NESSERIA
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Death/Black Metal/Grindcore

Cette érosion de nous même
Julien Pingenot
Journaliste

NESSERIA

«Nesseria nous délivre un album torturé et sans concession. »

9 titres
Death/Black Metal/Grindcore
Durée: 38 mn
Sortie le 06/10/2017
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Actif depuis 2003, Nesseria, originaire d'Orléans, nous balance un mélange ultra efficace de death/black avec quelques éléments de hardcore à la tronche. Et depuis leur formation, le combo fut très productifs et compte dans sa discographie plusieurs splits, démos et deux albums. Et en 2017, un troisième long format vient se rajouter et se nomme : « Cette érosion de nous-même ».

« On prendra l'habitude » ouvre l'album par un cri déchirant et des guitares dissonantes. Dès le début, Nesseria installe une ambiance lourde et pesante. Le chant est très plaintif, un peu à la Ghost Bath, et communicatif. « La Chasse aux Écureuils » et « Les Ruines » sont dans le même esprit et aident à échafauder une ambiance de plus en plus malsaine et empli de désespoir. Et ce désespoir est « personnifié » par le chant mais aussi par les tremolos dissonants des guitares.

Comme dit dans l'introduction, Nesseria apporte quelques éléments hardcore dans ses compositions, en effet, certains breaks ultra efficaces et bien placés rendent l'écoute de l'album jamais ennuyante.

« A l'usure » montre les limites du chant « plaintif », en effet, la quasi totalité du morceau n'est qu'une guitare sèche et le chant, et selon moi ce type de chant nécessite un accompagnement rythmique assez dense pour que toute la puissance de ce cri de désespoir nous affecte ; et sur ce titre je le trouve assez desservi...

Avec « St-Petersbourg », on revient sur un morceau plus en accord avec le reste de l'album. Cependant, il se démarque bien des autres morceaux, de part sa durée (6.36 min) mais aussi avec son côté plus « atmosphérique » , en effet, les compositions sont plus aérées, mais cela n'enlève aucune agressivité au morceau, par exemple, le passage instrumental au milieu du morceau qui permet de nous laisser souffler quelque peu, pour pouvoir nous focaliser sur la suite de l'album.

« Forteresse » est le morceau le plus direct et violent de l'album, et c'est avec lui que le groupe distille au mieux ses influences hardcore, notamment avec ce break assassin !

Passons rapidement sur « Pris à la gorge » et « Dans l'ombre et la lumière », deux très bons morceaux et qui ne divergent pas du reste de l'album. Et intéressons nous au dernier morceau de l'album, « Cette érosion de nous même » qui est morceau instrumental, un choix osé mais intéressant. En effet, un morceau instrumental peut très rapidement sortir l'auditeur de l'écoute mais, pour le coup, ce n'est pas le cas ! Ici, le morceau est captivant, empli de tristesse, de désespoir et sonne la fin de cet album, avant de se retirer progressivement en baissant le volume des guitares dissonantes.

Au final, Nesseria nous délivre un album torturé et sans concession.