GREEN CARNATION
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Metal Progressif

Leaves of Yesteryear
Fred H
Journaliste

GREEN CARNATION

«Subtil et élaboré, ce « Leaves Of Yesteryear » est tout bonnement une perle de metal progressif.»

5 titres
Metal Progressif
Durée: 44'36 mn
Sortie le 08/05/2020
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Bien que fondée en 1998 par son leader Terje Vik Schei a.k.a. Tchort, Green Carnation demeure aujourd'hui encore une formation trop peu connue. Tout cela reste fort dommage car, dans la grosse première partie des années 2000, les norvégiens nous ont offert cinq opus studios, un EP et 2 DVD live de doom progressive folk metal de haute qualité. Et puis, peu après la parution du magnifique « The Acoustic Verses » en 2006 (et son support vidéo « A Night Under The Dam » en 2007 qui va avec), lassé par une accumulation de galères, le combo décide de jeter l’éponge. Finalement, début 2014, quasiment à la surprise générale, le groupe se reforme « pour un concert seulement » le temps d'interpréter leur « Light Of Day, Day Of Darkness » (plage unique des plus hallucinante de tout-pile 1 heure). Visiblement, l'envie de reprendre renaît alors.

Cela aura donc mis 6 piges mais les natifs du pays des fjords sont de retour. Le « Leaves of Yesteryear » qu'on nous propose présentement est un EP 5 pistes (trois inédits, une relecture d'une de leur propre chanson complètement réécrite et une reprise). En ce qui concerne les nouvelles compositions, le sextet nous (re)plonge dans ce mélange de doom (leur racine) et de metal progressif qu'il affectionne. Les riffs de grattes puissants - parfois bien lourd et heavy - côtoient les claviers lumineux - typés 70-80's – et les effets divers intelligemment et méticuleusement saupoudrés tout au long des titres (l'addictive plage éponyme). La musique de nos protagonistes revêt de la précision d'horlogers (l'accrocheur 'Sentinels') mêlée à une richesse sonore absolument incroyable. Malgré des morceaux pouvant aller jusqu'à 10 minutes pas une seconde d'ennui à déplorer (le bijou 'Hounds'). On est attirés, happés, envoûtés par toutes ces belles mélodies offertes par la voix douce et claire de Kjetil Nordhus.

La production et l’équilibre entre tous les instruments sont parfaitement maîtrisés (mention spéciale au boulot de dingues perpétrée par à la section rythmique). En complément de ces nouveautés, le gang à choisi de totalement repenser/remanier la pièce maîtresse de leur premier effort « Journey To The End Of The Night » paru en 2000 ('My Dark Reflections of Life and Death'). Fidèle à l'originale (dans sa structure), la compo a été modernisée dans une version rendue plus aérienne et recentrée sur les guitares, débarrassée de certaines fioritures un peu datées. En avant pour un fabuleux voyage immersif de plus d’un quart d’heure. Un vrai régal.

Pour clôturer son format court, les 6 garçons délivrent – avec beaucoup de respect - une reprise (et quelle cover) de Black Sabbath (le sensible et délicat 'Solitude'). La petite bande s'approprie tellement ce classique qu'on en oublierait presque le hit de Ozzy & cie commis en son temps sur le culte « Master of Reality ». Quel merveilleux épilogue. Avant de conclure, impossible de ne pas mentionner la superbe pochette créée, comme les rondelles passées, par le suédois Niklas Sundin (gratteux de Dark Tranquillity) qui a déjà œuvré pour des artworks de galettes pour Kryptos, Arch Enemy, In Flames ou encore Sentenced.

Subtil et élaboré, ce « Leaves Of Yesteryear » est tout bonnement une perle de metal progressif. Ne passez pas à coté de ce groupe à part et injustement méconnu qu'est Green Carnation.