Mark of the Necrogram
Anibal BERITH
Journaliste

NECROPHOBIC

« ''Mark of the Necrogram'' est puissant tout en restant accessible mais pas pour autant facile, une touche de mélancolie venant assombrir l'ambiance, touche indispensable à l'univers Black/Death»

10 titres
Death/Black Metal
Durée: 48 mn
Sortie le 23/02/2018
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Avec près de trente ans de carrière, de nombreux ep et démos et sept albums, le quintet suédois (originaire de Stockholm), maîtrisant parfaitement l'art musical de mélanger Black Metal et Death Metal, nous revient avec un huitième album intitulé ''Mark of the Necrogram'' via Century Media Records.
Nous ayant alléché en août dernier avec l'ep ''Pesta'', dont nous retrouvons le titre éponyme sur l'album, Necrophobic n'a pas tardé à se remettre sur les rails de la composition pour nous offrir cet excellent opus!

Articulé autour d'un line-up plutôt stable malgré une pause pour trois d'entre eux (Anders Strokirk au chant, Sebastian Ramstedt et Johan Bergebäck aux guitares), Joakim Sterner à la batterie depuis la formation et Alex Friberg à la basse depuis 2008 complètent ce quintet bourré d'inspiration!

C'est donc avec dix titres variés et épiques sur près de 50 minutes que Necrophobic nous surprend en attaquant de façon très directe avec l'efficace titre éponyme ''Mark of the Necrogram''.
Sur un mid tempo énergique donnant un rythme qui groove par moment, Necrophobic affirme son inspiration Black/Death épique avec des mélodies envoûtantes et prenantes. Les riffs sont pointus et faciles à mémoriser si bien que rapidement, les mélodies s'impriment dans le cerveau.
On retrouve la caractéristique technique du Black qui veut qu'il soit répétitif associé à un rythme plus Death par un tempo varié , quelques breaks et pour le coup un groove entraînant.

Les trois premiers titres de la galette s'enchaînent sans pause, dans une logique implacable, comme une seule chanson composée en trois parties avec plus de dissonance et un son presque cristallin pour ''Odium Caecum''. On sent la même typologie de riffs que le titre éponyme avec une légère évolution le rendant différent tout en intégrant des passages plus puissants au cours desquels le rythme s'emballe avec des plans proches des blast beats. Le chant du frontman est parfaitement positionné avec cette particularité d'être à la fois Black et Death. Le rendu est assez déroutant car il est difficile de dissocier les deux univers si bien que Necrophobic tient une recette qui plait, capable d'allier ces deux monuments du Metal extrême. A ce sujet, ''Tsar Bomba'' sonne plus Black avec une mélodie plus mélancolique et moins impactante que ces prédécesseurs.

''Lamashtu'' offre clairement quelque chose de différent par son tempo plus martial et ses plans que je qualifierai ''d'indus'' dans la construction. L'univers semble plus se rapprocher du Death Metal mais la patte Black reste omniprésente notamment par le ton incantatoire du refrain, ton que l'on retrouve sur ''Pesta'' que nous avions pu découvrir il y a quelques mois en écoutant l'ep du même nom. Ce titre épique et dynamique laisse place au plus cérémonial ''Requiem for a Dying Sun'' qui opte pour un rythme plus lourd avec une frappe plus écrasée de Joakim Sterner, même si le final évoque une mélodie plus triomphante façon Amon Amarth.

Au travers de tous ces titres mélo, épiques, black/death, se dressent deux chansons plus radicales comme l'incontournable ''Sacrosanct'' qui secoue sévèrement les cervicales et l'énergique ''Crown of Horns'' qui tartine tout autant; deux titres que nous retrouverons très certainement en live tellement l'énergie qui s'en dégage donne envie d'headbanguer sans relâche.

Le final est plus mélo par l'enchaînement du blackeux ''From the Great Above to the Great Below'' et son changement de rythme et de l'instrumental ''Undergången'' qui permet de redescendre en douceur jusqu'à la dernière note de l'album.

Un huitième album bien construit de la part du quintet suédois qui nous offre une galette bien équilibrée entre deux univers musicaux complémentaires. L'osmose entre le Black et le Death se marie bien sans qu'aucun des deux genres ne prennent le pas sur l'autre. De plus, les riffs mélodiques s'inscrivent efficacement dans le rythme effréné de certains plans de batterie faisant que l'album ne tombe pas dans le triomphalisme épique joyeux. ''Mark of the Necrogram'' est puissant tout en restant accessible mais pas pour autant facile, une touche de mélancolie venant assombrir l'ambiance, touche indispensable à l'univers Black/Death.

Anibal Berith


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