SOREPTION
Plus d'infos sur SOREPTION
Technical Death Metal

Monument Of The End
Enora
Journaliste

SOREPTION

«« Monument Of The End », un vrai bijou du Tech Death actuel dont Soreption n'a pas à rougir tant le successeur d'« Engineering the Void » dépasse toutes nos attentes»

8 titres
Technical Death Metal
Durée: 33 mn
Sortie le 03/08/2018
3622 vues

Soreption est un groupe de Tech Death formé en 2005 en Suède et qui mérite une attention toute particulière ! Après un premier album, « Deterioration of Minds », remarqué en 2010, le groupe n'a cessé de donné des preuves de son talent, en particulier avec l'excellent « Engineering the Void » paru en 2014. Voyons maintenant si « Monument Of The End », leur dernière création, est à la hauteur et confirme l'ascension du groupe !

Le premier morceau de cet album, que vous pouvez également découvrir grâce à son clip, n'est autre que le surpuissant et sombre « The Anti-Present », preuve s'il en fallait que Soreption fait de la virtuosité son maître-mot en superposant des riffs monumentaux de guitare à la basse imparable de Kim Lantto. Une rythmique déliée et groove ne tarde pas à se mettre en place, nous offrant, s'il le fallait, un argument de plus pour headbanguer en se laissant porter par la maîtrise des musiciens. Si ces derniers semblent légèrement moins portés que des groupes comme Archspire sur des soli terrifiants de technicité et d'influences tirées du Classique, ils se défendent néanmoins très bien. « Children of the Automaton » prend la relève, permettant à Tony Westermark, à la batterie, de déployer tout son attirail et de maintenir une rythmique frénétique, parfois cassée par des breaks entraînants et énergiques. Les fractures musicales sont d'ailleurs fréquentes sur ce morceau où il faut rester attentif tant les musiciens prennent toutes les libertés possibles. Le chanteur a le charisme et la maîtrise vocale qu'il faut pour répondre sans honte au reste du groupe et son timbre se mêle très bien aux compositions de Soreption.

Basse et guitare se répondent sur l'introduction de « King of Undisputed Nonsense » alors que la batterie intervient ponctuellement pour rappeler à quel point elle est indispensable en marquant les temps forts de la chanson. Le guitariste Mikael Almgren multiplie les démonstrations impressionnantes de son contrôle absolu de son instrument. Le mixage a été soigné et met en valeur chaque élément de cet album qui s'annonce déjà monstrueux. Avec les premières notes de « Nothingness Becoming », on découvre un univers musical en apparence plus apaisé et délicat ; on aurait presque l'impression de se replonger dans l'interlude de « Involuntary Doppelgänger » d'Archspire. Mais le groupe ne tarde pas à revenir vers sa ligne de conduite habituelle, mené par la basse meurtrière de Kim Lantto. La batterie se fait militaire et porte à bout de bras des breaks lourds à souhait sur lesquels la voix de Fredrik Söderberg se promène avec aisance, force et agressivité. Les dernières notes s'éteignent faiblement alors qu'« Architects of the Apocalypse » démarre sur les chapeaux de roue (en même temps, avec un nom comme ça…) ! Le scream gagne encore en puissance et la chanson en elle-même est probablement la plus violente depuis le début de cet album, à écouter sans modération !

Soreption a visiblement basculé dans la zone la plus sombre et lourde de sa musique depuis le morceau précédent, et ce n'est pas avec « A Mimic's Ignorance » qu'on va dire le contraire. Plus rien ne semble retenir la batterie et ses blast-beats et la basse appuie les fondations d'un morceau déjà plus que solide. Vocalement, Fredrik Söderberg adopte une attitude encore plus agressive que sur les précédents titres, ce qui se transmet sans peine dans sa puissance et son timbre de scream. Le rythme ralentit un peu (tout est relatif quand on parle de Tech Death mais tout de même) avec « Virulent Well ». Les techniques de scream évoluent et on a parfois l'impression que plusieurs voix apparaissent en même temps, certaines hurlent comme des spectres alors que d'autres restent dans un style plus caverneux et grave. La fin de « Monument Of The End » est en tous cas un vrai bijou de violence grâce auquel la basse est encore plus mise en valeur. Toutes les bonnes choses ont une fin et, dans le cas présent, elle s'appelle « The Entity » et conclut cet album comme il le méritait, avec quelques prises de risque payantes et qui apportent la touche d'originalité que certains pouvaient regretter !

« Monument Of The End » est un vrai bijou du Tech Death actuel et Soreption n'a pas à rougir du successeur d'« Engineering the Void » (2014) ! Devant une telle prouesse, je ne peux que vous inviter à aller les découvrir en live en première partie de la tournée européenne de Revocation, et accompagnés d'Archspire et de Rivers Of Nihil.