MIND IMPERIUM
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Melodic Groove Metal

Way To Carcosa
Enora
Journaliste

MIND IMPERIUM

«« Way To Carcosa », un projet dantesque dont on peut avoir du mal à percevoir la profondeur mais qui finit par se révéler à l'auditeur, l'emportant dans le sillage du Roi en Jaune pour un voyage autant musical qu'introspectif»

11 titres
Melodic Groove Metal
Durée: 47 mn
Sortie le 23/09/2018
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En 2013, Nogh (guitare et chant, ex-OBNOXIOUS), Rob (guitare, ex-THREE SECONDS RULE), Carol (basse, ex- NECROBLASPHEME) et Julie (batterie, ex-ALPHA SPECIMEN) décident de s'associer pour donner naissance à My Imperium dont le premier EP, « Amongst The Ruins », ne se fait pas attendre. En 2017, le groupe change de nom pour Mind Imperium et s'attèle à la composition d'un album mêlant littérature fantastique et psychanalyse. Ce travail est à l'origine de « Way To Carcosa » où l'auditeur suit le personnage du Roi en Jaune (créé en littérature par Robert W. Chambers) à travers les étapes d'un voyage dans la douleur.

‘I Am Become Death' est une courte introduction qui reprend les paroles du physicien américain Julius Robert Oppenheimer (1904 – 1967), « I am become Death, the destroyer of worlds » qui viennent en fait d'une traduction de son cru de la formule en sanskrit : « kālo'smi lokakṣayakṛtpravṛddho lokānsamāhartumiha pravṛttaḥ » et qu'il a prononcé dans un documentaire télévisé intitulé « The Decision To Drop The Bomb » et diffusé en 1965 (ce n'est pas parce qu'on est là pour découvrir un album qu'on ne peut pas se permettre une petite digression de culture générale). Quelques sons de guitare se font entendre dans le lointain et permettent une transition facile avec ‘Eventide'. Les influences Death Metal de Midn Imperium se mêle à une rythmique qui se veut groove mais qui pourrait être encore plus accentuée. Sans être désagréable, le scream de Nogh semble trop sec et manque de profondeur et de maîtrise. Assez étrangement, le morceau finit par emprunter à des atmosphères Metalcore, ce qui n'est pas déplaisant. Le groupe nous entraîne ensuite vers quelque chose de plus imposant avec ‘Fragmented'. Cette chanson se révèle assez rapidement être une excellente surprise avec une ligne rythmique rapide et des guitares mélodiques qui n'hésitent pas à tisser des compositions entraînantes par-dessus une basse solide que le mixage met en avant, et qui permet de savourer pleinement le break.

Mind Imperium s'est tourné vers l'Orient pour l'ouverture de ‘Time To Pay' avant d'ajouter la basse et la batterie, pour un effet maîtrisé et propre. La voix parlée et de plus en plus saturée du chanteur, proche de ce qu'on peut trouver dans le Thrash, prend ici une autre dimension, qui lui sied bien plus, il faut l'admettre. La tension croît peu à peu, rapprochant presque le morceau de composition dans un genre plus Progressif, mais toujours avec une rythmique violente proche du Thrash. ‘Dust' arrive à point nommé pour nous permettre de reprendre notre respiration avec un titre calme, mélancolique et atmosphérique à ses débuts. La voix aurait méritée d'être un poil plus soignée et juste malgré tout… Les sons métalliques et les quelques paroles qui s'élèvent sur ‘Apocalyptical Parade' plantent un décor digne de Mad Max pour la suite de l'album, espérons que le groupe va poursuivre dans cette voie ! La batterie qui ouvre ‘The Blind Shepherd' est certes entraînante mais n'a rien à voir avec ce que l'interlude ‘Apocalyptical Parade' laissait présager puisqu'on renoue avec un Thrash/Death qui s'affirme de plus en plus comme le genre dominant de cet album, avec, il faut le reconnaître, quelques touches plus Metal US. Sur la fin, la guitare lead de Robs nous offre une jolie envolée mélodique qui vaut la peine d'être soulignée.

L'auditeur, après ces promenades musicales assez variées et qui couvrent finalement des genres très divers, découvre un aspect plus violent et lourd de la musique de Mind Imperium avec l'aggresive ‘Cassilda's Lament'. Que ce soit la batterie effrénée de Julie, la basse groove de Carol, les guitares et le chant débordant d'énergie de Robs et Nogh, tout est réuni pour faire de cette chanson une vraie réussite et probablement le morceau affirmé et fougueux qu'on attendait depuis le début de l'album ! On se met à taper du pied et à agiter la tête sans même s'en rendre compte. Vous en voulez encore ? Ça tombe bien puisque ‘Last Man Standing', qui arrive juste après, est exactement dans le même ton, avec une ligne rythmique sacrément puissante et qui donne une furieuse envie de bouger. Si Mind Imperium nous fait la même chose en live, on signe tout de suite ! Les amateurs de groupes comme Ektomorf y trouveront forcément leur compte alors ne vous privez pas d'essayer. La sécheresse qu'on pouvait reprocher au scream du frontman sur les premiers morceaux trouve ici parfaitement sa place. Le constat est le même pour ‘A War Without End' et il faut reconnaître que le groupe a particulièrement soigné la fin de cet album, jusqu'à proposer une ‘Outro' de conclusion.

« Way To Carcosa » est un album dont on peut avoir du mal à percevoir la profondeur dans un premier temps, mais ce projet dantesque finit par se révéler à l'auditeur, l'emportant dans le sillage du Roi en Jaune, figure cathartique que Mind Imperium nous propose de suivre pour un voyage autant musical qu'introspectif. Si le groupe peut parfois donner l'impression de passer d'un style à l'autre, il faut néanmoins saluer l'ambition qui sous-tend leur projet et qui leur permet de proposer un album convaincant et réfléchi.