JOHN PETRUCCI
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Metal Progressif

Terminal Velocity
Baptman
Journaliste

JOHN PETRUCCI

«L'album des retrouvailles qu'on attendait tous ! Terminal Velocity rassemble pour la 1ère fois depuis 10 ans John Petrucci et Mike Portnoy, une collaboration dont on espère qu'elle en initiera d'autres !»

9 titres
Metal Progressif
Durée: 55 mn
Sortie le 28/08/2020
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AUTOPRODUCTION

C'était la bonne surprise, le bon boost au moral qui nous attendait au retour d'un été tristement marqué par l'absence de tout festival et manifestation musicale. Terminal Velocity, second album solo de John Petrucci en 15 ans, fait l’évènement en réunissant, pour la première fois depuis 10 ans, la plus belle barbe de la scène prog avec son compère de toujours, le fameux Mike Portnoy (ex-Dream Theater).

On n’osait y croire et pourtant, depuis plusieurs années et mois, les comptes Instagram et Facebook de l’un comme de l’autre laissaient clairement comprendre, photos à l’appui, que l’amitié fraternelle entre les deux musiciens était toujours là, malgré la séparation professionnelle. 35 ans d’amitié, initées pendant leur scolarité au Berklee College of Music et qui durent encore aujourd’hui, ça ne se balaye pas d’un revers de main !

Cela dit, bien que la complicité entre les 2 piliers de Dream Theater fut connue depuis longtemps, il n’était pas question jusque-là d’une collaboration artistique entre John et Mike. Les innombrables questions de la presse ou des fans à ce sujet dont ils ont été accablés l’un comme l’autre pendant 10 ans n’ont jamais reçu que des réponses aussi prudentes que laconiques. En février 2019, à l’occasion des 50 ans de Mike Portnoy célébrés sur le bateau de croisière du Cruise To The Edge, on avait failli voir Dream Theater se reformer le temps d’une soirée hommage à la carrière extraordinairement prolifique du batteur de Long Island. Mais le groupe avait décliné l’offre jugée sans doute trop délicate. Seul Jordan Rudess s’était déplacé pour interpréter avec Mike un medley bien connu des fans de Dream Theater : l’Instrumedley.

Suite à cette surprise, les fans les plus optimistes attendaient surtout un 3ème opus de Liquid Tension Experiment, le side-project instrumental de John Petrucci et Mike Portnoy, projet grâce auquel ils avaient justement rencontré Jordan, juste avant de l’intégrer dans Dream Theater. Forcément, la sortie de Terminal Velocity relance de plus belle les spéculations et les théories à ce sujet et redonne espoir aux nostalgiques.

Terminal Velocity est un album instrumental, sans surprise très porté sur la technique instrumentale et au style reconnaissable entre mille. On sourit dès la première minute du 1er titre et single éponyme au moment où Mike Portnoy rejoint son camarade. Entendre de nouveau s’exprimer l’alchimie entre les deux amis est un plaisir qu’on ne boude pas ! Et le style des deux compères est tellement iconique que le sentiment de familiarité ne saurait être plus fort. D’ailleurs tout l’album est immanquablement teinté de cette nostalgie. On croit entendre Dream Theater un nombre incalculable de fois au cours de la petite heure que dure le disque. Temple of Ciradia par exemple, dont le riff d’intro est un sosie presque parfait de Bridges In The Sky (sur A Dramatic Turn of Events, 1er album de DT sans MP sorti en 2011).

Les albums de guitaristes shredders tel que Petrucci, ont presque immanquablement le défaut d’être rapidement indigestes. Passée la satisfaction non dissimulée d’entendre de nouveau le duo le plus célèbre du métal prog, Terminal Velocity tombe dans ces travers, il faut le reconnaître, avec les solis à rallonge comme celui de The Oddfather qui propulse un nombre indécent de notes dans la stratosphère.

Petrucci a toutefois eu la bonne idée et le bon goût de nous octroyer quelques pauses. Par exemple, avec le très bluesy (et aussi bien nommé) Out Of The Blue qui montre une facette de son jeu qu’on connaît très peu…avant bien sûr qu’il ne soit repris par ses élans lyriques au cours d’un solo épique du genre Santana sous speed, qui poussera autant de jeunes guitaristes à se lancer dans des sessions marathoniennes de pratique de leur instrument que d’autres à l’abandonner, découragés, sacré John. Un autre intermède appréciable est un passage latin à la moitié de Gemini, qui laisse apprécier le jeu de guitare acoustique de John ainsi qu’un jeu très percussif et coloré de la part de Mike. Un petit passage tout à fait pertinent qui apporte de l’espace ainsi qu’une touche de fraîcheur bienvenus dans un disque autrement très compact si vous me pardonnez ce jeu de mot un peu faible.

Snake In My Boot, directement inspirée de Queen, période A Kind Of Magic marque aussi un léger changement de style avec son rythme de marche ponctuée de claps. On est sur un titre plus efficace, plus « pop » encore une fois, avant que l’incontournable solo n’arrive !

Somme toute, Terminal Velocity est un album de fan service pur. Pour peu que vous ayez, de près ou de loin, été fan de DT, vous ne pourrez pas passer un mauvais moment en l'écoutant, même si, au cours de votre parcours musical personnel, comme cela a été le cas de votre serviteur, vous vous êtes progressivement (haha) écarté de ce style de musique et du DT d’après-Portnoy. Vous prendrez toutefois soin de vous épargner l'épreuve que représente l'écoute du cheesyssime Happy Song....à mi-chemin entre un générique de sitcom californienne et un showreel d'Yngwie Malmsteen...

On attend maintenant avec impatience et curiosité la suite que va donner cette collaboration aussi inattendue que bienvenue entre John Petrucci et Mike Portnoy.

LT3 par exemple ;) ?