HARLOTT
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Thrash Metal

Extinction
Morbid Domi
Journaliste (Belgique)

HARLOTT

«Cet album montre que Harlott maîtrise bien son sujet et que l'univers exploré allie tant la dimension sacrée et vivace des années 80, entremêlée d'un cadre moderne amenant puissance et mordant. »

12 titres
Thrash Metal
Durée: 51 mn
Sortie le 07/04/2017
9313 vues
Harlott nous vient d'Australie et sévit depuis 11 ans déjà dans le monde du Thrash metal.
Comme au sein de bon nombre de groupes, quelques changements de line-up ont été opérés à travers le temps, notamment dans les postes de « gratteux » ainsi qu'à la batterie.

Ce groupe ne possède pas encore de grande notoriété en Europe mais il y a fort à parier que ça va changer d'ici quelques tournées.
Nous pouvons clairement considérer que ce groupe d'expérience chemine doucement, dans le sillage d'un « Nervosa » pour aller occuper les marches du podium des futurs grands de la scène Thrash.

Non, il n'y a aucune exagération dans le propos et ceux qui ont eu la chance de découvrir le combo de Melbourne lors de la sortie il y a 2 ans de son second album, « Proliferation », risquent fort de se souvenir d'un produit de qualité aux riffs engagés et rageurs.
J'ajouterais même que l'on trouve en Harlott un digne band capable de rivaliser avec la brutalité d'un « Onslaught ».

Et nous voici à évoquer ce 3ème opus, dernier né, tout droit issu du labeur de nos artistes du pays des Kangourous.
Nous retrouvons nos 2 chevilles ouvrières, Andrew Hudson, guitariste et chanteur et son comparse Tom Richards, bassiste et choriste.
A la seconde guitare, Ryan Butler qui a été remplacé après 4 années de service par Jake Weber. Enfin, derrière les fûts, c'est toujours l'excellent Tim Joyce qui dirige les baguettes.

Extinction pouvait-il garder le niveau de son déjà très bon prédécesseur ?

Non seulement du niveau, il y en a toujours mais cette fois, le groupe nous a pondu un album captivant de bout en bout que, dans la cotation finale, je hisse au statut de ''magnifique oeuvre''.

Dès les premières notes du titre éponyme, sur un petit air mélancolique, nous retrouvons un superbe son.
Messire Jens Borgren, maître d'oeuvre du mastering n'y est pas étranger et nous connaissons la qualité de son boulot avec Kreator, James LaBrie, Katatonia, Soilwork, Opeth, Orphaned Land et j'en passe…
« Extinction » s'écoule sur des riffs épiques, évoquant un bon Thrash Slayeresque des années 80, tout en parvenant regrouper des influences assez modernes.
Le chant est excellent, faisant penser à Tom Araya dans ses plus jeunes années. La batterie s'envole sous un faux air calme.
La mélodie pénètre vite votre esprit pour s'incruster subrepticement.

Sur « First World Solutions », la seconde guitare ronronne une rythmique un peu plus Death. Ce morceau est superbe, entraînant et amenant pur bonheur auditif. Je retrouve des sensations similaires à celles ressenties lors de l'écoute de « Grip Inc ». Le groupe se donne et ne fait pas semblant. La technique de guitare rend digne hommage au Thrash pêchu comme on l'aime.

« The Pénitent » poursuivra exactement dans ce même registre qui fait un bien fou.

« Whore » démarre à 200 à l'heure, allant encore plus vite, possédant un sérieux mordant. C'est tout simplement jouissif pendant 3 minutes qui passent trop vite.

« No Past » change de rythme, montrant la même puissance mais sur un tempo plus modéré, gonflé par le chant boosté par des chorus qui exhortent.
J'apprécie enfin le jeu de basse sur ce morceau. Des images de « Nuclear Assault » m'envahissent l'esprit et c'est dire ce dont Harlott est capable.

« Conflict Revelation » prend du recul, débutant sur une jolie démonstration de basse pour s'envoler dans une contrée lointaine.
Il est impossible de rester impassible sur ce morceau (ma foi, les autres aussi !!!). Cette fois le chorus se la joue « Suicidal Tendencies ». C'est énorme.

C'est alors qu'arrive mon premier véritable coup de foudre, le reste étant déjà du coup de coeur… « Better Off Dead » amène un riffing lancinant, profond qui vous percute le plexus solaire. L'accélération est tenable mais ô combien déjà appréciable.

Comme si ce n'était pas suffisant, la petite minute de tuerie qui s'ensuit, « Violent Conspirator » vient vous asséner un coup direct, histoire de bien vous ancrer la solide capacité Australienne à porter la flamme Thrashy.

Second coup de foudre, ce « And Darkness Brings the Light » qui débute à la manière d'un « Sarcofago » ou encore d'un « Celtic Forst » pour glisser dans un pur riffing à la Metallica (de la grande époque). 7'38 de beauté musicale flanquée d'un magnifique refrain, versé dans un espace plus mélodique.

« Final Weapon » reprend le registre du Thrash décapé et brut de coffre. Rien à redire tant c'est parfaitement exécuté.

S'ensuit « Parasite » qui montre bien le virage dans la modernité, je revois nos excellents Belges de « Channel Zero ».
Le refrain sera facile à reprendre en live, histoire d'entrer en parfaite osmose avec nos artistes.
Je me dis à ce moment que de telles pépites ne pourront que briller sur scène.

Nos artistes ferment l'album sur « Epitaph » qui garde toujours des chevaux frappes sous le capot musical.
Vous apprécierez les mélodies des riffs qui rebondissent en alternance dans un jeu plus acéré.

Alors clairement, cet album montre que Harlott maîtrise bien son sujet et que l'univers exploré allie tant la dimension sacrée et vivace des années 80, entremêlée d'un cadre moderne amenant puissance et mordant.
L'album s'écoute en une traite. Impossible de s'emmerder sur ce produit.
Je dois même convenir qu' « Extinction » mérite d'être dans votre médiathèque tant il regorge de qualités diverses rencontrées dans les différents groupes légendaires évoqués…Sauf que tout se trouve en un seul combo, et plus précisément en Harlott.

Foncez sur ce CD, c'est un investissement.

D'ici à 10 ans, il ne s'agira plus d'évoquer une étoile montante mais sans doute de se pencher sur le statut de groupe culte du Thrash qu'Harlott aura certainement dans son aura.

Morbid Domi (Avril 2017)