Dans les années 80 en Allemagne, le speed metal explose. Entre le proto-power de Helloween, les pirates de Running Wild, les compositions de Grave Digger, et on pourrait encore en nommer plusieurs dans le genre. Parmi les moins connus de cette vague de guitares palm mutées, on trouve Wardance, dont le seul album sorti en 1990 trouve une nouvelle jeunesse chez Dying Victims ce mois-ci, avec une plâtrée de bonus en prime. L'album tient-il la route après ces 28 ans ?
En un mot : non. En plus d'un mot : ça dépend.
L'album est très daté. Bien que publié en 1990, on retrouve tous les codes des lates 80's allemandes - que ce soit dans la production, ou la composition. L'alliance des deux donnent d'ailleurs une impression très Running Wild, entre le palm mute, la vitesse, et même les progressions d'accords (\'\'Death Caress\'\', \'\'Neverending Nightmares\'\'). Autre grande influence : Metallica. Les solos sont très (très) Kirk Hammett (\'\'Paris in Fear\'\'), et le groupe est même allé jusqu'à semi-pomper l'intro de \'\'Fade to Black\'\' dans leur ballade \'\'I Don't Love You Anymore\'\', qui, si elle n'a pas la même ambition que le superbe morceau des Four Horsemen, tente quand même l'exercice du morceau lent et épique. Les harmonies de guitares sont de bon ton, mais sonnent bien ordinaire. Bref, rien de nouveau sous le soleil, même à la date originale de parution. Toutefois, si en 1990 comme en 2018 vous recherchez du speed metal un peu (beaucoup) à l'ancienne, il est certain que Heaven Is For Sale aura quelques petites friandises pour vous. \'\'Believer\'\' et ses trilles sympathiques, l'énergie pure de \'\'Destroyer\'\' ou de \'\'Killing Snow\'\' (dans les bonus), il y a des choses à sauver, mais peu de morceau qui sauront tenir les réécoutes successives.
Si il y a bien une chose qui permet à Wardance de se démarquer de ses congénères, c'est la voix de Sandra Schumacher. Une chanteuse dans ce contexte-là n'est pas des plus ordinaires. Si l'on ne peut que saluer le choix de line-up (il faut avouer que sans elle l'album perdrait de l'intérêt), son timbre de voix lasse un peu au fur au mesure que l'on progresse dans l'album. La vocaliste du groupe est capable d'être assez agressive, mais a une tessiture assez réduite, et les mélodies écrites pour elle ne la mettent pas forcément en valeur (le refrain du morceau éponyme est plutôt poussif, très peu de moments mémorables ou catchy).
Le mixage est un peu primaire, mais ne nous formalisons pas - il s'agit d'un vieil album un peu underground, et le son reverbé des guitares allié à la batterie brumeuse donne un charme vintage l'ensemble, et nous rappelle de bien belles années. Au final, c'est cela qui fera la différence pour l'auditeur : Heaven is for Sale est un sympathique album pour quiconque en recherche d'un trip nostalgique, et un disque quelconque pour les autres. Notons pour les acharnés que la reissue propose une cover gadget de \'\'House of the Rising Sun\'\' (et un \'\'Blues\'\' totalement inutile) et plusieurs pistes provenant de sorties antérieures, dont une démo. +1 pour l'exhaustivité. Pour l'originalité, il faudra s'adresser ailleurs.