LOUDBLAST
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Death/Thrash Metal (early), Death Metal (later)

Manifesto
Fred H
Journaliste

LOUDBLAST

«A celles et ceux qui auraient pu penser que le souffle dévastateur du groupe était retombé, Loudblast démontre ici qu’il n’en est rien»

10 titres
Death/Thrash Metal (early), Death Metal (later)
Durée: 42 min 10 mn
Sortie le 06/11/2020
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Le dernier missile studio en date de Loudblast, le très noir « Burial Ground », remonte à 2014. Depuis lors, le combo d’origine lilloise à donner plus d’une centaine de concerts (dont un show en 2015 dans son fief pour célébrer les trente ans du groupe et immortalisé dans le coffret CD/DVD collector « III Decades Live Ceremony »). Courant 2017, suite aux départs du sixcordiste Drakhian Griffar et du bassiste Alex Lenormand, ce sont Jérôme Point-Canovas (ex-No Return, E-Force) à la guitare et Frédéric Leclercq à la 4-cordes (Sinsaenum, ex-Dragonforce, Kreator) qui ont rejoints le gratteux-chanteur-producteur-meneur Stéphane Buriez (dernier représentant du quartet initial) et le frappeur Hervé Coquerel (fidèle depuis 1992).

Fort de ce nouveau line-up, les Loud nous reviennent pour un huitième opus nommé « Manifesto » (mention spéciale à la magnifique pochette signée Eliran Kantor et qui a déjà bossé avec Testament, Hatebreed…). De l’aveu de nos protagonistes, ce méfait combine certains éléments du précédent opus (comprendre le coté parfois malsain) avec la brutalité d’un « Disincarnate » et la technicité-mélodicité de « Sublime Dementia ». En voilà un programme prometteur.

A l’écoute de cette galette, force est de constater que certaines parties donnent effectivement dans la pure sauvagerie. Violence et rapidité d’exécution sont au rendez-vous (le véloce 'Todestrieb' et son solo Slayer-ien). Embarquez pour du thrash death radical nourri de gros riffs bien – mais alors bien bien - heavy et de speederies furieuses (le direct 'Relentless Horror'). Efficacité live garantie. Avec ses rythmiques de basse infernales et cette double pédale de batterie frénétique (le virulent 'Invoking To Justify'), on imagine d’ici les bourre-pifs qui vont fuser au sein des fosses. Faudra recompter ses chicots après toutes ces saintes bagarres.

Bien que la puissance reste globalement le maître mot d’ordre, nos français ne délaissent pas l’accent « mélodique » et les interventions de shred guitaristiques dans leur compos (le démoniaque 'Festering Pyre', 'Solace In Hell'). Les arrivées des deux dernières recrues ont certainement eu un impact sur l’écriture et les propositions. N’allez cependant pas croire que tout n’est que barbarie guerrière tout au long de la rondelle. Au milieu de ces déluges de décibels subsistent des passages plus lents mais qui demeurent par contre toujours bien lourds (l’oppressant 'Infamy Be To You'). Le chant grave et autres growls (le monstrueux 'Preaching Spiritual Infirmit', le bestial 'Into The Greatest Of Unknows') de notre hurleur donnent vies aux textes sombres et une fois encore aussi profonds (on parle ici du chaos de la société mais également du côté obscur de l’homme révélé à travers ses actions quotidiennes). Le nordiste alterne, varie et module aussi ses vocaux (renforcés par quelques effets inédits ici et là) suivant les ambiances recherchées (l’inquiétant 'Erasing Reality', le pilonneur 'The Promethean Fire').

On ne nous a pas trompés sur la marchandise vendue. On retrouve bien dans cet excellent « Manifesto » toutes les composantes des albums cités en référence. A celles et ceux qui auraient pu penser que le souffle dévastateur du groupe était retombé, Loudblast démontre ici qu’il n’en est rien. Les partisans des premières heures et les plus jeunes amateurs de thrash death ont clairement de quoi se réjouir.