Immortal
Fred H
Journaliste

MSG

«Oeuvre Hard heavy tout autant moderne que respectueuse du répertoire passé»

10 titres
Hard Rock
Durée: 45 min 02 mn
Sortie le 29/01/2021
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C’est écrit sur la pochette (« Michael Schenker 50th Anniversary »), le célèbre guitariste allemand fête donc ses cinquante ans de carrière. Hormis ses passages dans Scorpions (le combo de son frangin Rudolph) de 1970 à 1973 et de 1978 à 1979, ce sont ses collaborations (par quatre fois) avec les anglais de UFO qui sont les plus notoires. On lui doit quelques incontournables ('Doctor Doctor', 'Rock Bottom', … entre autres). Depuis 1979, le natif de Sarstedt a fondé et dirigé plusieurs formations aux changements de line-up trop nombreux pour un inventaire. Outre son gang éponyme, on a eu le droit au Michael Schenker's Temple of Rock, au McAuley Schenker Group, au Michael Schenker Fest et - c’est ce qui nous intéresse présentement - au Michael Schenker Group, plus communément appelé MSG.

Plus de douze ans après son dernier méfait (« In the Midst of Beauty ») commis sous cette bannière, le germain est donc de retour avec « Immortal » (parce que la musique nous rend immortels, dixit notre tête pensante). Vu la quantité de zicos avec lesquels il bossé, il était tout bonnement impossible de rassembler tout le monde pour ce disque anniversaire. Quoi qu’il en soit, plusieurs comparses bien connus sont là, comme le cogneur Bodo Schopf (Dreamcatcher), le guitariste Steve Mann, et le bassiste Bary Sparks (Ted Nugent, Dokken). Coté chanteurs, l’acolyte de longue date (également ici producteur) Michael Voss de Mad Max nous fait revivre avec bonheur l’esprit 70’s (la superbe ballade 'After The Rain', l’énergique 'The Queen Of Thorns And Roses').

On retrouve aussi des « anciens » (l’anglais Gary Barden, l’irlandais Robin McAuley) et des collaborateurs plus récents (l’écossais « Doogie » White, le chilien Ronnie Romero). Ces quatre vocalistes se regroupent – pour clôturer le disque - pour une version retravaillée d’un classique de Scorpions (l’hypnotique 'In Search Of Peace Of Mind') sorti en 1972 sur leur premier effort « Lonesome Crow » (Michael, alors dans le groupe, n’avait que 17 piges). Pas décidé à lâcher le micro, Romero s’octroie trois autres chansons en solo. Devenu presque incontournable ces dernières années (Rainbow, Lords of Black, CoreLeoni, The Ferrymen ou Vandenberg), le garçon nous ravi de son timbre chaleureux (les intenses 'Knight Of The Dead' et 'Come On Over','Sail The Darkness' qui nous rappelle un autre Ronnie… le regretté gnome Dio). Impressionnant, tout simplement.

En ce qui concerne les nouvelles têtes, il y a aussi du lourd. Comme il le souligne parfois, notre Mad Axeman n’écoute pas de musique, histoire de ne pas influencer la sienne. Les capacités (et les existences mêmes) d’autres musiciens lui sont donc inconnues. Dans le cas présent, des personnes de son entourage lui ont suggérées quelques noms et ils ont eue bien raison. D’abord, derrière les futs, le britannique Simon Phillips (ex-Toto) et l’étasunien Brian Tichy (ex-… The Dead Daisies, Whitesnake, Foreigner) – qui s’est manifesté de lui-même trop heureux d’apporter ses baguettes à cet anniv’ - apparaissent sur quelques pistes.

Ensuite, Ralf Scheepers de Primal Fear nous expédie en contrées speed et power metal (le bien heavy 'Devil’s Daughter'). Selon les dires de notre guitar hero, l’ex-hurleur de Gamma Ray l’a tout simplement « scotché » par sa puissante voix (l’ouvreur 'Drilled To Kill' et son final sous forme de joute gratte/clavier avec Derek Sherinian, le maitre ès synthès de Sons of Apollo/ex-Dream Theater). Ah oui, quand même. Enfin, last but not least, Joe Lynn Turner est aussi de la bagarre. Servi par un Michael à son meilleur (sur toute la galette), et tout en maîtrise de sa Dean V entre technicité et finesse, l’ex-Deep Purple/Rainbow/Yngwie Malmsteen nous embarque en terres FM (l’accrocheur 'Don’t Die On Me Now') et mélodiques (le galopant 'Sangria Morte').

De grande classe, cet « Immortel » renferme de très grands moments de Hard heavy. Cette énième incarnation de MSG offre excellent une œuvre tout autant moderne que respectueuse du répertoire passé. Happy Birthday to you Mister Schenker.