Imposteur
Chozo Tull
Journaliste

MINGAWASH

«Imposteur est un album écrit et exécuté avec précision qui saura ravir les amateurs de metal francophone. »

11 titres
Metal Fusion
Durée: 42 mn
Sortie le 21/04/2018
1777 vues

Il y a un sous-genre du metal francophone toujours populaire depuis la fin des 90's : le metal fusion, appelé ainsi (on suppose) car il mélange metal et influences diverses, et surtout rap. Dans les faits cela donne des groupes au son lourd et groovy mâtinées de paroles semi-conscientes (voir : Lofofora, Mass Hysteria, pourquoi pas Pleymo ?). C'est dans cette tradition que les belges de Mingawash s'inscrivent, avec une bonne d'humour mi-absurde my-cynique qui nous fait parfois penser à Ultra Vomit. Le groupe a en effet un personnage de panda, Roy, incarné sur scène et flanqué de ses Pandanettes ! Tout un programme donc, que Mingawash déroule sur ce premier album sorti il y a quelques mois. Un album qui ne rigole pas, même si quand même un peu.

Le son du groupe est clairement influencé par un heavy à la sauce moderne. Sur virtuellement tous les morceaux de la galette, les guitares tabassent. Les riffs sont pour la plupart sans surprises, mais la production est impeccable (surtout pour un premier album) et le son est délicieusement in-your-face. La voix est mise au premier plan, les textes étant une part importante du travail de Mingawash, et le chanteur passe du growl grave aux cris plus rêches sans problèmes, avec également une bonne dose de voix claire aux maniérismes comiques et exagérés qui permet cette petite comparaison avec Ultra Vomit. C'est particulièrement audible dans le morceau ''Joujou'', avec son interlude en forme de TV show macabre - on notera aussi les discussions cachées et l'enregistrement des voix parlées de ''Pornographique'' à la fin du dernier morceau, dont l'insertion établit également cet esprit potache (''hop c'est bon, c'est fini ... c'est dans la boîte ... c'est bon ... y'a plus rien à faire ici ...''). Les textes des morceaux eux-mêmes oscillent entre le trash nihiliste (''Imposteur'', ''Pornographique'', ''Médisant'', ''Tape''), la pure comédie (''Champignon''), ou même la naïveté un peu touchante sur ''Bande Organisée''.

Musicalement, Mingawash nous réserve également un panachage instrumental qui fait honneur à leur étiquette de fusion. Si il y en a en effet une prédominance du heavy metal - ''Tape'' commence sur un riff un peu pompé au célèbre ''Sad but true'', ''Pornographie'' et ''Chope ton biker'' sont aussi assez traditionnels dans le genre, on trouve régulièrement dans l'album des emprunts à divers genres : le pont reggae et les touches de djent dans ''Médisant'', les percus tribales de ''Intro'', ''Imposteur'' (qui a également un excellent pont frénétique un peu prog !), le tout groove et réussit à surprendre agréablement tout au long de l'écoute de Imposteur.

Au final, l'album respire à la fois le fun, l'envie de bien faire, et le sérieux : les performances de tous les membres du groupe sont tight comme il faut, la galette ne s'éternise pas, et on se prend à réécouter plusieurs morceaux avec plaisir. Un groupe à mettre sur la watchlist immédiatement !

MINGAWASH
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