John Garcia & The Band Of Gold
Fred H
Journaliste

JOHN GARCIA

«John Garcia et sa nouvelle clique ne sont clairement pas prêts à laisser leurs carcasses de Stoner Rockers se faire béqueter. Les fans du style peuvent sans risque se jeter sur cette pâture livrée par un des maîtres du genre»

11 titres
Stoner Rock
Durée: 40'55 mn
Sortie le 04/01/2019
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Quand on parle de Desert Stoner Rock, le groupe Kyuss fait office de référence... pour ne pas dire de formation culte. On leur doit ces riffs ultra lourds, ces rythmiques hypnotiques, ce son si caractéristique (novateur à l'époque) avec cette gratte branchée sur un ampli de basse, ... et la voix (qui en a marquée plus d'un) de John Garcia. Depuis le split du combo en 1995 (au moment où le succès commençait à venir), ledit chanteur a enchaîné les collaborations extérieures (Orange Goblin, Danko Jones, Karma to Burn, ...) et aussi pas mal de projets personnels (Slo Burn, Hermano, Unida). Malgré la qualité de ces oeuvres, les déboires ont été nombreux sur son chemin. Imbroglio et contentieux sur le nom Kyuss avec le rouquin Josh Homme, sorties de disques bloquées voire même carrément annulées pour des problèmes de contrat ou de rachat du label, … Bref, malgré ces galères, le gars poursuit sa route vaille que vaille. Rien que ces cinq dernières années, se sont succéder l'enthousiasment « Peace » avec Vista Chino, son premier effort éponyme en solo et plus récemment la revisite en mode acoustique de son répertoire passé avec « The Coyote Who Spoke in Tongues ».

En ce début d'année 2019, le vocaliste débarque avec de nouveaux comparses sous le blase de « John Garcia & The Band Of Gold ». Dès l'opener (l'instrumental ‘Space Vato‘) ça sent bon le sable brûlant et la chaleur étouffante du désert de Mojave. La batterie se fait sèche, la basse vous tape directe sur le carafon. La section rythmique de Mike Pygmie à la 4-cordes et de Greg Saenz derrière les fûts joue serrée (‘Kentucky II‘). Ça groove sévère, ça envoi fort (‘Cheyletiella‘), ça vrombit grave (‘Apache Juncion‘). Les riffs sortant de la guitare de Ehren Groban sont des plus accrocheurs (‘Jim's Whiskers‘, ‘Lillianna‘) et ses interventions solos ne sont pas en reste (‘Don't Even Think About It‘). Les quatre lascars ne sont pas venus pour bricoler. L'efficacité de ces compos globalement bien foutues est indéniable à défaut d'être véritablement révolutionnaire. Toujours puissant (l'énergique ‘My Everything‘, l'imparable et énervé ‘Popcorn (Hit Me When You Can)‘), mélodique (‘Chicken Delight‘), Garcia sait aussi se faire plus nuancé (le bluesy et quelque peu psychédélique ‘Softer Side‘). Percutant et entêtant, le coyote continue de « hurler à la lune » pour notre plus grand plaisir. Le poids des ans ne semble visiblement pas trop l'atteindre.

Pour produire cet opus, notre Canis latrans préféré, ayant malheureusement été contraint de fermer son propre studio d'enregistrement qu'il venait à peine de créer (comme quoi parfois la guigne vous suit), a choisi son ami de longue date Chris Goss. Cette figure emblématique du mouvement Desert rock et tête pensante de Masters of Reality (qui à collaborer avec Kyuss évidement mais aussi Queens Of The Stone Age) fait ici ressortir le meilleur du quatuor avec cette prod' aux petits oignons.

Les vautours (des plus jeunes combos) ont beau leurs tourner autour, John Garcia et sa nouvelle clique de The Band Of Gold ne sont clairement pas prêts à laisser leurs carcasses de Stoner Rockers se faire béqueter. Les fans du style peuvent sans risque se jeter sur cette pâture livrée par un des maîtres du genre. « Wow-ouh-wow ».
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