Metal II
Fred H
Journaliste

ANNIHILATOR

«« Metal II » s’adresse en priorité aux complétistes et die-hard fans d'Annihilator. Fondamentalement pas indispensable certes mais tout de même suffisamment bien ficelé pour susciter l’intérêt et le plaisir d’écoutes.»

11 titres
Heavy Metal
Durée: 59 min mn
Sortie le 19/02/2022
842 vues
« Ballistic, Sadistic », le dernier méfait en date d’Annihilator à tout juste deux ans (fin janvier 2020). En attendant de nous pondre un nouveau missile fait de matériel 100% nouveau, Jeff Waters (fondateur, auteur-compositeur, multi-instrumentiste, chanteur, tête pensante et producteur dudit combo) se lance dans la réédition de la quasi-totalité du catalogue de SON groupe. Le canadien annonce les sorties de DIX-HUIT disques au cours des prochaines années. Cette gigantesque campagne offrira bonus, inédits et autres raretés. Il ne rigole pas le garçon.

Quoi qu’il en soit, le premier de la série a bénéficié d’un retraitement n’est autre que « Metal ». Paru initialement en 2007, l’album initial accueillait une kyrielle d’invités (en très grande majorité guitaristes). On y trouvait notamment Willie Adler (Lamb Of God), le regretté Alexi Laiho (Children Of Bodom), Steve « Lips » Kudlow (Anvil), Dan Beehler (Exciter), Jesper Strömblad (In Flames), Angela Gossow (Arch Enemy), Jeff Loomis (Arch Enemy, Nevermore), Anders Björler (The Haunted, At The Gates), Corey Beaulieu (Trivium) ou encore Danko Jones. Leurs interventions respectives ont été conservées.

Pour cette mouture 2022, renommée « Metal II » (et dédiée à la mémoire d'Eddie Van Halen et d'Alexi Laiho), les pistes de batterie et de chant ont été totalement refaites. Les baguettes ont été refilées à Dave Lombardo (Suicidal Tendencies, Dead Cross, ex-Slayer) en remplacement de Michael Mangini, aujourd’hui chez Dream Theater. Les vocaux ont quant à eux été confiés à Stu Block (Into Eternity, ex-Iced Earth) en lieu et place de Dave Padden. Le présent skeud est donc un mélange de prises originelles de 2007 et de nouveaux enregistrements de 2021. Pour assembler, équilibrer et mixer ce « gros bazar » (dixit Jeff), le natif d'Ottawa à laisser les manettes (et ça change des habitudes) à Mike Fraser (sommité de la production et ingénieur du son notoirement connu pour ses collaborations avec AC/DC, Metallica, Aerosmith, Joe Satriani, … ou Trust). Les deux hommes ont prévu de retravailler ensemble dans le futur mais « à partir de zéro ce coup-ci ». La remasterisation est l’œuvre de Maor Appelbaum (Faith No More, Rob Halford, Sepultura, Malmsteen).

Une fois tout cela dit, qu’est-ce que ça vaut ? En fait, avec ce genre d’entreprise (comprendre « faire du neuf avec du vieux »), on peut toujours s’interroger sur l’intérêt et les véritables motivations qui se cachent derrière. Renflouer les caisses ? Solder/honorer un engagement avec son label ? Attirer de nouveaux partisans ? Ressortir quelque chose dont on n’était pas tout à fait satisfait au moment de la parution ?

Globalement, pas de différences notables entre cette refonte et ce qui est déjà connu. On (re)trouve les rythmiques martiales ('Heavy Metal Maniac', 'Smothered'), les cavalcades en veux-tu en voilà et les cassures en pagailles chères à notre shreddeur en chef ('Downright Dominate', 'Detonation'). (Re)Bienvenue en terres thrash metal mélodique et furieux ('Kicked', la speederie 'Chasing The High', l’épique 'Haunted'). Les superbes leads et autres joutes jubilatoires de la pléthore de six-cordistes sont toujours là ('Clown Parade', 'Army Of One').

La prod’ est bien dynamique. La voix de Block est peut-être un rien plus virile que celle de Padden. On repère ici et là de légères modifications au niveau du matraquage de futs (l’intro du tubesque 'Couple Suicide', …). Avec toute sa technique et sa puissance, notre mister Thunderkick malmène ses toms, sa double grosse caisse et ses cymbales (dont la fameuse ride qu’il avait utilisé sur le culte « Reign In Blood » de vous savez qui). Maintenant, il faut vraiment écouter très attentivement les morceaux pour repérer les écarts « avant/après ».

Outre ces évolutions chant/batterie, le séquençage des titres a été revu par rapport au disque modèle. De plus, une piste a été écartée ('Operation Annihilation') au profit d’une cover de Van Halen ('Romeo Delight' qui était déjà présente sur « Annihilator » de 2010).

Avec deux nouveaux invités et un re-travail de production/mix, Jeff « Je suis Annihilator » Waters propose un peu de changements pour cette réédition. Cela étant, ce « Metal II » s’adresse en priorité aux complétistes et die-hard fans du pourfendeur canadien. Fondamentalement pas indispensable certes mais tout de même suffisamment bien ficelé pour susciter l’intérêt et le plaisir d’écoutes.