HOLY MOSES
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Thrash Métal
Chroniques

Redefined mayhem
United Rock Nations

HOLY MOSES

13 titres
Thrash Métal
Durée: 46 mn
Sortie le 25/04/2014
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On dira ce qu'on voudra, il en va en musique comme en automobile : on est rarement déçu par la « Deutsche Qualität ». Une belle mécanique, bien huilée, qui nous en donne pour notre argent et perpétue des recettes éprouvées, sans aller chercher à nous étonner ou à proposer du fun.

Evidemment, de fun il n'est pas question avec Holy Moses, qui nous tabasse avec son thrash death furibard et ses textes sombres depuis plus de 30 ans, et a pour caractéristique d'être emmené par Sabrina Classen, qui fut la première femme vocaliste à officier dans un registre death. Si vous ne connaissiez pas Holy Moses, cette particularité vaut à elle seule le détour, la donzelle (hem !) officiant du growl le plus guttural aux hurlements maléfiques.

La deuxième bonne raison, c'est que, comme au bon vieux temps, Holy Moses bastonne son death agressif, mais en l'agrémentant toujours de rythmiques et structures élaborées. Jamais univoque, Holy Moses s'appuie sur des musiciens talentueux pour triturer les chromatismes et assembler des accords inédits.

Ce « Redefined Mayhem », 5e album de Holy Moses nouvelle ère (puisqu'après un split au milieu des années 90, le groupe restait en sommeil jusqu'en 2002), est donc bien né des recettes éprouvées d'antan : alternance entre maîtrise technique à tempo élevé (« Process of Projection » et ses riffs à la Megadeth ou Annihilator) et intros lentes et malsaines (« One Step Ahead of Death »), art du ralentissement pour des refrains qui s'impriment impitoyablement dans le cerveau (« Hellhound »), en jouant tantôt sur le groove d'un contretemps (« Into the Dark »), tantôt sur un texte scandé (« Undead Dogs », « Whet the Knife »), et pour l'anecdote, des choeurs presque mélodiques sur un titre (« Liars ») et un titre caché thrash-core (« Dirt »).

Malgré une originalité jamais démentie, que les plus déglingos d'entre vous se rassurent, la tonalité générale reste colérique et puissante, le tout dans des formats rentre-dedans quasi toujours inférieurs à 4 minutes.

Si plusieurs titres précités ont de bonnes chances de devenir des classiques du groupe, ce « Chaos Redéfini » qui ravira les fans, et peut constituer une bonne entrée en matière pour un amateur du style trop jeune pour avoir connu le groupe à ses débuts, il n'y a néanmoins là pas matière à convertir de nouveaux fans hors des frontières du Death ou à se démarquer réellement des précédentes productions de Holy Moses....

On ne peut pas toujours être « Wunderbar » !