Old Lions Still Roar
Laurent Sage
Journaliste

PHIL CAMPBELL.

«Une autre facette du guitariste de Motörhead qui a le mérite de jouer sa propre partition et de ne pas faire du sous-Motörhead. »

10 titres
Hard Rock
Durée: 41 mn
Sortie le 25/10/2019
307 vues
Je ne vous ferai pas l'injure de vous présenter le guitariste qui vient nous présenter son premier album solo. Se faire reconnaître comme une personnalité entière en tant que telle n'est pas tâche aisée quand on a si longtemps été le guitariste de….

Cet album, en préparation depuis 5 ans est une carte de visite et nous propose de découvrir les multiples facettes du personnage. Comme le dit si bien Phil : ''Ce ne sera pas ce à quoi les gens s'attendent. Je joue du piano sur plusieurs pistes. Ce ne sera pas tout à fait comme Motörhead. Après de nombreuses années, c'est agréable de pouvoir faire ce que je veux. Je pouvais faire ce que je voulais dans Motörhead, mais nous ne voulions pas nous éloigner trop loin….'' .
Pour réaliser cet album Phil s'est entouré de musiciens talentueux issus de divers horizons et on y retrouve entre autres : Dee Snider, Whitfield Crane ( Ugly Kid Joe), Nev Mc Donald ( Skin), Nick Oliveri ( Queen of The Stone Age). Le résultat va en effet surprendre les fans purs et durs du bombardier.

Petite précision : le titre de l'album '' Old Lions Still Roar'' ne fait aucunement référence à l'âge des différents intervenants mais il s'agit d'un titre de morceau proposé par un de ses fils pour the Bastard Sons mais Phil a adoré le titre et s'en est servi comme nom d'album. Pour ceux qui pensent qu'ils sont trop vieux !

Effectivement, petite surprise, l'album débute très calmement avec une ballade à la guitare sèche ‘ Rocking chair'. Petite balade du style, j'ai bien parcouru le monde et les scènes de différents pays, il est temps pour moi de souffler. C'est un risque que prend Phil de débuter par une chanson calme mais en tout cas c'est original.
‘Straight Up' et son riff ''classique'' hard rock vient de suite contre-balancer l'impression de calme et pour ce titre, rien de moins que Rob Halford au chant. Dans un registre beaucoup moins metal que dans Judas, il emmène la chanson et ma foi, ce style lui convient tout à fait. Un morceau bien groovy, qui balance et qui donne envie de taper du pied.
Plus heavy ‘Faith In Fire' avec Ben Ward d'Orange Goblin ne fait pas dans la dentelle. Riffs saccadés, chant puissant, un pont très Motörhead, un solo énervé de Phil. C'est bon, Phil n'a pas perdu de son agressivité.

Un peu plus rock ‘Swing It' avec Mr Alice Cooper au chant, nous ramène à l'essence du rock.

Nombre de balades sur cet album : ‘ Left For Dead' avec le chanteur de Skin au chant et sa voix très roots, légèrement éraillée est l'archétype de la balade à faire pleurer dans les chaumières. C'est joué avec feeling et ça se ressent, ‘Dead Roses' avec Phil au piano, une émotion particulière avec la voix de Benji Webbe de Skindred, une chanson qui pourrait cartonner dans les charts et le final avec ‘Tears From a Glass eye' entièrement joué à l'accoustique avec Joe Satriani à la guitare pour l'accompagner.

Entre temps vous aurez pu headbanguer avec un bon riff typé 80's ‘ These Ols Boots' avec Dee Snider au chant ( le style lui convient mieux que sur ses albums metal. Avis personnel), Chris Fehn et Mick Mars aux guitares. Un bon petit moment avec ce beau monde. Certes, ce n'est pas original mais diablement efficace. Question riffs qui tuent, ces deux là connaissent les recettes.
‘Dancing Dogs' et Whitfield Crane au chant nous ramène vers un hard plus moderne, syncopé, des refrains plus metal, et un morceau moins linéaire.

Phil Campbell nous fait découvrir une facette de sa personnalité ( qui, quoi que l'on en pense à été gommée tant l'entité Motörhead était forte) et ma foi, ce n'est pas un album qui va révolutionner la planète mais qui est joué avec beaucoup de feeling, un album honnête et qui est loin d'être commercial. C'est tout à son honneur de se dévoiler ainsi et de ne pas continuer à faire du ''sous-Motörhead''.


PHIL CAMPBELL.
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