NILEXISTENCE
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Death Metal

Existence in Revelation
Anibal BERITH
Journaliste

NILEXISTENCE

8 titres
Death Metal
Durée: 47 mn
Sortie le 25/03/2016
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SELF RELEASE
Formé en 2014, NilExistence a vu le jour lorsque le groupe Disfigured Dead enregistrait son second album. En fait le travail d'écriture de Dave Gruver et Kyle Kratzer, le guitariste et le batteur, auraient dû être employé pour le troisième album du combo dans lequel ils officiaient mais au fur et à mesure de leur avancée artistique, il fut nécessaire de partir dans une autre voie et cette voie devient tout naturellement NilExistence.

Dans son ensemble, 'Existence in Revelation' est très sombre, les riffs sont lourds, gras, le growl de Patrick Tuohey est caverneux et le rythme est en cesse évolution parsemé d'accélérations fulgurantes et de mid tempo asynchrone et assommant. Cette ambiance s'est créée naturellement du fait d'une période sombre de la vie des deux leader pendant la phase d' écriture. Cela donne une musique peu accessible dans un death metal plutôt brutal dans lequel on y sent une inspiration modérée de groupes tels que Cannibal Corpse ou Nile.

Les morceaux sont longs pour le genre avec une moyenne de 6 minutes, de quoi rentrer dans l'univers glauque du quintet américain qui n'hésitera pas à intégrer des plans sonores atypiques dans chacune de ses compositions comme souvent des voix ou des cris afin d'accentuer le côté ténébreux de la galette.

'The Quietus' entame les 47 minutes de tuerie sonore par des cris d'angoisse, comme une foule paniquant face à un événement incontrôlable et irréversible puis c'est la claque sur 1'30'' aux blast beat massacreurs créant un tempo à la fois rapide et brutal. Rapidement les changements de rythme se font sentir; c'est la spécialité des américains afin de ne laisser aucun répit à son auditeur.
Au-delà des blasts assommants, du growl caverneux et des riffs saturés et lourds, la mélodie de chacune des compositions est dissonantes et la basse omniprésente comme sur 'This Throne's Carved from Greed', 'If Snakes Could Talk, My Words Would Slither', deux titres où l'on sent une légère influence de Cannibal Corpse.

Les autres morceaux adopteront ce type de structure tout en respectant l'identité de chacun d' entre-eux qui ne se ressemblent pas malgré la brutalité déversée.

Par exemple, 'Primordial Transgression' offre plus de volume avec une touche empruntée à Nile, tout comme 'Pitch Black Perception' dont le chant est moins caverneux, le rythme plus lent et plus lourd bien que Kyle soit capable de nous dérouter par ses accélérations fulgurantes.
Technique que l'on retrouve sur le dernier titre de la galette 'Screams Form Silence', le plus long avec ses 9'13'', qui offre une multitude de changement au son de riffs cristallins, plus clairs donc et seul titre à avoir adopté cette résonance sonore et au final pesant de part le riff lourd et assommant répétitif.
'To Give Is to Serve' est le titre le plus frontal car il fait appel à des plans Metalcore qui employé dans le Death Metal décuple la brutalité du style déjà violent.
'Tyranny Is Blind, and the Tyrant Deaf' est quand à lui plus instrumental et démontre tout le panel technique et artistique de NilExistence.

Franchement, un premier essai réussi pour les anciens de Disfigured Dead qui ont eu la bonne idée de créer NilExistence afin de mieux exploiter leur univers pour le déverser dans nos oreilles de façon brutale et sans retour. Un Death Metal actuel qui donne sa part belle au old school entrainant ainsi l'auditeur dans les ténèbres abyssales tout en préservant un style musical varié et surprenant.

Anibal Berith.