Pathetic Divinity
Anibal BERITH
Journaliste

MERCYLESS

« Dans cet univers sombre et inquiétant qui caractérise "Pathetic Divinity" , on se plaît à revenir par moment dans les années 90 avec des plans rappelant le meilleur du death floridien!»

10 titres
Death Metal
Durée: 33 mn
Sortie le 07/10/2016
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Apparu en 1987 sous le nom de Merciless, les français originaires de Mulhouse ont su imposer un style musical proche du death américain fortement inspiré des groupes cultes de l'époque tels que Death ou Obituary. Fort de quatre albums pondus en 8 ans (1992-2000), le groupe, entre temps nommé Mercyless pour cause d'homonyme, fera une pause de 11 ans pour nous revenir avec le brutal "Unholy Black Splendor" sorti en 2013.

Mercyless bien ancré à continuer sa carrière sous l'impulsion du fondateur Max Otero (chant/guitare), nous gratifie cette année d'un nouvel opus via le label très dynamique lillois Kaotoxin, le dénommé "Pathetic Divinity".

33 minutes de death old school sur 10 titres à l'inspiration toujours floridienne puisque l'on ne peut s'empêcher d'apprécier quelques relents à la Obituary notamment dans le timbre de Max au chant si spécifique et sur quelques plans musicaux ('Exhort the Heretic' par exemple). Globalement les morceaux sont intenses et variés et tournent autour de 3 minutes, une durée idéale dans ce genre musical qui à l'avantage de faire écouter le disque en boucle car il est très très bon!

Démarrant par l'intro inquiétante de 44 secondes 'Blood of Lambs', "Pathetic Divinity" prend toute son ampleur dès le premier titre éponyme . Le son est propre, gros, les riffs sont gras et au bout de 42 secondes, c'est la déferlante des blasts. Le timbre de Max reconnaissable entre mille fait son effet dans cette ambiance sombre alternant blast beats et mid tempo où la mélodie est mise en avant par des riffs dissonants. A mi-parcours, le tableau s'assombrit par un durcissement des riffs conférant une ambiance sombre accompagnée de solo strident et d'une basse omniprésente.

La galette enchaine avec le très direct 'A Representation of Darkness' à l'intro dévastatrice et au rythme alternant entre intensité et lourdeur pour laisser place aux deux titres suivants s'écoutant sans transition de part leur enchainement sans pause. 'My Name Is Legion' et 'Exhort the Heretic', le premier sur un tempo rapide aux plans plus mélodiques me rappelant Morbid Angel par moment. Le growl est déversé avec rage et force et le solo strident toujours présent! Le second est clairement "Obituaresque", très entrainant et lourd à la fois. Malgré l'ambiance noire dégagée, l'envie d'headbanguer est inévitable, certainement un titre incontournable en live.

Au fil de l'écoute, on se rend compte que chacun des morceaux est unique et tous de bonnes factures. L'univers de la seconde partie de la galette s'assombrit par des riffs plus lourds et dissonants tout en gardant un certain rythme ( 'Left to Rot'). Le chant de Max se veut plus démonstratif sur 'Eucharistic Adoration' se rapprochant une nouvelle fois de celui de Tardy dans une ambiance dissonante et envoûtante. 'Christianist' est clairement inquiétant, une part belle donnée à la basse juste avant un solo dévastateur sur fond de blast beats.

Avec 'How Deep Is Your Hate?', nous approchons de la fin de l'album avec un titre très direct, à l'intensité exacerbée et qui laisse place à l'inquiétant 'Liturgiae' et ses incantations, sa rythmique dissonante martelant l'auditeur en boucle, une outro qui vient plomber l'ambiance et qui vous pousse à en redemander!

Avec près de 30 ans de carrière, Mercyless délivre un sixième album rudement efficace aux touches old school évidentes. Dans cet univers sombre et inquiétant qui caractérise l'album, on se plaît à revenir par moment dans les années 90 avec des plans rappelant le meilleur du death floridien produit par des groupes toujours en activité dont nos frenchies font parti. "Pathetic Divinity" s'écoute sans modération, alors un dernier mot, mercy (fallait que je la fasse...)

Anibal Berith.

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