Into Blackness
Fred H
Journaliste

BONDED

«Une grosse beigne qui va assurément faire déboiter de nombreuses cervicales dans bien des fosses.»

11 titres
Thrash
Durée: 45 min 33 mn
Sortie le 12/11/2021
182 vues
L’année 2018 avait bien mal débutée pour le guitariste Bernd « Bernemann » Kost et le cogneur de futs Markus « Makka » Freiwald. Début janvier, Tom Angelripper, l’emblématique tête pensante de leur combo Sodom, avait annoncer se séparer de ses dits compères malgré respectivement 12 et 8 ans de bons et loyaux services. Loin de se lamenter, bien que virés, les deux comparses se lancèrent à corps perdus dans un nouveau projet qu’ils baptisèrent Bonded. Pour les accompagner, les teutons rameutèrent le sixcordiste grec Chris Tsitsis (ex-Suicidal Angels), le bassiste Marc Hauschild (ex-Tauron), et le vocaliste Ingo Bajonczak (Assassin).

Début 2020, le quinquet balançait un très solide premier missile (« Rest In Violence ») qui fut très bien accueilli (bonnes places dans les charts germaniques notamment).

Un peu moins de deux piges ont passés et le groupe est déjà de retour avec « Into Blackness ». La clique n’a rien changé au menu. Comme son ainé, ici on est en pur territoire thrash metal bien brut. Batterie percutante, basse massive, et guitares hurlantes, voilà ce qui vous attend ('III-Minded Freak'). Les fans de sauvagerie vont être servis (le tranchant 'The Holy Whore'). Les bastos fusent à grands renforts de riffs supersoniques ('Into The Blackness of a Wartime Night') et de changements de rythmes en veux-tu en voilà ('Division of the Damned'). Ça défouraille sec ('Final Stand'). Bien que parfois brutales, ces compos meurtrières ne délaissent pas pour autant les accroches « mélodiques » ('The Eyes of Madness').

Reconduit aux manettes de la production, Cornelius Rambadt (Sodom, Disbelief, Onkel Tom) donne corps à toutes ces compos plus meurtrières les unes que les autres. Malgré tout, bien que la quasi-intégralité des titres foncent à vive allure tel un train lancé à pleine vitesse ('Watch (While the World Burns)'), les cinq gars ralentissent (un tout petit peu) la cadence à quelques rares moments ('Destroy the Things I Love').

Au micro, mister Bajonczak gueule à s’en arracher les cordes vocales ('Lilith (Queen of Blood)'). Servi par plusieurs textes traitant de la guerre (inspirés par le bouquin « The Division Of The Damned » de Richard Rhys Jones), l’allemand ne montre aucune faiblesse ('Way of the Knife'). Clairement, si vous recherchez de la délicatesse, aller voir au rayon d’à côté.

« Into Blackness » ne réinvente pas le thrash metal et d’ailleurs il n’en a jamais été question. A l’instar du premier méfait, Bonded délivre là une grosse beigne qui va assurément faire déboiter de nombreuses cervicales dans bien des fosses.