MURPHY
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electro et metal/hardcore

Murphy
Julie Legrand
Journaliste

MURPHY

«Une expérience immersive dans un univers sonore horrifique qui ravira à coup sûr les amateurs de films d’horreur»

8 titres
electro et metal/hardcore
Durée: 33 mn
Sortie le 09/04/2021
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Avez-vous déjà vécu l’expérience d’une immersion sonore dans un monde horrifique ? C’est en tout cas ce que Murphy nous propose dans le cadre de son tout premier album ‘’Murphy’’ !
Avant même de rentrer dans l’écoute des musiques elle-même, la couverture de l’album aux teintes anormalement rouges nous annonce déjà le ton des productions. Nous y voyons une maison isolée dans laquelle toutes les lampes sont éteintes à l’exception d’une seule, celle du grenier. Le bâtiment est entouré d’arbres épais qu’aucune lumière ne peut transpercer et le tout se trouve sous un ciel aux couleurs étranges et inquiétantes. Le décor présenté est semblable à celui de nombreux films d’horreur et nous pouvons déjà deviner les péripéties déplaisantes et traumatisantes qui se succéderont.

Venons-en maintenant au cœur de l’album en parlant des morceaux en eux-mêmes ! A la croisée de l’électro et de l’indus, très inspiré par le synthwave, le duo nantais nous propose huit titres capables de nous plonger instantanément dans un univers tout à fait sombre et angoissant. Nous y retrouvons un synthé tantôt présent en mélodie principale, tantôt en mélodie de soutien, une batterie aux percussions saisissantes, et un chanteur dont le chant crié rappelle clairement le néo metal avec un rap/screamo.

Si tant est qu’on y pose une oreille attentive, il est réellement possible de se figurer ce que la musique nous suggère, que ce soit par les nuances musicales très variées ou bien par les inspirations puisées directement dans les codes sonores des films d’horreur. Nous pouvons par exemple y retrouver le rythme rapide et percutant qui ne laisse aucun répit à l’auditeur, les harmonies et les ostinatos complètement dissonants ou encore les leitmotivs que l’on retrouve dans des moments de tension dramatique.
Il suffit de quelques secondes d’écoute du titre 'Don’t leave the group' pour nous imaginer au sein de notre groupe d’amis, installé dans un chalet perdu dans les bois, alors que des choses inquiétantes mais bel et bien réelles se déroulent tout autour de nous. L’ajout de paroles prononcées par des personnages clichés, d’une respiration haletante et de quelques notes dissonantes au piano, combinés avec l’instrumentation déjà frappante, donne une réalité certaine et de splendides nuances à cet univers complètement immersif. Ce morceau terrifiant est typiquement de ceux que l’on déconseillerait d’écouter la nuit tombée tant son écoute transmet le besoin de vérifier régulièrement que rien d’étrange ne se déroule dans la pièce où nous sommes installés.
Un autre titre tout aussi immersif m’a marqué : 'Murder House'. Celui-ci nous transporte dans une grande maison dont l’aura qui se dégage est franchement peu rassurante. Le dédale de pièces y est tel que l’on ressent presque le désespoir de la victime à tenter de s’échapper du tueur qui, lui, connaît bien mieux la maison et tous ses recoins. Le synthé donne une touche profondément sinistre à la situation qui semble d’ores-et-déjà peu favorable pour la victime. L’instrumentation réussit parfaitement à représenter la course-poursuite et toutes les péripéties qui s’y déroulent. Au moment où le tueur prend le dessus sur sa victime, nous entendons la voix torturée du chanteur. Vers la fin, ces paroles criées disparaissent au profit d’une mélodie inquiétante au synthé, puis le silence s’instaure brusquement.
Vous dévoiler davantage de choses à propos de cet album serait un crime tant son écoute est une expérience personnelle qui vaut pleinement le coup d’être savourée. Je vous invite donc chaudement à être, vous aussi, les auditeurs de ces aventures remplies de cris, de courses effrénées et d’hémoglobine !

Murphy nous offre une expérience sonore inédite digne d’un excellent film d’horreur survival sans les images. Nous y retrouvons tous les codes propres aux films du genre. Les mélodies retranscrivent efficacement les situations emblématiques, bien qu’il puisse être reproché à certaines mélodies de parfois paraître redondantes. L’instrumentation que nous y retrouvons est polyvalente puisque chacun des instruments a une fonction musicale et scénaristique : le synthé donne l’ambiance et indique le lieu, la batterie traduit la dynamique de la scène tout en nous maintenant aux aguets, tandis que le chant met des mots sur les situations horrifiques tout en exprimant le danger.
Le projet musical du groupe est une grosse claque sonore de 33 minutes qui ravira à coup sûr les appréciateurs du cinéma horrifique !