F.E.A.R. (Fuck Everyone And Run)
Carmziofa
Rédacteur en Chef

MARILLION

«Avec "F.E.A.R.", Marillion a clairement souhaité privilégier les messages dénonciateurs des textes laissant la musique en second plan. Ce 18ème album manque d'intensité et de puissance. »

6 titres
Rock
Durée: 68 mn
Sortie le 23/09/2016
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18 albums, ça commence à compter dans la discographie d'un groupe. C'est le cas de Marillion, combo progressif anglais, qui nous revient avec "F.E.A.R. - Fuck Everyone And Run", titre qui fait référence à la façon dont sont gérées les affaires dans ce monde. En effet, les thèmes tels que la crise des migrants ou les écarts entre les pauvres et les riches en Russie sont abordés. C'est donc un Marillion politiquement impliqué qui voit le jour.

Sur le plan musical, l'album a été produit par Michaël Hunter et enregistré aux Real World Studios (les studios de Peter Gabriel situés à Box (Wiltshire). L'album se décompose en 2 parties: la plus importante est constituée de 3 suites ("El Dorado", "The Leavers" et "The New Kings"), laissant la deuxième partie à 3 titres individuels.

La première écoute de "F.E.A.R." nous laisse dans l'embarras tant l'hégémonie artistique de Steve Hogarth et de Mark Kelly est évidente. Les guitares de Steve Rothery sont relégués en second plan tandis que Pete Trewavas (basse) et Ian Mosley (batterie) assurent la section rythmique sans grande conviction. Que les temps avec l'ancien chanteur, Fish, sont lointains !

La suite "The Leavers" remonte un peu le niveau de cet album insipide (il suffit de se pencher sur "White Paper", "Living Fear" ou "Tomorrow's New Country" pour comprendre la signification du mot "ennui"). Le premier volet "The Leavers I - Wake Up In Music" donne tout de suite le ton avec une rythmique intense et des enchainements d'accords réussis. Et puis, il y a les trois superbes volets finaux ("III - Vapour Trails In The Sky", "IV - The Jumble Of Days" et "V - One Tonight") qui nous ramènent aux heures de gloire du grand Marillion avec un Steve Rothery qui occupe l'espace de façon jouissive et des progressions musicales dignes de ce nom.

Et même si la suite "The New Kings" porte bien son nom de rock progressif sur le plan de la construction musicale, il n'y a que le quatrième volet de la suite qui vaut le détour: "The New Kings IV - Why Is Nothing Ever True" renoue avec l'intensité et les envolées musicales si fidèles aux sonorités de Marillion.

Avec "F.E.A.R.", Marillion a clairement souhaité privilégier les messages dénonciateurs des textes laissant la musique en second plan. Ce 18ème album manque d'intensité et de puissance.