Live On Death Road
Fred H
Journaliste

JORN

«Les aficionados du quinqua hurleur venu du froid seront ravis de cette nouvelle rondelle live en forme de Best of en attendant la prochaine oeuvre qu'on espère de haute facture»

16 titres
Heavy Metal/Progressive Rock
Durée: 89'39 mn
Sortie le 14/06/2019
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FRONTIERS MUSIC SRL

Le sieur Jørn Lande est un chanteur prolifique. On ne compte plus les projets auxquels le norvégien a prêté son concours. En vrac et non exhaustif, on peut citer ses participations dans Ark, Masterplan, ses 4 skeuds en duo avec l'américain Russell Allen (Symphony X) mais aussi ses nombreuses collaborations ici et là (pour le teuton Tobias Sammet et son Avantasia, pour le néerlandais Arjen Anthony Lucassen et l'album « 01011001 » de Ayreon, …). Fin 2018, pour fêter ses 50 piges, le garçon a eu l'idée de ressortir tous ses opus solos sous la forme d'un maousse coffret 12 CDs baptisé « 50 Years on Earth ». Quelques mois plus tôt (le 29 avril pour être précis), notre Viking blond donnait une prestation en public au Live Club de Trezzo sull'Adda (proche de Milan) dans le cadre du Frontiers Rock Festival. C'est ce gig qui nous est proposé sous l'appellation « Live on Death Road » (en référence à l'album « Life on Death Road » paru un an auparavant). Il est toutefois à noter que le show défouraillé ce soir-là a été amputé de quatre morceaux ('Legend Man', 'Shot in the Dark' (cover du madman Ozzy Osbourne), 'Master of Sorrow' et 'I Came to Rock').

Pour épauler le natif de Rjukan, on retrouve Tore Moren (TinDrum) à la gratte et Øystein ''Sid'' Ringsby à la 4-cordes (tous deux compatriotes de Jørn), ainsi que le claviériste-producteur Alessandro Del Vecchio (Revolution Saints, Hardline) et deux adeptes des baguettes (la polonaise Beata Polak de 2Tm2,3 sur la première partie du Live et l'italien Francesco Jovino de Primal Fear pour la seconde).

Plutôt que de privilégier exclusivement son dernier méfait en date, le scandinave a décidé de puiser un ou deux titres dans la quasi-totalité de ses efforts en solo. Il faut bien se l'avouer, les dernières réalisations du Corbeau ont quelque peu déçues avec des compos pas désagréables en soit mais sonnant le déjà entendu, avec un coté parfois répétitif voire peu inspiré … bref, des sorties en dents-de-scie alternant le bon et le plus dispensable le plus souvent sauvées par des productions soignées. Malgré tout, demeure cette voix chaude, mélodique, puissante. Il a du coffre le Duke. L'équipe balance ce Heavy Hard Rock ('Rock And Roll Angel', 'Lonely Are The Brave') mêlé d'AOR ('Stormcrow', 'Man Of The 80's') direct dans les gencives. On peut déplorer certains choix de chansons livrées ici (la revisite du 'Ride Like The Wind' de pop rocker Christopher Cross ou le long 'Bring Heavy Rock To The Land' précédé de son intro 'My Road' par exemple). On aurait préféré des choses un peu plus diversifiées.

Reste tout de même de belles cartouches (les solides 'Stormcrow' et 'Traveller'), des refrains immédiatement mémorisables ('Out To Every Nation'), des soli finement exécutés ('Blacksong' et sa pédale wah-wah infernale) ou bien encore du FM accrocheur ('Sunset station'). Les plages s'enchaînent entre mid-tempos et embardées plus rapides (l'épique 'Life On Death Road', le speed 'World Gone Mad'). La petite surprise réside surtout en la présence d'une piste extraite de l'opéra rock « Dracula : Swing of Death » commise originellement avec son compère-guitariste-concitoyen Trond Holter ('Walking On Water' et son solo old-school aux accents Thin lizzy-iens). L'occasion est trop belle de faire s'époumoner l'auditoire qui ne se fait pas prier pour répondre/reprendre en choeurs.

Enfin, on le sait, Lande voue une véritable vénération à Ronnie James Dio (il lui a carrément consacré un album de reprises tout entier, « Dio » en 2010). Rien d'étonnant donc que la setlist comporte des incontournables du regretté gnome ('The Mob Rules' de la période Black Sabbath et 'Rainbow In The Dark' issu du classique 'Holy Diver'). Interprétés par un fan ultime à l'une de ses idoles, ces hommages se veulent des plus fidèles et respectueux.

Avec ce « Live On Death Road », Jorn et ses zicos de première bourre jouent la sécurité. Les aficionados du quinqua hurleur venu du froid seront ravis de cette nouvelle rondelle live en forme de Best of en attendant la prochaine oeuvre qu'on espère de haute facture.

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