas au détriment du travail remarquable des trois choristes, ainsi que de la quatrième (si, si !) guitariste Ché Aimee Dorval qui assure brillamment les passages initialement dévolus sur disque aux partenaires habituelles du canadien.

En ce qui concerne la setlist, bien évidemment la part belle est laissée à « Empath », puisque pas moins de 7 des 10 morceaux de cet album sont joués sur scène.
« Ki » phagocyte quant à lui quatre pistes sur les 16 que compte cet album, le reste étant picoré parmi « Infinity » (« War »), « Epicloud » (« Lucky animals »), Physicist (« Kingdom »).
On notera particulièrement « Deadhead » (extrait de « Accelerated Evolution »), qui vous scotchera par son niveau d’epicness et constitue un des climax de l’album ( et du concert !). Ce titre est une PURE CLAQUE auditive, un véritable eargasm !

L’interaction avec le public est totale, le canadien taquin nous gratifiant même d’une rigolote interaction pendant l’orchestral « Why ? » en faisant sauter en l’air l’audience et en leur demandant de crier « Bip ! ». Quand les Monty Python s’incrustent…

Enfin on notera l’expérimental « Gigpig jam » (une improvisation plutôt pas mal menée) et l’OVNI « Disco Inferno » (classique disco dont les fans de « Saturday Night Fever » connaissent l’original des Trammps) qui vient relancer habilement la machine après un « Spirits will collide » gorgé d’émotion. On passe de l’émotion pure à la fête la plus débridée. On soulignera la fidélité de la reprise (c’est EXACTEMENT le son de l’original), qui vient appuyer sur son incongruité dans un concert metal, et par voie de conséquence la liberté artistique et la singularité de l’univers du taulier. Ceci dit, au final ça met une banane de folie et prépare joyeusement à la fin du concert. Avant de le conclure par le wagnerien « Kingdom » pour mieux achever un public et un auditeur conquis.

La conclusion de tout ça ? Ben écoute, on va aller à l’essentiel, hein…L’ambiance du live te manque, t’es en recherche d’une musique qui sort des sentiers battus et qui t’apportera ton lot d’émotions ? Et ben te pose pas de questions et procure-toi ça TOUT DE SUITE !!!