HIEROPHANT
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Grind/Death/Doom Metal

Mass Grave
Anibal BERITH
Journaliste

HIEROPHANT

«''Mass Grave'' n'offre aucun répit à son auditeur ! Demi-heure sans lâcher prise. A bon entendeur, s'accrocher !»

10 titres
Grind/Death/Doom Metal
Durée: 30 mn
Sortie le 04/11/2016
8653 vues
Comme nous le savons depuis bien longtemps, l'Italie est pleine de ressources et particulièrement en Metal Extrême (Hideous Divinity, Fleshgod Apocalypse, Absu...). Aujourd'hui, c'est Hierophant qui nous intéresse. Ce quartet formé en 2009 nous propose son .... quatrième album ! Oui !!! En seulement 7 ans (l'album est sorti le 04/11/2016)... Que Metallica en prenne de la graine (oui, elle est facile mais je ne pouvais pas ne pas la faire ^^) !!

Bref, c'est autour de Giacomo (Basse), Ben (batterie), Lollo (Guitare et chant) et Steve (guitare), que l'univers de Hierophant prend forme en associant des influences très variées mélangeant ainsi aisément, Grindcore, Death Metal (voire Brutal Death Metal), Doom Metal et Drone Metal.

L'album est court puisqu'il ne dure qu'une demi-heure et propose 10 titres (Metallica fait le double en durée, je vous l'accorde); cependant, en l'écoutant bien, cette galette est très variée même si au premier abord, l'ensemble peut paraître plutôt linéaire. En effet, l'auditeur va passer du grind au death dans une atmopshère sombre et lugubre. L'univers est pesant, difficile de se relever après une écoute ou deux tellement le poids sur les épaules se fait de plus en plus lourd au fil de secondes pour se terminer en drone sur plus de 7 minutes....totalement barré le truc !

De plus, la façon dont est construit l'album, on sent que l'on nous raconte une histoire mais je ne saurai vous dire laquelle...Pourquoi, ce constat? Ca attaque plein fer avec les trois premiers titres 'Hymn of Perdition', 'Execution of Mankind' et 'Forever Crucified' qui enchainent brutalement ! Juste l'intro d'une minute pour se préparer et c'est le déversement de rage apocalyptique directe dans ta face avec l'expéditif 'Execution of Mankind' sur 39 secondes (école Napalm Death) et le non moins brutal titre suivant avec ses gros riffs bien gras, sa basse résonnante comme les conséquences d'un coup de poing dans ta tête, genre l'artwork de ''Vulgar Display Of Power'' de Pantera. Justement, parlons-en de l'artwork ! Je n'ai pas pour habitude de m'y attarder dessus mais celui des italiens vaut le détour ! Qu'est-ce que tu fais lorsque tu te retrouves nez à nez face à un putain de cobra qui te regarde droit dans les yeux (avec une putain de sorte de mort vivant qui le surplombe) et que, quand il ouvre sa gueule, cette dernière se désagrège de corps humains en putréfaction, indéniablement attirée par un cimetière (loi de la gravité oblige) dont les tombes et tombeaux jonchent çà et là de façon désordonnée et angoissante.... eh ben, tu rentres dans l'album pour continuer de prendre ta fessée!

A la suite de ces 3 minutes de grosse claque dans ta face, tu te poses un peu sur le titre éponyme qui a lui tout seul opte pour la durée des trois premiers titres, et qui s'avère être bien plus lent, plus mesuré avec une intro qui laisse tout se mettre en place manière de récupérer des directs et des uppercuts que tu viens de te prendre ! Le morceau est plus soigné, bien moins linéaire; les riffs sont gras, le growl caverneux; que c'est lourd tout ça! En totale opposition au direct et efficace 'Crematorium' qui reprend l'esprit grind du départ mais que pour moitié puisque la seconde partie de la composition renouera avec l'ambiance pesante que nous venons de quitter.

Ce titre est presqu'un interlude car 'In Decay' et 'Sentenced to Death' enchainent naturellement vers quelque chose de lourd et angoissant. C'est limite Doom, tellement l'ambiance est funeste et volumineuse. A la fin des trois minutes du premier d'entre eux, tu te sens comme ...euh...enterré...oui c'est le terme et ça ne s'arrange pas par la suite. L'univers est encore plus sombre qu'il en devient malsain surtout lorsque Lollo troque sur quelques secondes son growl caverneux pour un growl plus hurlé !

'The Great Hoax', court passage grind avec un chant qui envoit sévère puis enchainement sans transition sur 'Trauma' qui après une minute de brutalité revient aux fondamentaux avec des riffs dissonants et terrifiants. C'est sur cette note terrifiante que le dernier titre de la galette 'Eternal Void' prend la suite en conservant cet esprit angoissant et malsain avec Lollo qui persiste dans son chant hurlé. Plus de trois minutes de mise à mal pour un final de plus de sept minutes en drone metal où nos joyeux musiciens (on l'espère) jouent au bourdon avec leur guitare pour un semblant de Drone Metal totalement déroutant.

Quelle stupéfaction que la découverte de ce quatrième opus de Hierophant ! On démarre grind pour finir drone en passant par les chemins tortueux du brutal death avec quelques escales doom ! Autant dire que la demi-heure de ''Mass Grave'' n'est pas de tout repos et que les italiens nous tiennent pas le colbac sans lâcher prise! Un album que je vous conseille vivement si vous voulez en prendre plein la tête, dire merci et en reprendre une couche. Amen !

Anibal Berith