IN THE COMPANY OF SERPENTS
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Doom/Sludge/Stoner Metal

Lux
Julie Legrand
Journaliste

IN THE COMPANY OF SERPENTS

« In The Company of Serpents à son apogée : le groupe de Doom/Sludge/Stoner présente un nouvel album monumental qui ravira les fans du genre »

8 titres
Doom/Sludge/Stoner Metal
Durée: 44 mn
Sortie le 03/09/2021
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AUTOPRODUCTION

Du Doom/Sludge impénétrable, un jeu oscillant entre la légèreté du stoner et brutalité du Death, le tout ancré dans une humeur mélancolique, vous venez tout juste de pénétrer dans l’univers aussi fascinant que cathartique du trio In the Company of Serpents ! Au programme de ‘’Lux’’, un récit conceptuel de huit morceaux qui nous emmène dans les recoins les plus profonds de notre esprit.
La force des productions réside tout d’abord dans les variations instrumentales réalisées par Ben Pitts à la guitare et à la basse et J.P. Damron à la batterie. Chacun des titres présente une alternance entre des passages captivants, épars et plutôt légers et d’autres possédant une force brute viscérale. C’est notamment le cas du premier morceau intitulé ‘The Fool’s Journey’ ! Le début présente un Doom/Noise profond, orné de quelques notes claires jouées à la guitare. L’ambiance, bien que douce, est franchement étrange, voire même dérangeante tant le fond est lourd et distordu. Nous sommes comme perdus dans un lieu sans spatialisation quand tout à coup… du Death vif et saturé, accompagné d’un chant growl, prend brusquement le dessus et martèle sans répit nos oreilles ! La musique reprend ensuite son cours avec des évolutions musicales beaucoup moins tranchantes avant de nous surprendre une seconde fois. Cette approche peu commune annonce d’ores et déjà de bonnes surprises pour la suite.
Au fur et à mesure de l’écoute de cette tempête cathartique, nous tombons sur des morceaux très courts. Le premier, ‘Daybreak’, présente un jeu lourd et très mélancolique. Une guitare joue quelques notes non saturées et donne une grande douceur à ce bref instant. Nous retrouvons cette douceur dans le second break, ‘Nightfall’, bien que l’ambiance soit différente. Ces deux ‘’pauses’’ contribuent autant aux titres qui suivent qu’à l’ambiance de l’opus en général.

En parlant d’ambiance, laissez-moi vous présenter ‘Prima Materia’. Final de l’album, il est d’une grande richesse et récapitule parfaitement les qualités de ‘’Lux’’. En effet, il se compose des trois ambiances de l’album : l’angoissante, la légère puis la stressante. Le début présente un titre angoissant dans lequel aucune spatialisation ne se fait sentir. Un jeu léger va se greffer par-dessus, donnant une sensation dérangeante. Cet espèce de malaise va ensuite se dissiper pour laisser la place d’avantage à d’optimisme et de légèreté. Nous arrivons maintenant à la partie plus légère ! Le chant rauque de Grant Netzorg se fait entendre par-dessus les instruments au jeu assez serré. Ce passage à la touche Death léger précède le retour vers des eaux bien plus sombres. Des cloches résonnent au loin puis l’ambiance devient soudainement stressante. Tandis qu’un rythme assez soft et lancinant commence à prendre place, une touche de noise se fait entendre au loin, puis se rapproche. Le titre se clôt finalement sur ce seul bruit, laissant doucement la place à un silence bien mérité.

Il s’agit d’un album intense, vraiment ! Il est de ceux qui ne s’écoutent pas, mais qui se vivent. Le travail sur l’ambiance et les émotions est à féliciter tant les productions sont saisissantes. La présence d’une grande variété musicale et vocale nous assure une expérience inédite, jamais lassante, au contraire ! Je vous invite à vous y intéresser : pour peu que vous soyez amateur de ces genres, vous allez vous régaler !