Ocean machine - Live at the Ancient Roman Theatre
The Effigy
Journaliste (Belgique)

DEVIN TOWNSEND PROJECT

«Devin Townsend Project publie avec ce triple live un testament qui grave la légende dans la pierre !»

25 titres
Progressive Metal/Rock, Ambient
Durée: 160 mn
Sortie le 06/07/2018
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Notre génie canadien nous revient cette fois encore avec un cadeau somptueux, une quatrième sortie cd/dvd du Devin Townsend Project qui se veut également la célébration finale de ce chapitre important de sa prolifique carrière. En effet, Devin a profité de cette sortie pour annoncer un long hiatus à durée indéterminée pour le Project. Cela nous rappelle la fin de Strapping Young Lad où dans un souci d'honnêteté envers lui-même, Devin se devait de passer à une autre étape de sa carrière. Cette fois, la séparation se veut toutefois moins chaotique et se clôt en beauté avec plus de 160 minutes d'un live découpé en deux temps.

La première partie est dédiée au choix des fans. La setlist de « In Request » revisite du coup de grands moments de la carrière du maître mais aussi du plus rare comme le superbe « OM » tiré du e.p. Christeen sortit en 1998, joué pour la toute première fois dans son intégralité en live ( deux minutes du titre ont été jouées en introduction lors des tournées de 2001 et 2010). Il y a également le plaisir de retrouver « Bad Devil » et son swing jazzy-progressif propre à mettre l'ambiance. Les fans ont choisis de varier les plaisirs, nous retrouvons donc malgré tout sur les deux setlists, huit titres déjà disponible sur d'autres DVD : « Truth », « Life », Night », « Bastard », « The Death Of Music », « Things Beyond Things », « Deep Peace » et « Regulator » qui est lui disponible sur le dvd live bonus de l'album Z2 (Live at Loudpark 2013).

C'est donc avec un grand plaisir que nous découvrons 17 titres pour la première fois publiés en live officiel, dont certains que nous n'osions espéré tel « Gaia », « Canada » où encore « A Simple Lullaby ». Penchons nous sur l'apport de l'Orchestre et des Choeurs de l'Opéra de Plovdiv. Deux constats se posent, le premier se fait dans le mixage où Devin ne pousse absolument pas le son de l'orchestre par rapport au groupe comme il est souvent coutume de pratiquer dans ce genre d'association. Ici, c'est toujours bien le squelette du groupe qui reste la star du moment. La plupart des lignes jouées par l' orchestre sont les retranscriptions exactes de ce que l'on peut entendre sur album en sonorités VST ou synthés. Les compositions ne sont donc pas touchées du tout mais l'aspect sonore apporte un rendu différent qu'il est intéressant de découvrir. Personnellement, nous trouvons que c'était le choix le plus intelligent pour adapter une musique qui se veut déjà bien complète avec le nombre de pistes employées par Devin lors de ses enregistrements studios.

Les choeurs quand à eux renforcent la puissance vocale de nombreux passages et augmentent encore si il est possible la grandiloquence des compositions du maître. Ziltoïd pointe le bout de son nez avec un « By Your Command » à tiroir toujours aussi bien exécuté. Le dernier album studio n'est pas en reste avec « Stormbending » et « Failure », ce qui prouve encore une fois que les fans de Devin ne sont nullement des nostalgiques accrochés aux vieux morceaux mais un public ouvert au point de placer des titres récents dans leurs préférences.

Le second set reviens à la forme classique du groupe, l'orchestre à disparu et nous remontons les années jusqu'au Biomech d' Ocean Machine, l'album qui restera gravé à tout jamais dans le coeur d'un très grand nombre de fans. Pour l'occasion, Beav s'en est aller boire une bière et cède sa place au bassiste original, John « Squid » Harder qui va assurer comme un chef malgré la sclérose en plaque qui l'oblige à jouer assis.

L'album est joué dans l'ordre et nous retrouvons ici une production qui augmente par dix la production d'époque et dévoile plus encore le génie et la qualité des compositions. Retrouver les courts « 3 a.m. » et « Sister » au coté d'un « Regulator » déchaîné est plus que bienvenu. « Voices In The Fan » prend encore plus de place dans notre coeur alors que « Funeral » et « The Death Of Music » font mouche encore une fois.

Devin et le Project font un boulot remarquable et nous avons déjà un pincement au coeur sachant que cette phase musicale est maintenant finie. Devin en besoin constant de pouvoir avancer en tant qu'artiste et humain est déjà sous d'autres lieues. Avec quatre albums en préparation : Empath qui devrait arriver en fin d'année si tout se déroule bien, décrit comme complexe, élaboré, étrange, beau et brutal sera suivi par The Moth et deux albums qui ne possèdent pas encore de titres. Bref, nous recommandons à tout fans de Devin ce superbe live qui regroupe ici le qualitatif et l'émotionnel, tant dans l'exécution que dans l'intention. Un très beau testament du Devin Townsend Project.
DEVIN TOWNSEND PROJECT
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