Miserycorde
Morbid Domi
Journaliste (Belgique)

ORACLES

11 titres
Extreme Metal
Durée: 45 mn
Sortie le 01/07/2016
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Le groupe Oracles s'est formé en 2014 et se compose d'artistes internationaux qui ont notamment, joué ensemble dans le projet de Death/Deathcore mélodique « System Divide ».
Nous y trouvons 3 larrons d'Aborted (Le belge Sven au chant, le batave Mendel à la guitare et l'américain Ken à la batterie), deux ex -System Diivide (l'américain Steve à la guitare et l'Israélien Andrei à la basse) et cerise sur le gâteau, la ravissante soprano Athénienne, Sanna Salou (8 ans chanteuse chez les Darko-Deatheux gothiques de Dimlight).
Voilà un line-up bien séduisant sur papier et qui possède déjà des liens de dur labeur ensemble.

Voici le moment tant attendu pour nous précipiter sur ce tout premier album.
Devions-nous nous attendre à du System Divide ? A priori, nous pourrions le penser, et pourtant, Oracles nous donne une solide nuance à l'oreille.

Une belle petite intro ouvre le bal « An Adagio for the Callous », on y entend le beau timbre de voix de Sanna et sommes surpris au milieu du morceau, par une explosion musicale en crescendo. D'emblée, nous comprenons que nous n'aurons pas affaire à un bon rendu de type métal symphonique gothique.

S'enchaîne déjà « The Tribulation of Man » qui nous glisse dans un Death moderne hybrido-mélodique. Les riffs sont acérés, la batterie gronde, ça martèle sec sur les fûts, Sven growle en toute virilité, sans effacer le très beau lyrisme de la Déesse Grecque. Notons la présence d'un invité de marque sur ce morceau, Monsieur Per Nilsson, guitariste Suédois de Scar Symmetry. Très beau morceau.

Au tour de « Catabolic (I am) », 3ème morceau, et nous retrouvons ce même univers, gagnons en vitesse d'exécution. J'accroche à l'univers du groupe mais pense déjà qu'il faudra sans doute plusieurs écoutes pour prétendre entrer dans cette « miséricorde ». De très jolies mélodies guitaristiques surplombent l'ensemble. On entend aussi des chœurs. C'est vraiment prenant.
Bon sang, quelle création !!!

« Quandaries Obsolete » suit dignement et comporte la particularité d'inviter un autre guitariste Star, l'américain Ryan Knight (ex The Black Dahlia Murder). Nous gardons le même cap, pas de surprise dans l'architecture musicale. Sans doute un peu plus d'effets cores, et de la bonne technicité, loin d'être pompeuse.
Nous flirtons allègrement avec le néo métal de haute volée.

« Scorn » véritable perle de cet album, vous scotche sur le parquet. De très jolies nuances sont apportées par rapport aux autres morceaux, un très beau solo guide le tout sous la bienveillante voix éthérée qui vous soutient dans un reste d'infime tendresse. Beau boulot !

« Body of Ineptitude », 6ème morceau, revient dans le registre technique et puissant, le chant est encore plus incisif et s'harmonise sur la batterie.
Autre Guest star, excusez du peu, l'américain Jeff Loomis, guitariste émérite chez Arch Enemy.
Si vous avez un doute sur la teneur en mélodie dans ce death, ben, nous pouvons dissiper tout doute là.

Au tour de « Remnants Echo » qui, à mes humbles oreilles, se diversifie du reste par un magnifique jeu orchestral. Le chant de Sanna est plus posé, plus doux.
C'est un véritable joyau dans l'ensemble, brillant de 1000 riffs succulents. Sven se repose mais reprendra le micro sur « A Canvas of Me » qui nous rappelle des riffs dignes du Sepultura de la très grande époque. Joli morceau poursuivant l'expérimentation plus symphonique.

Autre fameuse perle, « S(k)in » vous plonge cette fois dans un jeu plus progressif, Drem Theaterien over-speedé.
Quelques breaks posent une chape de plomb dans l'atmosphère énergique.

Petite surprise sur la 10ème piste car voyez-vous, nos artistes s'attaquent à « The Beautiful People » de Messire Marilyn Manson, et le pire, c'est que je pense qu'ils ont sublimé ce hit anthologique pour en faire une véritable bombe atomique. Fabuleux ! Il est bioen plus beau que l'original.

Nous terminons sur « We, the Indifferent » qui se présente comme un véritable chef d'oeuvre en la matière. Ce sera mon titre préféré de cette bien agréable galette.
Le côté Death brutal surgit tout à coup pour recouvrir le début plus atmosphérique. Sanna adapte son chant pour rivaliser, résister aux assauts de Sven.
Au bout de 2 minutes 45, elle semble triompher mais la bête belge n'est pas morte. Les choeurs tapissent les aires de ce conflit épique. Grandiose.

En conclusion, les artistes d'Oracles ont réussi à reconstruire un tout autre univers musical que celui posé dans System Divide, plongeant dans le power modern Death et mariant les mélodies avec des passages orchestraux. Cet album est captivant, palpitant et bien diversifié.
Nous pouvons parler de réussite pour ce premier opus, présentant déjà de bons gages de maturité.

Tout au long de notre cheminement nous ne restons pas sur notre faim, et sans doute plusieurs écoutes seront indiquées pour pouvoir entrer dans l'univers magistral , bien densifié et très riche en stimuli, de ce monstre international.
Oracles est parvenu, à redessiner les frontières de différents sous-genres pour en composer une forme de syncrétisme mélodique. Nous ne sommes pas dans du Lacuna Coil, ni du Evanescence, l'apparenté au métal est restée bien ancrée, tout comme la volonté d'offrir puissance et agressivité.

Très beau travail inspirant un très haut respect et recommandé pour vos vacances d'été.

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