Purgatorio
Enora
Journaliste

MANIMAL

«« Purgatorio », un album intéressant mais pas concluant puisque le groupe s'égare dans les couloirs du temps et s'enferme dans un Power/Heavy old school déjà vu et revu auquel il n'apporte rien»

9 titres
Power/Heavy Metal
Durée: 42 mn
Sortie le 07/09/2018
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Manimal est un groupe suédois de Heavy et Power Metal qui a commencé à acquérir une solide réputation depuis sa création, en 2001. Après « The Darkest Room » (2009) et « Trapped In The Shadows » (2015), le groupe nous propose de découvrir un nouvel album intitulé « Purgatorio ».

On ne peut rêver introduction plus purement Heavy Metal que la belle ‘Black Plague' et ses guitares rugissantes, sa batterie impeccable et les envolées vocales qui ont de quoi impressionner ! Samuel Nyman n'a rien perdu de son énergie, de son charisme et surtout de ses capacités lyriques, toujours aussi marquantes. Le groupe a également gagné en maturité avec les années et ne propose pas que des morceaux monolithiques comme on peut parfois en trouver dans le genre. Au contraire, Manimal se fait un plaisir de diversifier les atmosphères et éléments musicaux comme avec le ton plus léger et galopant du morceau éponyme de ce troisième album. Le groupe nous propose alors un univers plus délicat et sombre et cette diversité fait plaisir à voir car certains groupes de Heavy/Power ont bien trop tendance à s'enfermer dans un univers trop étriqué et à suivre une ligne directrice unique et souvent lassante. La guitare d'Henrik Stenroos se lâche un peu plus, revenant vers des sons plus graves sur une rythmique rapide et entraînante. Manimal continue de s'enfoncer dans les ténèbres, s'éloignant des standards habituels mais ne dérogeant pas à la règle du solo de guitare !

L'album semble cependant être scindé en deux parties puisqu'après la sobre ‘Spreading The Dread', on fait un bond dans le passé avec la séduisante mais néanmoins old school ‘Traitor'. Et Manimal semble bien décider à rappeler à notre bon souvenir tous les codes du Heavy puisque s'enchaînent ensuite ‘Behind Enemy Lines' sur laquelle on ne s'attardera pas, si ce n'est pour souligner la ligne rythmique, lourde et puissante qui permet enfin à la basse de Kenny Boufadene de s'imposer, puis ‘Denial' qui confirme que le groupe s'enferme dans un univers daté et assez peu varié. Les joies du début d'album retombent tant on se laisse de ce manque de renouveau et de ces recours à des compositions faciles et des éléments musicaux qui ont déjà fait leurs preuves. On retiendra cependant le soubresaut d'énergie sur ‘Edge Of Darkness', qui emprunte au Prog à force d'harmonies plus tendues. Comme s'ils avaient senti la fatigue de leurs auditeurs à entendre encore et toujours les mêmes riffs et rythmiques, Manimal s'ouvre à de nouveaux horizons avec ‘The Fear Within' dont l'ambiance dramatique est peut être un peu trop caricaturale pour qu'on y trouve vraiment du plaisir, malgré quelques bonnes idées mélodiques et une atmosphère soignée.

« Purgatorio » est un album intéressant mais pas concluant. La première moitié de l'album se révèle plus prometteuse à chaque morceau mais, à partir de ‘Traitor', le groupe s'égare dans les couloirs du temps et ne sort plus d'un Power/Heavy old school déjà vu et revu auquel il n'apporte rien. Les quelques bonnes idées qu'on devine au fur et à mesure des chansons ne seront malheureusement pas suffisantes pour sauver l'album.


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