PAINTED WIVES
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Doom Métal

Obsessed With the End
Morbid Domi
Journaliste (Belgique)

PAINTED WIVES

12 titres
Doom Métal
Durée: 51 mn
Sortie le 29/04/2016
4044 vues
L’occasion m’est donnée de me pencher sur un groupe américain qui s’est formé en 2012.

Ils sont Californiens et officient dans le registre du Doom metal.

Pour nous faire une idée de ce à quoi nous attendre, quelques recherches nous conduisent à un postulat les situant entre « Alice In Chains, System of a Down et Mastodon ».
Le ton nous est donné. De mon côté, j’avoue me dire, que je vais me lancer dans une écoute fastidieuse et bien chiante car je ne suis pas trop fan des groupes référés.

Une douce intro démarre l’album, guidée par un bien joli jeu au piano et à peine le temps d’en apprécier la saveur, vous voilà entré dans « Hollow Bones » qui est sompteux, vous plongeant effectivement à l’époque du Grunge mais tout en gardant un jeu typé plus Rock alternatif.
Ce morceau est prenant, vous trouvez un petit lien avec RadioHead mais qui a pris des amphétamines. Le chant est prenant, il y a de la profondeur.
Les musiciens nous transportent entre tempos plus lents et explosions de riffs , c’est jouissif.
Je me dis à ce stade que le lien avec S.O.D. peut se justifier mais sur le morceau « Aerials ».

Le 3ème morceau, « Fable », vous glisse sans difficulté dans la même mouvance mais avec une cadence plus rapide, plus soutenue. C’est aussi un très beau morceau. Un solo de fond bien nerveux vous retire brutalement de votre contemplation.
Vous comprenez, à ce stade, que nous avons affaire à une bien belle œuvre et déjà l’envie d’aller plus loin s’immisce en vous.

« Dig a déjà débuté dans un registre plus calme » et là, je vois un autre corrélat au niveau du chant et dans le groove des musiciens, je risque d’être le seul à oser le faire mais que soit !!! Je repense à Faith No More à l’époque « Album of The Year ». C’est dire la qualité des bougres ici présentés.
Leur art réside aussi dans le fait, que par-delà nos tentatives de comparaison, le groupe garde bien sa griffe et nous montre un jeu évolutif, un univers à géométrie variable tout en gardant pourtant son ancrage spécifique.
Aurions-nous ici les inventeurs du Doom Fusion ?
Je le pense sincèrement. « Dig » est superbe et s’agite au fur et à mesure de sa progression.

« Countless » s’enchaîne toujours dans cet air « Pattonien » mais avec une facette plus Doom cete fois. Le refrain est preneur et va vous chercher dans les tripes.

« My Sisters » va strictement dans la même dynamique qu’évoquée ci-avant.

« Congratulations » vous marquera par un tempo plus haché, orienté encore plus dans le groove de type peps.

« Icy Blonde » se présente à nous comme véritable slow péchu à la « I’M easy » de qui vous savez. Ce morceau se distingue bien par une personnalité distincte renforcée par le jeu de batterie qui va s’accélérer au gré du temps vers une frappe de type « Post Black » mais juste quelques secondes.
Mais que ce morceau est bon. Quelle verve.

On croyait là découvrir le bijou de l’album... Hé bien non !!! « Kubrick’s Tongue » nous plonge dans une sorte de mélancolie magistrale. Ce morceau pourrait être un B.O. d’un film dramatique et profond traitant de la nature humaine.

On ne s’endormira point en enchaînant les écoutes de « Saint » et surtout de « Stay with me », autre perle pleine d’énergie. Il y a fort à parier que le destinataire du message ne pourra que rester avec l’auteur du propos. Le jeu de guitare vous pousse vers le ciel. Votre bassin est happé.

Le temps est venu de terminer la découverte en allant faire un petit tout dans la galaxie sur le dernier et long morceau « Interstellar » qui vous garde en apesanteur, vous donnant la véritable possibilité de vous pauser (pausing) dans la quiétude. Morceau magnifique.

Ma conclusion est sans appel, cet album vous fait découvrir une toute autre manière de jouer le Doom en allant chercher une bonne fusion groovy, légèrement grungy mais bien nourrie de power. Un petit brin de folie habite le groupe d’Orange County et la progression d’écoute de leur galette vous plonge dans un inexorable constat : « Superbe album, superbe moment d’écoute et mieux encore, superbe découverte ». Nous avons ici affaire à des créateurs, pas à des suiveurs.
Ils ont sublimé le Doom en le rendant accessible aux amoureux du Rock alternatif voire du Post-Rock mais avant toute chose, aux passionnés du Métal.

Ne passez surtout pas à côté de cette « obsession avec la Fin ». C’est bien là le sens du vivre, la finitude.
Les artistes ont donné de très jolies notes musicales sur cette question métaphysique qui guide tant d’êtres humains.
Leur réponse nous plonge dans le carpe diem pour pouvoir jouir au mieux des instants de toute beauté passant notre chemin.
Il ne fait aucun doute que leur album vous aidera à en tirer les conclusions.


Morbid Domi