Human Target
United Rock Nations

THY ART IS MURDER

«Puissant, varié et engagé, ''Human Target'' c'est du Thy Art is Murder autant dans la musique que dans le texte, le groupe est clairement à son apogée»

10 titres
Deathcore
Durée: 39 mn
Sortie le 26/07/2019
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Enora
Journaliste




Shades Of God
Journaliste





La Chronique de Shades Of God



Il n'aura fallu qu'une dizaine d'années à Thy Art is Murder pour devenir une réelle machine de guerre bien huilée et productive. Si le pire fut évité de justesse en 2015 quand le frontman du groupe, CJ McMahon a quitté le navire avant de revenir sur sa décision, cela a aussi permis à Thy Art is Murder de se remettre en question et de
s'ouvrir une nouvelle dynamique matérialisée par le très bon « Dear Desolation » en 2017. Deux ans plus tard, les Australiens restent sur leur bonne lancée en revenant plus forts que jamais avec une toute nouvelle oeuvre dont le titre est très évocateur, « Human Target ».

Ce n'est un secret pour personne dans le milieu du Metal (dont l'ouverture d'esprit est bien moins grande qu'on aime le penser), le Deathcore est un style souvent raillé, vilipendé, considéré comme du sous Death Metal croisé avec du mauvais Hardcore accompagné d'une production fade ou sur-faite. Néanmoins, quelques groupes, dont Thy Art is Murder parviennent à mettre quasiment tout le monde d'accord, il faut dire qu'avec le temps les Australiens ont musclé leur musique sans pour autant renier leurs racines DxC, et inconsciemment cela a dû jouer dans les têtes. Si « Dear Desolation » malgré sa qualité montrait quelques faiblesses, « Human Target » n'en connait que très peu voire pas du tout, en 10 titres et 39 minutes, Thy Art is Murder se montre plus véloce que jamais en balançant de véritables parpaings d'une violence incroyable. Du tire éponyme en ouverture à 'Chemical Christ' qui ferme l'album, c'est un pur déferlement de haine qui s'abat sur vous où les rythmiques sont parfois très soutenues ('Make America Hate Again', 'Eye For An Eye') ou parfois extrêmement lourdes comme sur les terribles 'Eternal Suffering' et 'Death Squad Anthem' qui font volontiers remonter les
racines Deathcore et Hardcore du groupe avec des breaks apocalyptiques et un chant hurlé. Les morceaux s'enchainent, les écoutes défilent et force est de constater que Thy Art is Murder prend une nouvelle fois de l'épaisseur et comme le bon vin se bonifie avec le temps. Il suffit de jeter une oreille sur 'Welcome Oblivion' pour également s'apercevoir que Thy Art is Murder n'est pas du genre à se répéter et sait quand il le faut mêler ses influences mais aussi prendre quelques risques, ici la violence est
toujours de mise mais entre deux accélérations des plus fulgurantes vient s'intercaler des passages plus atmosphériques qui installent un climat oppressant et anxiogène à souhait.

D'une manière globale « Human Target » répond parfaitement au difficile cahier des charges que s'impose le groupe, et démontre par la même occasion que Thy Art is Murder boxe dans une catégorie poids lourds à cheval entre le Death Metal et le Deathcore sans jamais se perdre ou tomber dans les clichés. 'Voyeurs Into Death' illustre bien ces propos, difficile de dire quel style prend le dessus sur l'autre tant ils sont bien intégrés et complémentaires l'un à l'autre. C'est un peu ça la marque de Thy Art is Murder, être capable de créer une musique puissante qui bouleverse les codes pour créer sa propre identité. Outre le coeur de la musique il est important de souligner le génial artwork d'Eliran Kantor ainsi que le colossal travail sur le mixe et le mastering réaliser par Will Putney. Saluons également la performance du batteur Jesse Beahler
qui pour un premier album avec le groupe à fait plus que se fondre au décor, son jeu apporte énormément d'impact à chaque titre, le gaillard est loin d'être un peintre.

