Milharis
Enora
Journaliste

STILLE VOLK

«« Milharis » est un voyage musical dans des terres reculées et plutôt accessibles aux initiés du genre autour de récits occitans, comme Stille Volk a toujours su le faire»

10 titres
Medieval/Celtic Folk
Durée: 45 mn
Sortie le 28/06/2019
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C'est en 1994 que Stille Volk, de l'allemand : « peuple silencieux », se lance dans un projet alors totalement novateur : proposer du Folk occitan qui se fonde sur le patrimoine légendaire et occulte de sa région natale pour écrire et composer ses chansons. Après une signature en 1996 avec le label Holy Records et 5 albums, le groupe rejoint Prophecy Productions pour « Milharis », qu'on découvre sans plus tarder.

Une délicate mélodie de guitares annonce ‘Sous la peau de la montagne' sur laquelle une rythmique se met peu à peu en place, bientôt rejointe par des voix chaudes et puissantes, dominées par celle de Patrick Lafforgue. Comme à son habitude, Stille Volk convainc par sa simplicité et son humilité puissantes. Les premières notes de ‘L'aurost lunaire' a quelque chose de mystique mais qui reste très vrai, loin des chansons presque formatées que peuvent proposer des groupes de Folk plus jeunes et dans une veine plus légère. Avec solennité, ‘Incantation mystique' se révèle être une chanson progressive qui gagne en intensité et se dévoile un peu plus à chaque seconde qui passe.

Plus minimaliste dans sa composition, ‘Le crépuscule du pâtre' a moins d'ampleur que les précédents titres mais autorise l'auditeur à se concentrer davantage sur les paroles, comme on écouterait une histoire au coin du feu. ‘La mort de Milharis' évoque plus directement le sujet de cet album : Milharis était un vieux pâtre vivant dans le pays des sources de l'Adour et descendait des pasteurs nomades. Selon les récits, son décès marque la progression du christianisme et la disparition de la grande tradition de la première civilisation pyrénéenne.

Ce voyage dans le passé se poursuit après une sorte d'interlude, ‘Dans un temps qui n'a pas d'histoire…' aux sonorités indistinctes et presque inquiétantes, par ‘La grotte du jadis', nouvelle référence à cet autre temps auquel les musiciens de Stille Volk se plaisent à nous renvoyer à travers leurs propositions musicales. Les instruments de Patrice Roques (instruments à cordes), Florant Mercadier (guitare, cornemuses), Yan Arexis (percussions, pad sample), et Samuel Meric (flûtes, bouzouki) s'équilibrent et s'harmonisent sur ‘Sacré dans la tourmente'. En moins de deux minutes, ‘Neige que versa le ciel noir' instaure une atmosphère aussi mystique et sombre que certains des meilleurs morceaux de Dordeduh.

‘Dans les monts oubliés' est la chanson parfaite pour achever cette écoute de « Milharis », effectivement un voyage dans des terres reculées. Avec cet album, Stille Volk apporte une nouvelle pierre à l'édifice qu'ils bâtissent patiemment depuis des années, mettant en valeur des récits trop souvent ignorés, mais avec une musique qui reste néanmoins plutôt accessibles aux initiés du genre.


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