Höllenzwang (Chronicles of Perdition)
Herger
Journaliste

ABIGOR

«Abigor a composé des titres efficaces dans la grande tradition de sa discographie. Un album court mais intense laissant transparaître une grosse part de violence.»

9 titres
Black Metal
Durée: 36 mn
Sortie le 03/01/2018
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AUTOPRODUCTION
Après Summoning et son bon mais décrié album ''With Doom We Come'', c'est au tour des autrichiens d'Abigor de sortir leur nouvel opus intitulé ''Höllenzwang (Chronicles of Perdition)'', qui sort sur le label culte Avantgarde Music (à qui l'on doit le cultissime ''Live In Leipzig'' de Mayhem).

Tout fan de Black Metal connaît au moins Abigor de nom, c'est l'une des références depuis près de vingt cinq ans du Black européen avec ses leaders que sont Peter Kubik et Thomas Tannenberger. Le groupe a écrit des albums qui ont influencés de nombreux groupes passés et présents tels que ''Nachthymnen - From the Twilight Kingdom'' ou ''Channeling the Quintessence of Satan''.

Le groupe a toujours édifié une musique sombre et haineuse à la gloire de du Mal et ce ''Höllenzwang (Chronicles of Perdition)'' ne fait pas exception à la règle.

Ces vétérans autrichiens ne font pas dans la dentelle. Avec eux, ce n'est pas un Monde de Bisounours mais plutôt celui du Mal Incarné.
Et ne vous attendez pas à un Black Métal Sophistiqué, vous seriez déçu, car on a droit à des riffs crus et minimalistes comme sur sur ''Hymn To Flaming Void'' mais aussi très rapides ou plus lents sur des compositions telles que ''Cold Breathe Satans'' et ''Oldens Day''.

On revient vers l'orthodoxie des premiers groupes du début des années 90 et ils assument ce retour aux sources. Sur ses derniers enregistrements, Abigor avait produit une musique plus élaborée mais toujours froide.
Cet opus est bien loin d'une certaine recherche de mélodie, mais plutôt dans l'envie de créer une musique plus crue et malsaine, tel que ''All Hail Darkness And Evil'', qui nous présente un visage du groupe très ténébreux et violent.

L'ambiance restituée par les compositions est foncièrement noire avec des morceaux relativement courts.
Les vocaux sont des offrandes au Malin, comme celles d'un damné. Supers agressifs, ils accompagnent parfaitement la descente aux Enfers instrumentale comme nous pouvons l'entendre tout au long de l'album.

Les vocaux sont divers, qu'ils soient de véritables screams ou d'autres plus graves. Ce mélange se remarque sur le très bon ''Black Death Sathanas'' ou ''Sword Of Silence''.

Analysons plus précisément certains titres qui illustrent l'album.

''Sword of Silence'' est composé sur des riffs mid-tempi qui s'accélèrent sur les refrains chantés avec des screams venus du tréfonds de l'Enfer. On peut y entendre aussi des riffs plus lourds et ténébreux en fin de titre, mêlés à des choeurs démoniaques.

''The Cold Breath of Satan ''est basé sur des lignes de grattes sombres et bancales comme c'est aussi le cas sur ''Olden Days'' qui est accessoirement le morceau le plus long de l'album avec ses 4 minutes et 16 secondes. Très bon résumé de l'ensemble de l'album.

Notons enfin le titre ''Ancient Fog of Evil'' qui clôture l'album, joué sur des tempi lents où déverser sa haine. Ce morceau suinte la répulsion comme le reste de l'album.

Abigor a composé des titres efficaces dans la grande tradition de sa discographie. Un album court mais intense laissant transparaître une grosse part de violence.