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Black Metal

Iluntasuna Besarkatu Nuen Betiko
Beleth Ars Goetia
Journaliste

NUMEN

«Une véritable pépite qui démontre que l'ascension des basques de Numen est loin d'être terminée. ''Iluntasuna Besarkatu Nuen Betiko'' est indéniablement un incontournable de cette fin d'année, voire de 2019.»

8 titres
Black Metal
Durée: 47 mn
Sortie le 27/09/2019
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C'est avec ''Iluntasuna Besarkatu Nuen Betiko'' que Numen nous revient, après de (trop) longues années d'absence.

Originaire d'Hegoalde (Pays Basque sud), Numen est déjà auteur de trois albums studios, dont le dernier éponyme est sorti en 2011 chez les Acteurs de L'Ombre, qui réitèrent leur partenariat pour ce nouvel opus. Le groupe est composé de Jabo et Xabi aux guitares, de Lander à la basse, de Eihar à la batterie, d'Eol au synthé et enfin d'Eihar au chant.

Numen puise son inspiration dans les croyances, les coutumes et l'histoire de son Pays Basque natal, dont la culture foisonnante et ancestrale se marie à merveille avec le Black Metal agressif, sombre et brutal des basques. Tous les textes sont en Euskara, plus vieille langue d'Europe Occidentale et non indo-européenne.

Alors que dire de cette galette ? ''Numen'', sorti en 2011 humait déjà bon la pépite à surveiller. N'y allons pas par quatre chemins, ''Iluntasuna Besarkatu Nuen Betiko'' est une pure merveille et poursuit le chemin déjà creusé par son prédécesseur, en allant encore plus loin.
Les morceaux s'enchainent à un rythme effréné, sans jamais lasser l'auditeur ni le perdre dans des considérations musicales alambiquées pour épater la galerie. Avec Numen, c'est clair, net, précis et diablement efficace, comme en témoigne le morceau d'ouverture coup de poing 'Iluntasuna soilik' (à l'écoute en fin de chronique).
Tantôt énergique, flirtant légèrement avec un thrash des années 80, comme sur 'Lautada izoztuetan', tantôt plus glacial ('Pairamena'), certains morceaux plus calmes donnent de belles respirations à l'album, permettant de casser ce rythme infernal et violent, tel que sur la fin de 'Itzaletan solasean' ou encore sur le très beau 'Itzaltzuko bardoari', morceau acoustique qui vient clore cet opus.

Le style de Numen pourrait être qualifié de violent, glacial et sans concession. On y retrouve ici toute la quintessence de la Seconde Vague de Black Metal, avec des ambiances faisant penser à Ulver et Immortal (tel que sur 'Nire arnasean biziko da gaua' ou encore sur 'Iraganeko errautsak'), ou l'aspect primitif et ancestral vous prend à la gorge dès les premières notes, inspirant une grandeur immémoriale et nostalgie ('Nire arnasean biziko da gaua'). Tout est orchestré à la perfection, avec des musiciens absolument excellents qui retranscrivent leurs sentiments avec une précision digne d'orfèvres. Le chant hurlé est quant à lui monotone et froid et participe grandement à l'effet impitoyable de cette galette, à la manière d'un conteur délivrant ses histoires. Cet album transporte l'auditeur tout entier au coeur des forêts sans âge basques, tout comme ''Panzerfaust'' de Darkthrone invite à découvrir les paysages enneigés de Norvège. Un bel exemple est 'Lautada izoztuetan' ou la double pédale cogne et ou les mélodies sublimes rappellent parfois la musique espagnole, pour ensuite invoquer un gigantesque courant d'air glacé en plein Zugarramurdi.

''Iluntasuna Besarkatu Nuen Betiko'' est tout simplement une merveille. Amateurs et amatrices de pépites, jetez vous dessus. Cet opus permet au groupe de prouver sa légitimité sur la scène Black Metal, et également aux Acteurs de l'Ombre de démontrer, encore une fois la qualité de son écurie. Numen n'a rien à envier aux groupes d'envergure internationale et a tout a fait sa place dans les festivals de l'été 2020. Nous croisons les doigts ! Eskerrik asko, gostuko dut !