Nothing More
United Rock Nations

NOTHING MORE

17 titres
Rock Progressif
Durée: 68 mn
Sortie le 23/06/2014
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Sérieux client que voilà : Nothing More, groupe texan signé par la grosse écurie Eleven Seven Music (5 Finger Death Punch, Papa Roach, Motley Crue, Hellyeah, etc... ) déboule précédé d'éloges de tout le landernau métallique ! Evidemment, avec la rigueur journalistique qui nous caractérise, et notre scepticisme so frenchy, on ne peut s'empêcher de se demander si les louanges d'un Nikki Sixx par exemple ne sont pas exacerbés par la confraternité envers un collègue de maison de disque !

Mais trêve de suspense, ce premier album est effectivement d'excellente facture. La couleur générale de Nothing More emprunte au Néo Metal (Linkin Park, ou justement leurs confrères Papa Roach). Les bougres savent s'y prendre pour ciseler d'excellents titres, à la fois puissants et mélodiques ; aucun doute, les FM américaines, les amateurs de Néo-métal et en général les djeunes vont adorer !

Non seulement, la galette s'ouvre sur un triptyque taillé pour les hit parades, mais elle est aussi un véritable reflet musical de notre époque, dans le meilleur sens du terme : l'alternance typique néo de « Ballast », entre parties ultra mélodiques et chant saturé plus agressif est mise en valeur par un contre-temps rythmique ; sur « Christ Copyright », les machines entrent en action et répondent à un chant à la fois mélodique et saccadé, aux influences System of A Down ; pour « Mr MTV », après une intro avec écho de Money for Nothing de Dire Straits (déjà en référence à la chaîne musicale), c'est grosse basse à la White Zombie, contre-temps bien sentis et refrain entêtant qui brocarde MTV (cela dit, en 2014, à quoi bon ?).

Cerise sur le gâteau, Nothing More, déjà fort de références aussi variées, s'aventure bien plus loin : deux instrumentaux et « Pyre », le titre de clôture, sont orientés prog. Mais surtout, on a le plaisir de déguster plusieurs titres beaucoup moins formatés, aux structures élaborées et rendu efficace : le « Faith No More-ien » « Friendly Fire », « Sex Lies » et son méchant riff, sa structure alambiquée et ses choeurs barrés à la S.O.A.D., la doucereuse intro de « Jenny » qui défie en refrain furieusement groovy et « Take a bullet », grenade indus au refrain entêtant !

Bref, hormis quelques power ballades un peu dégoulinantes, quoique toujours efficaces (« I'll be ok » ; « Here's to heartache » et « God went north »), et un chant aigu, aux accents parfois plaintifs à la Brian Molko, qui pourra en agacer certains à la longue, rien à reprocher à Nothing More.

Un très bon album donc, un peu desservi par le battage : si ce n'était au final ce manque d'unité de style qui l'empêchera peut-être de faire l'unanimité, on pressent bel et bien la capacité de ce groupe à engendrer l'excellence promise : à suivre !
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