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metal néoclassique

Off The Grid
Enora
Journaliste

CELLADOR

«« OffThe Grid », Cellador touche à tout sans jamais quitter ses repères»

10 titres
metal néoclassique
Durée: 43 mn
Sortie le 10/03/2017
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Le Power Metal américain est relativement peu connu et je vais essayer de remédier à ça, en toute humilité, avec cette présentation de l'album « Off The Grid », seulement le second d'ailleurs, du groupe Cellador, originaire du Nebraska.

Le groupe ne nous laisse pas une seconde et ouvre le bal avec la très énergique et rapide « Sole Survivors ». La mélodie et la technicité sont en rendez-vous à tous les niveaux, je regrette simplement que le chanteur n'ait pas une voix qui le démarque beaucoup des autres monstres vocaux qui sévissent dans ce genre qu'est le Power/Heavy/Neo-Classic Metal. Sur « Break Heresy », on sent un peu plus les influences Prog du groupe qui s'essaie à davantage d'expériences, que ce soit sur les riffs ou la rythmique, absolument incroyable. La voix sort également du carcan habituel. « Shadowfold » est terriblement plus tendu et lourd que les morceaux précédents, mais cette atmosphère ne bénéficie qu'à la ligne musicale dont la voix semble totalement déconnectée, et presque parasite.

On continue dans ce genre avec « Wake Up The Tyrant » dont la ligne de basse pourrait parfaitement coller sur des titres plus proches du Black Metal. Si j'applaudis à la virtuosité du batteur et des guitaristes, je regrette toujours autant la mollesse de la voix. Oui, le chanteur atteint a une très belle et large voix mais il lui manque un brin d'énergie qui le rendrait essentiel aux morceaux. Le titre éponyme le met finalement en avant, plus en tous cas que les autres chansons. Mais je trouve ce titre fade par rapport à ceux dont j'ai pu profiter jusque là. Avec « Swallow Your Pride », le groupe nous propose une alternance de passages relativement calmes et de tornades musicales où tous les instruments se mêlent et se superposent dans une vague de technicité pure. La voix n'est, pour une fois, pas en reste, mais je me demande toujours si la virtuosité est synonyme de qualité musicale.

C'est presque Galneryus qui sonne dans l'ouverture aux guitares de « Shimmering Status », mais contrairement au magistral Masatoshi Ono, Chris Petersen ne prend pas le temps d'imposer son tempo à la voix et se cale sur celui de ses camarades, ce qui crée une diction ultra-rapide et peu agréable à l'oreille. Le très dansant « Good Enough » est une vraie surprise que rien ne laissait présager, à la manière de « Two Of Spades » d'Ensiferum, sauf que ce dernier est savoureux, ce qui n'est pas le cas du morceau de Cellador. C'est plutôt vers des groupes de la veine d'Hammerfall qu'on se tourne avec « This Means War », qui se fonde toujours sur une ligne rythmique lancée à toute allure. « Running Riot » est exactement dans le même genre avec quelques échappées musicales plus proches de groupe comme Gloryhammer, mais ils ne réussissent pas à nous donner autant le sourire que la bande d'Angus McFife.

« OffThe Grid » est un album assez étrange malgré sa régularité mécanique. Le groupe touche à tout sans jamais quitter ses repères et ce qu'il maîtrise. Je trouve malgré tout que les membres se réfugient un peu trop dans la facilité que constitue leur maîtrise musicale et qu'ils s'épargnent certains risques.