EARTHSHIP
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Sludge/Doom Metal

Hollowed
Morbid Domi
Journaliste (Belgique)

EARTHSHIP

11 titres
Sludge/Doom Metal
Durée: 47 mn
Sortie le 24/06/2016
3581 vues
Les Berlinois d'Earth Ship , 6 ans d'ancienneté, ont sorti leur 4ème, se campant toujours dans leur style de Doom sludge.

Penchons-nous sur leur carrière, il peut être bon de se remémorer quelques faits :

- Leur premier album sort en 2011, « Exit Eden », il présentait un caractère assez hétérogène et se montrait trop assimilable à d'autres groupes (Zozobra) ou à d'autres projets (The Ocean). Ce n'était pas transcendant mais il fallait admettre que l'ensemble pouvait contenir un certain charme grâce à des tendances progressives. En moyenne, les cotes oscillaient entre 11 et 13/20.

- « Iron Chest » sort en 2012 et montre des riffs bien gras, glissés dans un cadre lourd, au son ni bon, ni mauvais, nous amenant à songer inexorablement à Mastodon ou encore à Baroness. Aucun titre ne ressortait tant il y avait homogénéité du produit musical. Les cotes de la presse spécialisée oscillaient cette fois entre 14 et 15/20. Il y avait progression dans le travail

- Le 3ème album « Withered » allait récolter des avis moins mitigés tant il y avait plus de groove dans l'ensemble sonnant bien crasseux. Les Down-tempo étaient assez chargés. Certains pensaient à l'époque que le groupe avait sorti là sa meilleure galette. On trouvait cette fois plus d'homogénéité, de cohérence. 

Pour ma part, je dois bien avouer que le Doom sludge n'est pas du tout ma tasse de thé.
Me voici pourtant à découvrir « Hollowed ».

Après 5 écoutes de l'ensemble, il m'a semblé entrevoir des bases Heavy Stoner entremélées avec des éléments de Doom Death à la Paradise Lost.

Vu que je lance le corrélat avec l'univers Doom Death, il me revient le devoir d'argumenter.
Les 3 meilleurs morceaux illustrant le propos, sont pour moi :

- Le très dynamique « In the arms of Medusa ». On y retrouve aussi les parties plus agressives à la My Dying Bride avec le chant qui tire dans la complainte presque de type Deathcoreux ;

- Le magnifique « Castle of Sorrow » qui continue clairement dans ce registre au sein duquel, les musiciens donnent le meilleur d'eux-même. Pur bonheur ;

- « Red Leaves » est aussi ambassadeur de ce Doom plus extrême, moins crasseux, plus fouillé dans les riffs d'accroche. La qualité s’apparente au superbe « True Belief » de qui vous savez.

Nos Teutons semblent trouver une certaine aisance de jeu dans ce créneau plus spécifique.

Considérons-les en tant que tels en abandonnant les références à d'autres illustres combos.

Le constat d'évolution posé en liminaire, ne résume pas encore la richesse de l'album.

« Safeguard of Death » donne un tout autre visage avec des ambiances rytmiques à la Marylin Manson sur fond de chant Cold Wave Métal.
Ce morceau présente un certain aspect occulte que nous risquons d'être nombreux à apprécier. Earth Ship nous surprend.

La saturation du jeu de basse alourdit considérablement l'oeuvre « Conjured » en est l'illustration parfaite.
En sus, ce morceau envoie quelques riffs bien saccadés, prenant un peu de hauteur et replongeant aussitôt dans des abysses.

A d'autres moments, nous volons dans une atmosphère bien plus éthérée, à l'instar de cet étrange « Monolith » qui varie d'un chant plus murmuré au bon growl puissant et exhortant. Magnifique morceau.

Sur « In Fire's light », nous flirtons presque avec le Nu Métal mélodique tant il y a eu un travail d'ensemble sans nullement quitter la cohérence générale.
Bien vite les balises sonores Doomesques se retissent dans cette toile expérimentale.

L'album se termine sur un morceau plus long que la moyenne des titres, soit, plus de 7 minutes sur le très planant « The Edge of Time » que je ressens plus en osmose dans un registre Heavy Stoner tout en allant chercher les notes cultes de ce sous-genre.

Enfin, la mélodie plus typée n'est pas sans reste, et c'est le titre éponyme de l'album qui la porte.

En conclusion, ce quatuor Germain démontre quelques solides qualités.
L'album est loin d'être ennuyant. S'il ne révolutionne pas le sous-genre, il montre une très belle progression au sein du groupe qui a été capable d'enrichir ses bases musicales.

Quelques titres apportent de très bons moments.

« Hollowed » est à recommander aux fans du groupes, aux amateurs de Stoner, de Rock Crasseux, mais aussi aux personnes qui apprécient le Doom Death.
Une oeuvre correcte a été produite là et il nous revient d'en apprécier sa juste mesure.

Je n'adresserai qu'un petit mot au groupe : « Poursuivez votre exploration Doom Death » qui apporte un énorme cachet dans votre univers ».

Morbid Domi (Juillet 2016)