The 13th Beast
Anibal BERITH
Journaliste

MALEVOLENT CREATION

«Malevolent Creation signe un des meilleurs albums de sa discographie et fait clairement parti des groupes incontournables de la scène death »

11 titres
Death Metal
Durée: 49 mn
Sortie le 18/01/2019
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Les floridiens soufflent leurs 31 bougies cette année et pour se faire ils nous gratifient d'un treizième album et d'un line-up inédit où seul Phil Fasciana, rescapé de la formation d'origine, reste aux commandes du combo. Alors que le précédent album ''Dead Man's Path'' avait réussi à réunir le noyau dur de Malevolent Creation avec notamment le retour de Justin DiPinto à la batterie et de Brett Hoffmann au chant, hélas décédé en juillet, ''The 13th Beast'' s'est composé autour de Josh Gibbs à la basse, Philip Cancilla à la batterie de Lee Wollenschlaeger au chant et à la guitare.

Distribué par Century Media, ''The 13th Beast'' se distille en 11 titres et 49 minutes redoutables ! Il n' y a qu'à regarder le terrifiant artwork totalement rempli par une sorte de Predator affamé de viande fraîche, sa mâchoire ouverte et ses babines retroussées laissant clairement voir une dentition des plus acérées dégoulinante de sang prête à vous dévorer sans sommation ! Autant dire que ça en dit long sur ce qui nous attend une fois le boîtier ouvert ! Trêve de patience, que nous offre ce treizième opus de ce groupe qui n'a pas connu le succès largement mérité malgré l'album culte tous groupes confondus ''The Ten Commandments''.

A contrario des groupes de death old school qui s'assagissent (Deicide, Hate Eternal) ou de death moderne qui se cherchent en se décomposant en nombreux sous-genres et en insérant des influences venues de toute part dans leurs créations, Malevolent Creation choisit la voie de l'agressivité et de la brutalité en délivrant l'un des albums les plus violents de death old school de cette année 2018 !

Point de place à la mélodie et encore moins à la sagesse, le quartet floridien ne fait pas dans la dentelle et reprend la bonne vieille recette de ''The Ten Commandments'' en offrant onze compositions viriles et incisives, denses et fort bien équilibrées grâce à une production très soignée ! Moins malsain que l'album qui a fait la réputation du groupe, ce treizième opus n'en demeure pas moins très agressif, à la limite du brutal death par moment.

Attaquant massivement par ''End the Torture'' à la sauce Immolation où l'on retrouve lourdeur des riffs et blasts assommant; le titre monte rapidement en puissance pour asséner l'auditeur de blast beats furieux et de riffs acérés et râpeux. Le tout est accompagné du chant puissant et caverneux du frontman magnifié par une basse omniprésente et ce , sur la totalité de l'album. Dès ce premier titre, on sent que nous avons à faire à du high level avec un son puissant et parfaitement équilibré; c'est dense et ça prépare au rouleau compresseur qui va nous violenter sur près d'une heure !

L'ensemble de l'album est...comment dire...frontal ! Ligne mélo minimaliste hormis peut-être le plan si caractéristique du groupe de ''Mandatory Butchery'' ou encore la partie lancinante et stridente de ''Canvas of Flesh''. Tout le reste n'est que violence et brutalité avec des parties bien tronçonnées (''Agony for the Chosen'') et blastées assommantes sur un rythme varié et soutenu.
Plus on avance dans l'album, plus l'agressivité s'intensifie notamment avec la pièce maîtresse de l'oeuvre ''Born of Pain'' qui sur près de 7 minutes réunit tout le savoir-faire du groupe avec un côté sauvage emprunté au hardcore.

Le seul moment de répit, si l'on peut dire, réside sur le contournable ''The Beast Awakened'' qui ne marquera pas l'auditeur et qui se fera vite oublier par la seconde partie de l'album dès l'énergique ''Decimated'' pour débouler sur le rouleau compresseur ''Knife at Hand''. Toute cette seconde partie n'est que claque sur claque et confirme l'entrée en matière du quartet qui a su conserver ses racines old school par des compositions chiadées dans lesquelles les plans instrumentaux sont techniques sans être lassants, ni inaccessibles et en insérant des soli dans toutes les chansons.

Aucune faiblesse d'exécution tout au long du défilement de la tracklist et une mention particulière pour le chant qui reste précis et intelligible bien que ce dernier soit caverneux. Lee Wollenschlaeger surprendra même sur le dernier morceau de la galette ''Release the Soul'' par son timbre réussissant un mélange habile de celui de David Vincent de Morbid Angel et de Nergal de Behemoth dans une atmosphère pesante et oppressante.

Avec ce treizième opus, Malevolent Creation signe un des meilleurs albums de sa discographie et malgré une carrière en dents de scie et un line-up peu stable, le quartet fait clairement parti des groupes incontournables de la scène death en réussissant à renouveler ses racines old school sans tomber dans la facilité de surenchérir la violence !

Tracklist :

1. End the Torture 05:16
2. Mandatory Butchery 04:14
3. Agony for the Chosen 03:39
4. Canvas of Flesh 04:28
5. Born of Pain 06:51
6. The Beast Awakened 03:49
7. Decimated 04:33
8. Bleed Us Free 03:13
9. Knife at Hand 03:56
10. Trapped Inside 03:56
11. Release the Soul 05:31
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