Puissant, varié et engagé, « Human Target » c'est du Thy Art is Murder autant dans la musique que dans le texte, le groupe est clairement à son apogée. Il n'y a aucun doute que les nombreux fans seront comblés par cette nouvelle oeuvre et il se pourrait bien que certains septiques tombent également sous son charme tellement les Australiens sont impressionnants, une fois de plus est-on tenté de dire. Allez, on se détend et on se prépare à prendre une bonne et grosse rincée de décibels.

La Chronique de Enora



En quelques années seulement, Thy Art Is Murder a réussi à se hisser parmi les plus grands noms de la scène Deathcore internationale depuis la sortie de leur premier album, « The Adversary », en 2010. Multipliant les tournées et les albums avec « Hate » en 2012, « Holy War » en 2015, et « Dear Desolation » en 2019, tout semble annoncer qu'ils ont encore de très belles années devant eux, et ce n'est pas avec « Human Target » qu'on va dire le contraire !

Fidèle à leur réputation, les Australiens mettent la barre très haute dès les premières fractions de seconde du titre éponyme, "Human Target", dévoilé dès le 25 avril à travers un clip vidéo et qui laissait déjà présager un album d'une brutalité et d'une technicité délicieuses ! La batterie de Lee Stanton est frénétique, parfois interrompue de breaks, et toute la puissance d'un Death Metal technique inonde cette première chanson. Plus encore que sur leurs précédents opus, des influences Tech Death se font sentir, à l'image de "New Gods" qui enflammera les mosh pits avec son atmosphère mortifère qui vous glace le sang. L'heure de la révolution a sonné, CJ McMahon et sa bande se font déicides et remplacent les divinités du passé ! C'est un groove irrésistible qui nous saisit sur "Death Squad Anthem", un morceau plus contrasté dans sa composition mais toujours porté par une rythmique parfaitement pensée.

Décidément, la politique s'invite partout dernièrement ; et quand il s'agit des Etats-Unis, le sujet est probablement plus brûlant encore. Si ce n'est pas un nouveau "This Is America" de Childish Gambino, Thy Art Is Murder a tenu a apporter sa pierre à l'édifice avec "Make America Hate Again", dérivé du "Make America Great Again" de Trump. "Eternal Suffering" ne pouvait être mieux nommée tant on sent un déferlement de violence et de haine dans ce morceau explosif que les guitares d'Andy Marsh et Sean Delander mettent en avant. Comme toujours, le groupe s'engage pleinement dans sa production musicale, s'abandonnant entièrement à sa performance. Sans ralentir la cadence, le groupe nous plonge ensuite dans un tourbillon de ténèbres intitulé "Welcome Oblivion".

Sans revenir sur les multiples références religieuses que le groupe mobilise à travers sa discographie et qu'on peut retrouver ici, "Atonement" ("expiation" en français) porte une tension sourde grâce à la basse de Kevin Butler. "Voyeurs Into Death" va combler de joie les amateurs de Tech Death et Brutal Death ! Préparez-vous à lancer une véritable guerre dans la fosse quand ce morceau résonnera et faîtes honneur à Thy Art Is Murder. Plus sobre mais aussi lancinant, "Eye For An Eye" contraste avec le reste de l'album, rampant vers nous à la manière d'un serpent et s'insinuant dans notre esprit embrumé de terreur. Agressive et d'une rapidité effrayante, "Chemical Christ" vient poser un point final à cet album brillant de technicité et de puissance !

« Human Target » est un album qui semble amorcer un léger virage pour Thy Art Is Murder qui s'appuie plus ouvertement sur des influences Tech/Brutal Death et qui propose des variations sur les thèmes classiquement abordés comme la religion, cette fois-ci plongée dans une modernité malade et frénétique. Le quintet australien n'a rien perdu de son mordant et n'attend qu'une consécration en live pour cet opus qui s'annonce déjà comme un véritable succès !
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