VILDHJARTA
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Djent Progressif

Masstaden under vatten
Fabien
Journaliste

VILDHJARTA

«Cette volonté farouche d'imposer son propre univers qui fait de Vildhjarta un groupe singulier voué sans aucun doute à être porté aux nues par une communauté en mal d'outrance, d'intelligence et de maîtrise»

17 titres
Djent Progressif
Durée: 80 mn
Sortie le 15/10/2021
252 vues






Fabien
Journaliste




Koriganian
Journaliste





La Chronique de Fabien


Vous n'aimez pas la ligne droite ? Vous détestez la modération ? Vous abhorrez le déjà-vu ? Mieux encore vous rêvez en suédois ? Nous y sommes. Calez-vous bien et si vous pensez être assez robuste (la présomption est pourtant un vilain défaut), écoutez d'une traite la dernière offrande des métalleux déments de Vildhjarta dont il se dit, dans certaines chaumières, qu'elle pourrait constituer l'ovni djent progressif de cette année 2021.

Ovni, disions-nous. Après Masstaden, un premier album épileptique déjà prometteur, Vildhjarta retrouve 10 ans plus tard sa forge où somnolaient une enclume poussiéreuse et sa masse hystérique. Vous êtes prévenus, ces hommes-là ont tout leur temps et savent qu'un beau cauchemar ne se bâcle pas. Le chemin emprunté est tortueux, tantôt souterrain, tantôt aérien, c'est un chemin semé d'embûches qui vous mènera précisément là où vous vouliez être, nonobstant les efforts colossaux fournis pour y parvenir. D'aucuns évoquent un nouveau Golgotha, ils sont sans doute excessifs.

Mais trêve de circonvolutions ! Qui sont ces types venus de là-bas et suffisamment doués pour commettre ce ‘’Masstaden under vatten’’ ? Des disciples de Meshuggah assurément, de Jérôme Bosch sans doute, mais pas seulement, car ce sont aussi d'indécrottables originaux capables de transcender le chaos pour créer leur propre pandémonium. Bienvenue dans le monde du Thall, énième déclinaison d'un djent qui suit ses règles propres. Les ingrédients essentiels, orthodoxie oblige, sont évidemment bien présents : sous-accordage, dissonances et polyrythmie à tous les étages, chant guttural voire possédé et production idoine, quoi de plus banal somme toute lorsque l'on décide de titiller les abîmes. Mais l'affaire n'est pas si simple car Vildhjarta ne serait en ce cas qu'un groupe comme les autres. Le tour de force des Suédois est de bouleverser les codes en incorporant des effluves death entêtantes voire hardcore ou atmo. Pour être clair, il est sans doute possible d'aduler Meshuggah et de ne pas apprécier Vildhjarta. L'inverse est vrai... quoique.

Capable d'être franc comme l'or avec un ‘Toxin’ et un ‘Sunset Sunrise Sunset Sunrise’ pachydermiques et jubilatoires, le groupe se plaît pourtant davantage à échafauder avec une minutie maniaque un dédale sonore qui alterne épaisseur revêche et soierie fine. A noter que l'épaisseur et le revêche ont sa préférence. ‘Passage Noir’ ou encore ‘Lavender Haze’ incarnent à cet égard cette dualité constitutive de Vildhjarta. Plus déstructuré et pesant que The Offering, moins brutal qu'Archspire, le groupe fait néanmoins partie de ses groupes difficilement étiquetables dont la radicalité peut légitimement rebuter sans jamais cesser d'interpeller. Il n'est d'ailleurs pas toujours aisé de s'y retrouver dans la mesure où chaque morceau se déploie sans suivre un schéma parfaitement linéaire. Les coups de boutoir, les syncopes et les excroissances se multiplient à mesure que le temps défile et quand les ambiances s'adoucissent quelques secondes c'est pour mieux imploser ensuite en boursouflures courroucées et parfois plaintives. Il y a du papillon chez Vildhjarta, un papillon titanesque, un sphinx tête de mort aux ailes en acier trempé.

Assurément, la recette est roborative et les organismes fragiles risquent de frôler l'indigestion, la radicalité est à ce prix et Vildhjarta est radical. Reste un constat, c'est la qualité intrinsèque du propos, cette volonté farouche d'imposer son propre univers qui fait de Vildhjarta un groupe singulier voué sans aucun doute à être porté aux nues par une communauté en mal d'outrance, d'intelligence et de maîtrise. Si vous êtes de ceux-là, aller chercher un Lovecraft, ‘’L'appel de Cthulhu’’ fera l'affaire, installez-vous, appuyez sur ON, la nuit est à vous.

La Chronique de Koriganian


Le groupe suédois Vildhjarta nous offre en ce mois d’Octobre 2021 leur nouvel opus intitulé ''Masstaden Under Vatten''. Le moins que l’on puisse dire c’est que le combo marche bien dans les empreintes laissées par leurs prédécesseurs. L’influence, notamment, de leurs compatriotes Meshuggah ne passe pas inaperçue.

L’album, qui peut se traduire littéralement par ''grande ville sous l’eau'', se décline en deux parties et nous immerge dans les tréfonds d’une cité sous-marine inquiétante. Même si parfois on est proche de boire la tasse, les plongeurs de Vildhjarta nous maintiennent la tête sous l’eau avec une bonne dose d’oxygène. Globalement tout est bien maîtrisé dans l'album. Et même si les morceaux finissent par se ressembler, la lourdeur du son et l’ambiance très mélancolique distillée sporadiquement nous font presque oublier ce détail. Le groupe démontre clairement qu’il veut créer quelque chose à son image, briser le déjà entendu et ne pas se contenter de jouer dans un style Djent classique. Cette volonté constitue le point fort de ce projet.

Le Djent est un genre qui structure la complexité, qui structure la déstructuration, et demande par conséquent une grande exigence technique. Si celle-ci reste bien maîtrisée par le groupe suédois, certains passages arrivent de façon inattendue créant un effet bâclé, ce qui est dommage. Néanmoins, on peut dire que ''Masstaden Under Vatten'' est un album de très bonne qualité qui ravira sans aucun doute les fans du groupe et les curieux.