THE OCEAN
Plus d'infos sur THE OCEAN
Progressive/Atmospheric Sludge Metal/Post-Hardcore

Holocene
Fred H
Journaliste

THE OCEAN

«En se tournant vers le monde électronique, The Ocean clôt superbement sa série d’albums inspirés de la Paléontologie. »

8 titres
Progressive/Atmospheric Sludge Metal/Post-Hardcore
Durée: 52:58 mn
Sortie le 19/05/2023
616 vues
The Ocean aime la Paléontologie. On pensait (à tort visiblement) qu’après « Precambrian » (2007), « Phanerozoic I : Palaeozoic » (2018) et « Phanerozoic II : Mesozoic / Cenozoic » (2020), le groupe en avait définitivement fini avec tout cela. Eh bien, on s’est gouré !

Annoncé par le combo comme un « appendice ou le chapitre final » à la dite thématique et aux trois disques précédemment cités, voilà donc « Holocene (= la période actuelle et la plus courte de l’histoire de la Terre). Pour ce dernier volet de cette quadrilogie, la formation de post-metal atmosphérique a revu sa méthode d’écriture. Habituellement, dixit le guitariste Robin Staps, tout part « d’un riff de guitare, un rythme de batterie ou une idée vocale ». Les morceaux présentés ici ont été élaborés à partir de propositions (parfois brutes et inachevées) du claviériste Peter Voigtmann. Toujours d’après nos protagonistes, ces bases « électroniques » ont créées un « échange créatif inspirant » et ont conduits « vers des endroits totalement imprévus mais très excitants ».

Ce nouvel effort reprend là où s’était achever « Phanerozoic II : … » (qui s’était refermé de manière un peu abrupte par une plage intitulée … 'Holocene'). La composition ouvreuse nous fait démarrer dans une certaine douceur, tant musicale que vocale (le captivant 'Preboreal'). Bien que (effectivement) rythmées en avant-plan par des couches d'électro, les deux titres qui suivent (les enveloppants 'Boreal' et 'Sea of Reeds') nous transportent avec légèreté. Au micro, en voix claire, le français Loïc Rosetti se fait mélodique et délicat.

Un point de bascule s’opère avec la quatrième compo ('Atlantic' aux accents trip-hop). Les passages énervés et les sonorités métal déferlent. D’abord apaisante et (presque trop) calme sur les premières chansons, la musique du gang franco-Allemands devient fureur ('Subboreal'). La « lourdeur », qui caractérise le collectif originaire de Berlin, est de retour. Pour l’accompagner dans le chaos, la clique franco-germanique a conviée la norvégienne Karin Park. La chanteuse de Arabrot prépare le terrain (la première moitié de 'Unconformities') à un véritable tsunami sonore (dans sa violente seconde partie). Ici, Loïc hurle, s’époumone avec puissance. ABOSULEMENT DANTESQUE.

La fin du parcours se fait entre déchainements électro metal maitrisés ('Parabiosis') et arrangements de cuivres discrets ('Subatlantic'). Confiés au suédois Karl Daniel Lidén (en remplacement de Jens Bogren qui s’était occupé des trois précédents opus), la production, le mixage et le mastering équilibrent parfaitement ces ambiances variées.

En se tournant vers le monde électronique, The Ocean clôt superbement sa série d’albums inspirés de la Paléontologie. En attendant de savoir si ce « Holocene » est une légère incartade temporaire ou un véritable virage musical, profitez pleinement de ce très beau et immersif voyage.